ndlr : Jess et Melle C ont été invitées par la rédaction à assister au vernissage de l’exposition Zlata au musée de l’érotisme.
Il y a des jours où l’on se retrouve victime de ce qu’on appelle un ascenseur émotionnel. Vous êtes là , tout va bien et d’un coup, vous pleurez, vous avez chaud et c’est les pupilles dilatées que vous demandez où sont les toilettes. Mais j’y reviendrai. Direction le musée de l’Erostisme.
Un mot sur le musée, quand même. Il faut savoir qu’il se situe avenue de Clichy à Paris. La rue où des messieurs en impers et lunettes noires traversent des rideaux rouges pour choisir leur prochaine vidéo préférée. La rue où vous pourrez trouver tous les gadgets dont vous rêvez pour accessoiriser vos nuits les plus torrides. La rue où les vitrines vous foutent mal à l’aise si vous y passez avec belle-maman, mais où il y a quand même le Moulin Rouge pour faire diversion. La rue de tous les pêchés, la rue du peep show, la rue du latex, la rue où votre esprit ne pense qu’à une seule chose.
Le musée quant à lui, ressemble à une boutique souvenir. Passé le tourniquet de l’entrée, il faut gravir les étages pour admirer les expositions temporaires (ascenseur émotionnel numéro un). Je ne sais pas trop où est l’expo que je dois aller voir. Je monte, un, deux, trois étages. Déjà essoufflée, je fais une petite pause pour admirer des pénis en bois, des statuettes sans équivoque, d’un genre qui pourrait trôner sur votre cheminée si vous étiez Marc Dorcel. Je décide toutefois de m’arracher à la contemplation d’un bonhomme en bois imbriqué dans une madame en bois et de continuer mon ascension. Quatrième étage et enfin, le cinquième. Pas de doute, I am in da place.
Laissez-moi vous présenter Zlata. Qui est-ce ? En un mot : une contorsionniste. Mais pas genre le corps tout musclé, tout sec et déformé. Aussi loin que je m’en souvienne, la contorsion pour moi, c’est au cirque Pinder. Ça nécessite un costume pourrave à paillettes et du maquillage grossier qui fait super peur. Mais là , oubliez hein, Zlata, c’est une autre catégorie. Elle, c’est de la bombe russe, blonde platine (comme Cilule…) avec une moue que même toi tu voudrais lui faire des bisous. Sachez que je l’ai vue en vrai. J’ai voulu la toucher avec ma main impure de fille normale. Parce que chez Zlata, la première chose qu’on remarque, ce sont ses mensurations foutrement discriminatoires. N’importe quelle fille à côté d’elle se transforme en masse difforme dégueulasse. Zlata attire la lumière, les regards, elle transforme tout le monde en esclaves, elle te zlataïse direct.
Elle présente avec son partenaire, le célèbre photographe Nikita Zolotarev, une série de clichés plus fous les uns que les autres pour cette expo. La contorsion, qu’on se le dise, c’est LE fantasme ultime. Notre esprit libidineux imagine les positions les plus folles, les situations les plus improbables. Mémère qui a du mal à cambrer le dos, elle remballe direct. Je vous assure que les hommes de l’assemblée, en écrasante majorité ce jour là , des journalistes à l’air sérieux, avaient tous un vieux sourire niais collé sur la tronche. Et vas-y qu’on sue un peu, qu’on brandit sa carte de presse et son appareil photo, qu’on stresse le caméraman pour la lumière…
Ma première réaction fut somme toute, assez banale. “Han, mais c’est dégueulasse. Elle est toute cassée, oh mon Dieu”. D’emblée, la contorsion me fout les jetons. Je trouve que c’est très dérangeant et assez monstrueux, au sens étymologique du terme. L’anormalité des poses ne réveille pas ma machine érotique. Car il faut voir ce qu’elle fait avec ses jambes la nana. L’expression “par-dessus la tête” devient un doux euphémisme. Ça part dans tous les sens, on repense à nos cours de gym et au grand écart facial qui nous rendait toute rouge. Et d’un coup, on a mal partout. Ensuite, on se détend un peu, et on essaye d’analyser. Voir au-delà du côté spectacle de freak.
Et pour moi, c’est surtout du côté de la mise en scène que tout se joue. Pour une personne qui n’est pas sensible à l’érotisme lattant de la contorsion, il en faut plus. J’ai été servie. Des costumes complètement fous, à base de combinaisons animalières, des poses dans des boites en carton, une photo grimée en Spiderman, en déesse hindou, en serpent de latex vert… Zlata et son compagnon sont parvenus à un tour de force : transformer une performance physique en performance artistique. Pour le coup, chapeau bas. L’ascenseur émotionnel est en marche. On passe de révulsée, à intriguée, pour finir en admiration devant la magie de certaines images. Je dis “certaines” car on n’échappe pourtant pas à la photo biatch au bord de la piscine en compensées plexi, pas über glamour quoi… Chacun ses goûts me dira-t-on.
Pour finir, j’ai eu droit à mes 5 minutes de gloire avec une interview de Canal + (mais je vous dis pas de quelle émission). Pendant ce temps, Zlata-I-love-you se frottait contre une super voiture dans la rue, devant des passants ébahis par tant de sex appeal. J’avais pas d’appareil photo, telle une fake reporter et je me suis maudis toute la soirée. Tout le monde descend, fin du voyage dans l’ascenseur émotionnel.
posté le 10/06/2010 | 5043 vues | 7 commentaires | tags: zlata contorsion musée de l'érostisme expo photo | 4 ont aimé
Mais? C’est pas “on” qui est “un con”? C’est le même ou pas?? Je ne vois rien de vulgaire dans cet article mais ce n’est que mon humble avis. J’vais être obligée de regarder Canal + en non-stop maintenant….N’étant pas abonnée, ça risque de piquer mes yeux, merci bien! ^^
héhé, le “on” va être content ! “on” me dit que le terme serait plus “familière” du coup, moi je dis: si si la famille (wesh gros ! kuf kuf) mais merci du soutien sans faille guyluxiole ! Je suis à deux doigts de t’offrir un abonnement !
Oups, mes excuses les plus aplaties envers “on”….(tranquille cousine t’inquiètes!). J’attends avec une impatience non dissimulée mon abonnement (aussi parce que là en fait, j’ai un peu les yeux comme des litchi, une fois pelés).
Pour en revenir à l’article, je trouve assez hallucinant ce que le corps est capable de “subir”, une fois entraîné. Ca fait mal pour eux (mais moins que mes yeux hein!). Le côté artistique allié à ces performances hors-normes donne réellement envie de voir (toucher?^^) ça de plus près.
J’aime bien quand t’es “familière” du coup!
Merci pour le compliment :) En tous les cas, c’est effectivement dingue de voir ce qu’un corps est capable de faire, quand toi, t’as du mal à toucher tes orteils le matin… mais ce qui m’impressionne le plus, c’est de transformer cette performance en Å“uvre d’art, c’est vraiment un défi !
@Pheno : comme tu dis ! je ne t’ai pas vu, mais c’est peut-être parce que je ne te connais pas physiquement :p La prochaine fois avec grand plaisir en tous les cas :)
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On me dit que je suis un peu vulgaire dans cet article, alors pardon mais elle déclenche les passions chez moi, cette Zlata… Voilà voilà …