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Fête de la Musique 2010 : un rêve éveillé

Depuis plusieurs années, Maman me disait : Giovanna, ce serait bien que tu prennes ta guitare et que tu joues dans les rues de Saint-Malo le soir de la Fête de la Musique. Maman voyait déjà le Graal que pouvait représenter pour un musicien amateur un bout de trottoir avec un ampli pour faire du boucan durant toute une nuit (si affinités) ou 20 minutes (quand on vous jette des tomates dessus).

Fête de la Musique 2010 : un rêve éveilléTel que je vous fais ce récit de ma Fête de la Musique à Paris, nous sommes le mardi 22 juin 2010 et je suis allée directement après le plan avec ma batucada au travail, sans dormir. Autant vous dire que je suis encore en état de rêve éveillé. Car c’est une nuit gargantuesque que je viens de vivre avec Ens’Batucada, dans les rues de Paris. Ma nuit a donc été très longue, entrecoupée d’applaudissements, de cris de joie, de pas de danse, de petits plantages, de fous rires et de petites frayeurs aussi. Émotionnellement, je suis passée par tous les états.

Je n’aurais jamais pensé avoir assez d’énergie pour jouer de 19h à 4h (avec des pauses, rassurez-vous). Une énergie qui dépasse la fatigue, les crampes, parfois les douleurs avec certains instruments (pauvres genoux des joueurs de sourdos, sans parler des tympans quand on joue sans protection auriculaire…). Mais si nous n’avions pas décidé la fin du set, nous y serions encore…

Je n’aurais jamais imaginé faire fi de mon agoraphobie pour donner de la joie à des centaines de personnes. L’une de mes craintes, lorsque je joue en extérieur (surtout de la musique aussi dansante que la batucada), c’est que la foule envahisse mon espace vital et m’empêche de jouer. Hier soir, par exemple, nous jouions dans une rue extrêmement fréquentée en fixe. Je ne me suis pas empêchée de pogoter deux-trois emmerdeurs pour essayer de me donner de l’air entre les caisses claires. Mais j’ai continué à jouer. Je suis extrêmement fière de ça.

Et puis ce matin, j’ai l’impression d’avoir traversé le miroir. D’avoir aperçu un des mystères qui constitue ma vie : dans quelle mesure la musique transcende-t-elle les foules ? Car ce que j’ai vu hier soir, c’est certes quelques mecs un peu bourrés, mais surtout une énorme joie de vivre de la part de toutes les personnes qui nous ont suivies dans les artères du centre-ville parisien. Notre musique n’est peut-être pas compréhensible par tous, mais elle sait susciter en chacun un sourire (sauf pour les vieux cons qui prennent ça pour du boucan).

C’est aussi la réalisation d’un rêve. Je le disais en préambule, pouvoir effectuer son art en public quand on est musicien amateur, même si son propre niveau est faible, est un Graal à atteindre. Car la musique est avant tout une communion entre les personnes (chose que je ne comprenais pas lorsque je me planquais même de mes parents pour jouer du piano…), la communication la plus primale qui soit.

Ce n’est que maintenant que je me suis produite que je peux affirmer cette pensée de Jack Lang en 1982 : oui, la musique est une fête.

(cc) Adriano Agulló

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