Il y a deux sortes de bitch. La bitch-pieds-dans-le-plat, très basique, qui annonce fièrement la couleur. Elle est prête à tout pour arriver à ses fins, dusse-t-elle commettre 2 ou 3 meurtres ou ruiner la vie de sa jadis meilleure amie, mais son manque de subtilité la rend finalement peu dangereuse. Vous la voyez venir de tellement loin que quand elle arrive avec ses gros sabots, vous avez déjà préparé votre plus beau croche-pied qui lui fera ramasser ses dents sur 3 kilomètres avant de rentrer penaude et bredouille à la maison.
Et puis il y a l’autre. La bitchy-bitch qui, même si cela me fend le cœur de l’avouer, est beaucoup plus intelligente. Elle aussi est prête à tout pour parvenir à ses fins, mais elle le fait avec finesse, stratégie et machiavélisme. Celle à qui j’ai eu affaire s’appelait Julie, avait de longs cheveux blonds, des yeux bleus, un sourire d’ange et une petite voix fluette. Vous lui auriez donné le bon Dieu sans confession, à cette connasse.
Quand elle est arrivée dans notre promo, elle ne connaissait personne, on l’a donc tout naturellement prise sous notre aile. Elle était de toutes nos soirées, de toutes nos pauses café et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où elle a dégainé sa première cartouche.
On travaillait ensemble, Julie, une amie et moi, sur un projet pour lequel nous devions prendre rendez-vous avec un personnage ô combien important pour aller l’interviewer. Julie s’en est chargée dans notre dos, usurpant ainsi la place de mon amie (mais à ce moment-là , nous étions encore peu méfiante) et nous a informées de l’heure du rendez-vous après coup : 10h30, le jour suivant.
Le lendemain matin, mon amie et moi arrivons donc à 10h30 précise devant le bureau dudit monsieur. On s’étonne de ne pas voir Julie et, pensant qu’elle devait déjà être dans le bureau, on frappe. Notre rendez-vous nous ouvre, l’air visiblement furieux ; il nous regarde froidement et se lance dans une morale interminable sur le thème « Une heure de retard, sans prévenir qui plus est, c’est n’importe quoi, vous n’êtes vraiment pas pro, heureusement que votre collègue, elle, est arrivée à l’heure, d’ailleurs, j’ai fait le rendez-vous avec elle, c’est bon, vous pouvez vous en aller ». Et il nous claque la porte au nez sans plus de ménagement.
On se regarde, incrédules et vertes de rage. L’espace d’un instant, on se demande quand même si le problème ne vient pas de nous, on vérifie donc nos répondeurs respectifs… non, on ne s’est pas trompé, cette connasse nous a bien donné rendez-vous à 10h30 au lieu de 9H30. Exprès. Inutile de vous dire que quand on l’a attrapée, elle a passé un sale quart d’heure (quart d’heure qu’elle a passé à nier les faits, bien entendu, l’air profondément choqué et meurtri qu’on puisse la soupçonner ainsi).
Par la suite, cette histoire s’est révélée totalement anecdotique, comparée à tous les coups fumants du même genre qu’elle a pu fomenter tout au long de l’année. Son objectif était clair. S’en sortir mieux que les autres, les écraser, les décrédibiliser, s’élever à leurs dépends, peu importe les moyens, peu importe la manière. On avait beau se méfier d’elle comme de la peste, elle arrivait toujours à nous surprendre tant elle était créative et prolifique en matière de putasserie.
Et ce qui nous énervait au plus haut point, c’est qu’en plus d’être une bitch, c’était aussi la pire des allumeuses. Tout ce qui était bipède et de sexe masculin y passait, cela faisait partie de sa stratégie de conquête du monde. Elle en faisait des caisses, elle papillonnait, draguait, louvoyait, jouait des cils, gloussait comme une grue, flirtait à tout va et laissait dans son sillage toute une ribambelle d’abrutis naïfs, au regard dans le vague, qui s’offusquait dés qu’on se plaignait d’elle « mais enfin, mais non mais pas du tout, elle est trop gentille Julie, tu mens, je te crois pas, elle ne ferait jamais de mal à personne ! ». Du coup, c’est nous qui passions pour des salopes jalouses. C’était horripilant.
Par chance, je lui faisais un peu peur (lucide, la fille) et elle me fichait donc à peu près la paix, bien consciente qu’il ne valait mieux pas déclarer une guerre qu’elle n’avait pas les moyens de gagner. Jusqu’au jour où, dans un amphithéâtre bondé, alors que j’étais en pleine soutenance, quelque peu intimidée par les 100 personnes de l’assistance, elle eut l’idée de s’en prendre à moi.
Je venais de terminer mon petit numéro, tout s’était bien passé, le jury m’avait félicitée, j’étais toute fière, toute contente et surtout bien soulagée de me diriger vers l’escalier pour rejoindre ma place quand, tout à coup, une main s’est levée dans l’assistance, immédiatement suivie d’une petite voix fluette : « Excusez-moi, je suis désolée mais je suis pas du tout d’accord. Moi, j’ai pas trouvé ça bien, c’était pas clair du tout. En plus, elle parlait mal et moi, j’ai rien compris ».
Oh putain, toi, me suis-je dit. J’ai gardé mon sang-froid, je ne me suis pas départie de mon sourire, je l’ai regardée droit dans les yeux et lui ai répondu « Eh bien, nous sommes 100 dans cette salle, s’il y en a une qui n’a pas compris, ce ne sont probablement pas les 99 autres qui sont cons, si ? ». S’en est suivi un long murmure, puis toutes ses victimes présentes dans la salle ont éclaté de rire et applaudi. Elle est restée là , bouche bée, les yeux écarquillés, secouant la tête avec un air d’indignation feinte, puis elle a pris ses affaires et elle est partie. A partir de ce moment-là , elle n’a plus fait chier personne et de toute façon, plus personne n’avait envie de lui parler, à part 1 ou 2 hurluberlus un peu benêts qu’elle arrivait encore à duper.
Quelques annĂ©es plus tard, j’ai appris que Julie s’était mariĂ©e, qu’elle Ă©tait femme au foyer et que son mari n’était apparemment pas un modèle de sobriĂ©tĂ©, de fidĂ©litĂ© et de gentillesse. Loin de moi l’idĂ©e d’en tirer une quelconque conclusion, hein, mais tout de mĂŞme, justice, retour de manivelle, Ă©quilibre cosmique, et tout et tout… enfin, vous voyez ce que je veux dire…
posté le 05/07/2010 | 947 vues | 2 commentaires | tags: pétasse bitch journée spéciale | 3 ont aimé
Mais la garce !! Pauvre fille, c’est dingue d’en arriver lĂ … C’est possible de lui faire parvenir ce texte d’une manière ou d’une autre ? gnak gnak ^^
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