Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

24. mai 2013

Mot de passe oublié

Rose H.

Lettre ouverte aux Marie-couche-toi-lĂ .

Article sélectionné par Baby Haussmann lors de la semaine de rédaction en chef

NB : Ce post n’est aucunement lĂ  pour stigmatiser quelque population que ce soit ; simplement, la libertĂ© d’expression dont il me plaĂ®t de jouir Ă  foison m’a poussĂ©e tout naturellement Ă  Ă©crire sur ce sujet. Voyons plutĂ´t.

pink.jpgDepuis mon arrivĂ©e sur Ladies Room, j’ai lu bon nombre d’articles sur le rapport des femmes avec le sexe. Certains m’ont plu, certains m’ont choquĂ©. D’autres m’ont Ă©mu, ou mĂŞme rĂ©voltĂ©. Aujourd’hui je vais essayer, dans la mesure du possible, de faire un point sur ce qui m’a le plus frappĂ© dans ces articles : la position de la Marie-couche-toi-lĂ  dans la sociĂ©tĂ© occidentale. (Oui, parce que pardon hein, mais je n’ai jamais quittĂ© l’Occident de ma vie, je connais que ça. Et puis j’ai tendance Ă  parler des choses qui me sont familières, je ne vois foncièrement pas l’intĂ©rĂŞt que j’aurai Ă  transposer la situation au fin fond de la Syrie. Je vous inviterai donc Ă  faire de mĂŞme. Sinon on s’emmĂŞle les pinceaux et puis… C’est tout.)

Contextualisation : Une Marie-couche-toi-lĂ , qu’est-ce que c’est ? Selon le Wiktionnaire, qui en donne une dĂ©finition succincte mais juste, au demeurant, c’est une femme facile, dĂ©bauchĂ©e. Abdoulaye Ndiaye Ă©crivait par exemple, dans son roman Le mannequin de bois, ceci : “Tout le monde pense qu’une mannequin, c’est une marie-couche-toi-lĂ , rien d’autre. Un corps de dĂ©esse avec une cervelle de poisson.” Dans l’idĂ©e, on y est. Mais je prĂ©fère Ă  cet exemple la dĂ©finition brève du Wiktionnaire parce qu’avant tout, au-delĂ  de considĂ©rations physiologiques ou morales et j’en passe, la Marie-couche-toi-lĂ , comme son nom l’indique, elle couche.

Et ce n’est pas tant ce qui me dĂ©range : qu’elle couche avec qui elle veut si ça la botte. Ce qui me gĂŞne chez ce type de personnage, c’est l’Ă©talage qu’elle en fait. Sommes-nous rĂ©ellement obligĂ©s de savoir avec qui elle couche, comment elle couche, Ă  quelle frĂ©quence ? J’en discutais avec un ami une fois, et il m’a demandĂ© très justement quel Ă©tait mon problème avec ça. Parce qu’en soi, je ne devrais pas me sentir concernĂ©e. Et c’est lĂ  que ma petite expĂ©rience de la vie entre en jeu.

J’ai rencontrĂ© la pire des Marie-couche-toi-lĂ  qu’il puisse ĂŞtre en cette Terre. Du moins, Ă  mon Ă©chelle. Brune bonnasse, bien en chair, le teint hâlĂ©, les yeux noisette, la robe noire moulante et les escarpins qui vont avec, dans une boĂ®te remplie d’hommes, dont la plupart sont homosexuels. Quelques femmes, qui le sont aussi (plus ou moins). La demoiselle est en chasse, et je la vois faire. Toute la soirĂ©e, je la vois aller de personne en personne, tous sexes confondus, Ă  user de son (ses) charme(s) pour arriver Ă  ses fins. Quelques heures plus tard, Mademoiselle pĂŞche le plus gros lot de la soirĂ©e : l’Ă©quivalent de Shane (si, vous savez, la sex-symbol de la sĂ©rie The L Word, Ă  qui on donnerait le bon Dieu sans confession, qui rendrait croyante une athĂ©e, enfin bon, de ces nanas qu’on a envie de dĂ©fourrailler toute la nuit alors qu’on est “censĂ©es” ĂŞtre 100% hĂ©tĂ©rosexuelle). Et en voyant cette fille Ă  l’Ĺ“uvre, j’ai rĂ©alisĂ© Ă  quel point j’Ă©tais jalouse. Jalouse de son sex-appeal, jalouse de ses techniques de drague, jalouse qu’elle parvienne Ă  plaire au plus grand nombre.

Pourtant, en y rĂ©flĂ©chissant Ă  deux fois, je n’avais franchement pas de quoi. Quel mĂ©rite y-a-t-il Ă  pouvoir aller de branche en branche pour finir par retomber sur ses pattes (ou entre les jambes de quelqu’un, c’est selon) ? On m’a dit un jour : “Tu sais, moi, je tente toujours. Parce que, sur un Ă©chantillon de cent personnes, si tu essaies avec les cent, t’as plus de chances de trouver la bonne personne. Avec de la pratique, tu peux en niquer une bonne vingtaine. Tandis que les gens qui n’essaient jamais, qui attendent la bonne personne, quelles sont les chances ?” Et lĂ , j’ai Ă©tĂ© surprise. Surprise de voir qu’aujourd’hui on baise comme on joue au Loto.

Aujourd’hui, et je le dois aussi (mais pas seulement) Ă  la Marie-couche-toi-lĂ , le concept de l’amour et des relations sentimentales est galvaudĂ©. Sans vouloir tout mĂ©langer, j’ai Ă©galement entendu un : “Comment veux-tu garder un mec en 2010 sans le sucer ?” La pudeur est devenue un dĂ©faut, voire mĂŞme une tare. Et dans tout ce foutoir qui pue le sexe, on en vient encore Ă  se demander pourquoi on ne trouve pas l’amour, le vrai, celui qui dure, aussi longtemps qu’une Ă©rection de Rocco Siffredi.

Je vous le demande, au nom des prudes comme au nom des putes, au nom de la dĂ©bauche, au nom de la biensĂ©ance, au nom de la pudeur, au nom de l’exhibitionnisme, ce que vous faites au pieu ne regarde que vous. Ça ne vous rend pas plus populaire, plus fière, plus dĂ©jantĂ©e qu’une autre. Faites ce que vous voulez de votre corps, mais n’en faites pas un Ă©tendard, par pitiĂ©. Parce que je dis oui Ă  tout, sauf Ă  la vulgaritĂ©.

(cc) vanderfridge.

 

Signaler un abus

Envoyer Ă  un ami

Derniers commentaires

 

Je suis d’accord (et cela dit en passant, je ne vois pas de quelle population tu parles dans la NB). Chaque personne est tout Ă  fait libre de faire ce qu’elle dĂ©sir avec son corps mais il est inutile d’en parler autour de soi comme si on prĂ©sentait une Ă©mission de cuisine.

Je pense que les filles aujourd’hui sont un peu perdues et qu’elles pensent que pour ĂŞtre “dans le coup” (pardonnez mes expressions has been, je suis un peu “vieux jeux”…. et fière de l’ĂŞtre), il fait coucher et en plus le dire, le crier. On dirait que les femmes sont devenues des vrais mecs. C’est aux mec que revient l’extrĂŞme connerie de se venter, de parler de ces exploits… laissons leur ce privilège! Ne les imitons pas!Enfin bref, je m’Ă©tale…

Merci pour e billet Rose.


Biz


 

et bien, tout est dit! ça fait plaisir de lire ça, merci pour ce texte.


 

Je suis d’accord !!!! et pas tout a fait d’accord, juste sur la fin… la vulgaritĂ© : elle peut avoir sa place sans trop dĂ©ranger; si c’est pour se libĂ©rĂ©e…


 

Justement dans ma NB, je parlais des femmes libérées, je les trouve méga trop cool, je dis oui au sexe débridé, mais alors totalement.


Mais bon, de lĂ  Ă  porter sa sexualitĂ© autour du cou, non, franchement, c’est pas nĂ©cessaire. On peut ĂŞtre une parfaite salope sans forcĂ©ment passer pour une poufiasse.


 

Parfaitement d’accord! Et ne dit-on pas que c’est ceux qui en parle le plus qui en font le moins…Parrallèlement, l’affichage sexuel est partout donc dans les moeurs, on parle de cul tout le temps, aujourd’hui pour vendre un yaourt il faut qu’il y ai du cul!


 

Bonjour, je suis tombĂ©e sur ce site en recherchant si Abdoulaye Ndiaye avait Ă©crit un autre roman… et du coup j’ai eu envie de commenter rapidement : je trouve que toutes les choses que l’on a envie de dire doivent l’ĂŞtre. Si j’Ă©tais dans l’optique d’une Marie-couche-toi-lĂ , je ne verrais aucun soucis Ă  parler de mes comportement, ce que je recherche, de quoi j’ai envie. Le seul problème est pour celui qui entends et n’est pas d’accord avec ça. C’est Ă  lui/elle, de prendre ses distances s’il/elle est dĂ©rangĂ©. Souvent, nous sommes dĂ©rangĂ©(e)s par les choses que nous ne comprenons pas. J’imagine qu’il est difficile de comprendre une marie couche toi lĂ  si l’on en est pas une, et la rĂ©ciproque marche aussi.

La morale : si l’on est dĂ©rangĂ©, c’est souvent de soi que cela vient (de sa propre pensĂ©e nĂ©gative sur la chose). Bien sĂ»r, je pense Ă  des sujets sans danger (la vulgaritĂ© n’a pour l’instant tuĂ© personne), pas Ă  des sujets oĂą entre en jeu la violence faite Ă  autrui.

Du coup, je ne sais toujours pas si Abdoulaye Ndiaye Ă  Ă©crit un autre bouquin… si quelqu’un(e)sait !


 

“Comment veux-tu garder un mec en 2010 sans le sucer ?”

J’ai entendu “Comment veux-tu garder un mec en 2010 sans te faire sodomiser ?” “Comment veux-tu garder un mec en 2010 sans avaler?” ….

Il n’y a plus de tabou, plus de secret et plus de pudeur…

On ne nous Ă©pargne rien…


 

C’est en s’assumant telles que l’on est et avec ce que NOUS avons envie de faire ou pas qu’on sera les plus heureuses.


Alors, pas de quartier!


 

çà aurait pue ĂŞtre moi cette fille ^^ j’ai Ă©cris un livre et son nom enfin au dĂ©but c’Ă©tait “salope malgrĂ© elle” le sujet ? Il est dans le titre^^


Je rejoint isa dans son com la vulgaritĂ© c’est nous qui la dĂ©finissons Ă  son propre degrĂ©. Je sais de source sĂ»re que les salopes d’aujourd’hui serons les bonnes soeurs de demain. Pourquoi ?


Car selon les pĂ©riodes les Ă©poques on traite de salope tout et n’importe quoi. L’amalgame qui perdure encore et toujours et celui de la femme qui couche et de la femme tout court .


Une salope une marie couche toi lĂ  et une pute se doivent d’ĂŞtre respectĂ©es, car elles sont avant tout des ĂŞtres humains.


Nous sommes libres de choisir notre mode de fonctionnement, après que certaines souhaitent le faire de manière publique Why Not ? Si c’est quelque chose que cette personne assume, pourquoi vouloir lui dire de la boucler ou de le faire en sourdine.


Par contre attention il ne faut pas venir se plaindre ensuite d’avoir une mauvaise rĂ©putation, hein faut assumer et je pense que c’est en assumant que l’ont obtiens le respect des autres….non?


Bon dans tout les cas merci pour ton article Rose H j’aime les filles qui l’ouvrent ^^ bisous


 

@StreetBook : Mince, j’avais jamais lu ton commentaire…

Comme ça fait plus de deux ans que j’ai Ă©crit cet article, et que tout un ocĂ©an est passĂ© sous les ponts, je peux dire deux choses : d’abord, je crois que j’aurai toujours beaucoup de mal avec la vulgaritĂ©, mais c’est mon cĂ´tĂ© snob qui parle. Et puis c’est assez subjectif, je jure comme une charretière Ă  longueur de journĂ©e.


Ensuite, aujourd’hui, les “Marie-couche-toi-lĂ ” ne me font strictement ni chaud ni froid. Et puis la projection de Q est passĂ©e par lĂ … ;) Si c’est une forme de prise de conscience de soi et de revendication de soi-mĂŞme par le sexe, alors pourquoi pas, après tout ?


Je laisse un commentaire

NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires

Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Zapping

Aserad
Aserad fĂŞte son 1er jour sur Ladies Room. (20:01)
Lightuptheroad
Lightuptheroad a posté un article. (16:07)
Rose H.
Rose H. a posté un commentaire. (15:23)
Lightuptheroad
Lightuptheroad a posté un article. (14:19)
Alexandrina
Alexandrina a posté un article. (13:41)
Previously on LR

Histoire de WC

Les toilettes, vous allez me dire, chose bien insignifiante et pourtant si vitale ! Alors, j'ai juste une question… En France, Comment font les handicapés hommes pour aller faire pipi ? Ils doivent aller chez les dames...

Messe noire - Olivier Barde-Cabuçon

La nouvelle enquête du jeune Volnay, commissaire aux morts étranges, assisté de son père, le moine hérétique, nous ouvre les portes d'un XVIIIème siècle particulièrement sombre...

Le Gnome est amoureux.

Contrairement à sa sœur, qui est un vrai cœur d’artichaut et virevolte d’un amoureux à un autre, Le Gnome est romantique et fidèle… Son petit côté bagarreur est souvent mis à contribution...

Travail le dimanche : laissez-moi travailler !

J’écris ce billet car je suis en colère. Je galère depuis des années et grâce à mon travail, j’ai réussi à m’en sortir financièrement notamment parce que je suis mieux payée en travaillant...

Rééducation

"Je suis une célibataire endurcie". Tristesse de la fille à 26 ans qui fait ce constat, un dimanche pluvieux d'avril. Rien que le contexte, tu as envie d'ouvrir le gaz. Heureusement, j'ai une plaque électrique...

La mort aux trousses

Assis sur son canapé devant un tas d’enveloppes, il boit son whisky les yeux dans le vague. Il est trois heures du matin, tout juste rentré d’une soirée mondaine, il s’apprête à découvrir les messages...

Les Partenaires

Les Amies

Paperblog