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Lettre ouverte aux Marie-couche-toi-là.

Article sélectionné par Baby Haussmann lors de la semaine de rédaction en chef

NB : Ce post n’est aucunement là pour stigmatiser quelque population que ce soit ; simplement, la liberté d’expression dont il me plaît de jouir à foison m’a poussée tout naturellement à écrire sur ce sujet. Voyons plutôt.

Lettre ouverte aux Marie-couche-toi-là.Depuis mon arrivée sur Ladies Room, j’ai lu bon nombre d’articles sur le rapport des femmes avec le sexe. Certains m’ont plu, certains m’ont choqué. D’autres m’ont ému, ou même révolté. Aujourd’hui je vais essayer, dans la mesure du possible, de faire un point sur ce qui m’a le plus frappé dans ces articles : la position de la Marie-couche-toi-là dans la société occidentale. (Oui, parce que pardon hein, mais je n’ai jamais quitté l’Occident de ma vie, je connais que ça. Et puis j’ai tendance à parler des choses qui me sont familières, je ne vois foncièrement pas l’intérêt que j’aurai à transposer la situation au fin fond de la Syrie. Je vous inviterai donc à faire de même. Sinon on s’emmêle les pinceaux et puis… C’est tout.)

Contextualisation : Une Marie-couche-toi-là, qu’est-ce que c’est ? Selon le Wiktionnaire, qui en donne une définition succincte mais juste, au demeurant, c’est une femme facile, débauchée. Abdoulaye Ndiaye écrivait par exemple, dans son roman Le mannequin de bois, ceci : “Tout le monde pense qu’une mannequin, c’est une marie-couche-toi-là, rien d’autre. Un corps de déesse avec une cervelle de poisson.” Dans l’idée, on y est. Mais je préfère à cet exemple la définition brève du Wiktionnaire parce qu’avant tout, au-delà de considérations physiologiques ou morales et j’en passe, la Marie-couche-toi-là, comme son nom l’indique, elle couche.

Et ce n’est pas tant ce qui me dérange : qu’elle couche avec qui elle veut si ça la botte. Ce qui me gêne chez ce type de personnage, c’est l’étalage qu’elle en fait. Sommes-nous réellement obligés de savoir avec qui elle couche, comment elle couche, à quelle fréquence ? J’en discutais avec un ami une fois, et il m’a demandé très justement quel était mon problème avec ça. Parce qu’en soi, je ne devrais pas me sentir concernée. Et c’est là que ma petite expérience de la vie entre en jeu.

J’ai rencontré la pire des Marie-couche-toi-là qu’il puisse être en cette Terre. Du moins, à mon échelle. Brune bonnasse, bien en chair, le teint hâlé, les yeux noisette, la robe noire moulante et les escarpins qui vont avec, dans une boîte remplie d’hommes, dont la plupart sont homosexuels. Quelques femmes, qui le sont aussi (plus ou moins). La demoiselle est en chasse, et je la vois faire. Toute la soirée, je la vois aller de personne en personne, tous sexes confondus, à user de son (ses) charme(s) pour arriver à ses fins. Quelques heures plus tard, Mademoiselle pêche le plus gros lot de la soirée : l’équivalent de Shane (si, vous savez, la sex-symbol de la série The L Word, à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, qui rendrait croyante une athée, enfin bon, de ces nanas qu’on a envie de défourrailler toute la nuit alors qu’on est “censées” être 100% hétérosexuelle). Et en voyant cette fille à l’œuvre, j’ai réalisé à quel point j’étais jalouse. Jalouse de son sex-appeal, jalouse de ses techniques de drague, jalouse qu’elle parvienne à plaire au plus grand nombre.

Pourtant, en y réfléchissant à deux fois, je n’avais franchement pas de quoi. Quel mérite y-a-t-il à pouvoir aller de branche en branche pour finir par retomber sur ses pattes (ou entre les jambes de quelqu’un, c’est selon) ? On m’a dit un jour : “Tu sais, moi, je tente toujours. Parce que, sur un échantillon de cent personnes, si tu essaies avec les cent, t’as plus de chances de trouver la bonne personne. Avec de la pratique, tu peux en niquer une bonne vingtaine. Tandis que les gens qui n’essaient jamais, qui attendent la bonne personne, quelles sont les chances ?” Et là, j’ai été surprise. Surprise de voir qu’aujourd’hui on baise comme on joue au Loto.

Aujourd’hui, et je le dois aussi (mais pas seulement) à la Marie-couche-toi-là, le concept de l’amour et des relations sentimentales est galvaudé. Sans vouloir tout mélanger, j’ai également entendu un : “Comment veux-tu garder un mec en 2010 sans le sucer ?” La pudeur est devenue un défaut, voire même une tare. Et dans tout ce foutoir qui pue le sexe, on en vient encore à se demander pourquoi on ne trouve pas l’amour, le vrai, celui qui dure, aussi longtemps qu’une érection de Rocco Siffredi.

Je vous le demande, au nom des prudes comme au nom des putes, au nom de la débauche, au nom de la bienséance, au nom de la pudeur, au nom de l’exhibitionnisme, ce que vous faites au pieu ne regarde que vous. Ça ne vous rend pas plus populaire, plus fière, plus déjantée qu’une autre. Faites ce que vous voulez de votre corps, mais n’en faites pas un étendard, par pitié. Parce que je dis oui à tout, sauf à la vulgarité.

(cc) vanderfridge.

10 Responses to “Lettre ouverte aux Marie-couche-toi-là.”

  • Je suis d’accord (et cela dit en passant, je ne vois pas de quelle population tu parles dans la NB). Chaque personne est tout à fait libre de faire ce qu’elle désir avec son corps mais il est inutile d’en parler autour de soi comme si on présentait une émission de cuisine.
    Je pense que les filles aujourd’hui sont un peu perdues et qu’elles pensent que pour être “dans le coup” (pardonnez mes expressions has been, je suis un peu “vieux jeux”…. et fière de l’être), il fait coucher et en plus le dire, le crier. On dirait que les femmes sont devenues des vrais mecs. C’est aux mec que revient l’extrême connerie de se venter, de parler de ces exploits… laissons leur ce privilège! Ne les imitons pas!Enfin bref, je m’étale…
    Merci pour e billet Rose.

    Biz

  • et bien, tout est dit! ça fait plaisir de lire ça, merci pour ce texte.

  • Je suis d’accord !!!! et pas tout a fait d’accord, juste sur la fin… la vulgarité : elle peut avoir sa place sans trop déranger; si c’est pour se libérée…

  • Justement dans ma NB, je parlais des femmes libérées, je les trouve méga trop cool, je dis oui au sexe débridé, mais alors totalement.

    Mais bon, de là à porter sa sexualité autour du cou, non, franchement, c’est pas nécessaire. On peut être une parfaite salope sans forcément passer pour une poufiasse.

  • Parfaitement d’accord! Et ne dit-on pas que c’est ceux qui en parle le plus qui en font le moins…Parrallèlement, l’affichage sexuel est partout donc dans les moeurs, on parle de cul tout le temps, aujourd’hui pour vendre un yaourt il faut qu’il y ai du cul!

  • Bonjour, je suis tombée sur ce site en recherchant si Abdoulaye Ndiaye avait écrit un autre roman… et du coup j’ai eu envie de commenter rapidement : je trouve que toutes les choses que l’on a envie de dire doivent l’être. Si j’étais dans l’optique d’une Marie-couche-toi-là, je ne verrais aucun soucis à parler de mes comportement, ce que je recherche, de quoi j’ai envie. Le seul problème est pour celui qui entends et n’est pas d’accord avec ça. C’est à lui/elle, de prendre ses distances s’il/elle est dérangé. Souvent, nous sommes dérangé(e)s par les choses que nous ne comprenons pas. J’imagine qu’il est difficile de comprendre une marie couche toi là si l’on en est pas une, et la réciproque marche aussi.
    La morale : si l’on est dérangé, c’est souvent de soi que cela vient (de sa propre pensée négative sur la chose). Bien sûr, je pense à des sujets sans danger (la vulgarité n’a pour l’instant tué personne), pas à des sujets où entre en jeu la violence faite à autrui.
    Du coup, je ne sais toujours pas si Abdoulaye Ndiaye à écrit un autre bouquin… si quelqu’un(e)sait !

  • “Comment veux-tu garder un mec en 2010 sans le sucer ?”
    J’ai entendu “Comment veux-tu garder un mec en 2010 sans te faire sodomiser ?” “Comment veux-tu garder un mec en 2010 sans avaler?” ….
    Il n’y a plus de tabou, plus de secret et plus de pudeur…
    On ne nous épargne rien…

  • C’est en s’assumant telles que l’on est et avec ce que NOUS avons envie de faire ou pas qu’on sera les plus heureuses.

    Alors, pas de quartier!

  • çà aurait pue être moi cette fille ^^ j’ai écris un livre et son nom enfin au début c’était “salope malgré elle” le sujet ? Il est dans le titre^^

    Je rejoint isa dans son com la vulgarité c’est nous qui la définissons à son propre degré. Je sais de source sûre que les salopes d’aujourd’hui serons les bonnes soeurs de demain. Pourquoi ?

    Car selon les périodes les époques on traite de salope tout et n’importe quoi. L’amalgame qui perdure encore et toujours et celui de la femme qui couche et de la femme tout court .

    Une salope une marie couche toi là et une pute se doivent d’être respectées, car elles sont avant tout des êtres humains.

    Nous sommes libres de choisir notre mode de fonctionnement, après que certaines souhaitent le faire de manière publique Why Not ? Si c’est quelque chose que cette personne assume, pourquoi vouloir lui dire de la boucler ou de le faire en sourdine.

    Par contre attention il ne faut pas venir se plaindre ensuite d’avoir une mauvaise réputation, hein faut assumer et je pense que c’est en assumant que l’ont obtiens le respect des autres….non?

    Bon dans tout les cas merci pour ton article Rose H j’aime les filles qui l’ouvrent ^^ bisous

  • @StreetBook : Mince, j’avais jamais lu ton commentaire…
    Comme ça fait plus de deux ans que j’ai écrit cet article, et que tout un océan est passé sous les ponts, je peux dire deux choses : d’abord, je crois que j’aurai toujours beaucoup de mal avec la vulgarité, mais c’est mon côté snob qui parle. Et puis c’est assez subjectif, je jure comme une charretière à longueur de journée.

    Ensuite, aujourd’hui, les “Marie-couche-toi-là” ne me font strictement ni chaud ni froid. Et puis la projection de Q est passée par là… ;) Si c’est une forme de prise de conscience de soi et de revendication de soi-même par le sexe, alors pourquoi pas, après tout ?

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