L’œil charbonneux, l’ongle carmin, un air serein, je me souviens. Les jours d’angoisse et ces larmes ravalĂ©es, les questionnements interminables, les heures perdues. Une remise en question continuelle. Jusqu’Ă ma propre personne, moi et ce qui me façonne depuis toujours. Mes choix de vie, mes aspirations, mes valeurs. PensĂ©es intimes et convictions profondes balayĂ©es par quelques paroles incisives de l’être sensuel et dĂ©sirĂ©.
Terrible chamboulement intérieur. Bouleversement qui m’a attirée. Profondément tirée vers toi. Pure fascination dévastatrice. Esprit qui m’élève, me tiraille, m’écartèle et me distord. Toujours plus loin de moi. Stupide idéalisation. Aveuglée par ton intelligence à contre courant et ton charisme. Je me suis oubliée, mise de côté, pour mieux te rencontrer, adhérer à tes idées. Pourquoi ? Te plaire je crois. Apparu alors une esquisse de moi, décolorée, retravaillée, au trait mensonger. Comme si on pouvait changer l’essence même de notre personnage. Je me suis plantée.
Et puis le réveil enfin. Indolore. Lumière naissante à l’horizon. Un rayon qui m’attire de plus en plus vers celle que je suis. Et que j’assume aujourd’hui. Alors je sens une rage nouvelle s’emparer de moi. Puissante, sauvage. Je me réveille, les yeux grands ouverts. Les yeux ouverts sur ces mois d’oubli de celle que je suis. Je me suis perdue. Me prend alors une folle envie de hurler. Je ne souffre pas. Je ne regrette rien. Mais quelque chose a changé. Je ne veux plus de cette fausse image de moi pour toi, je l’arrache à moi avec violence, la réduit en miettes, la jette. Je ne veux plus de cette image de moi pour l’autre. Jamais.
Je me sens nouvelle, étrange sensation. Je me sens sûre, je me sens belle et forte, tout simplement. J’ai gagné mon combat. Oh non, pas contre toi ! Je ne t’en veux même pas. Tu es toi. Toxique parfois. Mais ça, je n’y touche pas. C’est toi.
J’ai gagné mon combat contre moi même. Pour avoir compris que ça, tout ça, c’est moi. Tout ce que tu rejetais, condamnais, tordais encore et encore, c’est moi. Ce dont tu riais, et même si j’ai ri avec toi, mais ça, tout ça, c’était moi. Infiniment moi. On aura beau gratter, triturer, déformer. Je reste moi.
L’histoire s’est répétée, le même schéma. Mais celui de la fin reste mon préféré. Cassée, je me relève, un peu plus forte qu’avant. Ma plus belle victoire.
Le jeu continue, mais tu n’es plus de la partie. Je pars, je frémis d’excitation face à l’inconnu. Promesse de surprises, rires et blessures, appréhensions, incertitudes. Et l’envie à nouveau. L’envie qui revient. L’envie de plonger dans cette vie que je me construis. Je sens l’immensité des possibilités s’offrir à moi. Et j’aime ça !
Le regard malicieux, je tremble de plaisir, et dans la tĂŞte, mon refrain aux accents rock, « I feel the earth move under my feet ! I feel the sky tumbling down ! I feel my heart start to trembling … »
(cc)Â Tea | Seatory
posté le 10/06/2010 | 440 vues | aucun commentaire
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