Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

29. mai 2012

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La-Babouch-K

Aux Sneakerz Freakerz et autre Addictolikz…

A la manière de Sidney dans le film Brown Sugar : “je me souviens du jour prĂ©cis ou je suis tombĂ©e amoureuse” des sneakers. Mettre autant d’euros dans une paire de baskets, certains diront : FUTILITÉ (principalement ma mère jadis et mon banquier) mais dès que je vois une paire de sneakers mes yeux brillent et ma carte bleue finit souvent par fumer. Je ne suis pas ce qu’on appelle une “freak” ou une “addict” comme on dit dans le jargon de la “sneak”, le matĂ©rialisme et l’accumulation ayant pour limites la taille de mon placard Ă  chaussures mais surtout celle de mon budget ! Je me fiche un peu du cĂ´tĂ© technique, de la fidĂ©litĂ© Ă  telle ou telle marque, ou des “hyperstrike” (sĂ©rie limitĂ©e). Je marche au feeling donc au coup de cĹ“ur et ainsi mes pieds voient dĂ©filer des modèles tout aussi diffĂ©rents les uns que les autres.

MegalowmanyPour la sociĂ©tĂ© civile (et surtout mon compagnon) les sneakers ne sont pas très fĂ©minines, je ne peux malheureusement pas me rendre Ă  un entretien d’embauche en sneakers, encore moins Ă  un mariage ou passer le grand oral devant le jury qui va dĂ©cider en 15 min si oui ou non le diplĂ´me sera tien (quoi que… en tong je l’ai fait !). Ainsi, de temps en temps je ressemble Ă  une femme du talon de mes escarpins jusqu’Ă  la pointe de mes cheveux domptĂ©s. Passons et revenons Ă  nos moutons.

Ma force, comme j’aime le dire pour me rassurer, c’est mon âge avancĂ© et au fil des annĂ©es les paires de sneakers se sont multipliĂ©es… au point que je pourrais chausser tous les CM2 d’une Ă©cole de ZEP. Il y a dĂ©jĂ  25 ans que j’ai Ă©tĂ© happĂ©e dans la spirale de la culture Hip Hop (je t’ai dit que j’Ă©tais vieille) et ça Ă  cause de mon grand frère qui devant la TV, imitait les pas de Sidney dans AchipĂ© AchopĂ©. Il m’a dĂ©fiĂ©e de Smurfer mieux que lui et du haut des mes 8 ans je l’ai pliĂ©. Sa carrière de breaker Ă©tait finie et la mienne venait de commencer. Boogaloo dans ta face frĂ©rot ! On a tous un frère, une sĹ“ur, un(e) cousin(e) plus vieux qui fait en partie notre initiation Ă  quelque chose. Certains c’est Ă  la drogue, d’autres au foot et moi c’Ă©tait au Double-H. Mon rageur de frère après sa dĂ©faite chorĂ©graphique a totalement abandonnĂ© mon Ă©ducation et est retournĂ© Ă  son amour pour Kool & The Gang et Shalamar… Heureusement pour moi que l’un de mes cousins avant-gardiste a repris le flambeau. Ce fameux cousin m’emmenait partout avec lui, enfin c’est plutĂ´t moi qui le suivais partout… Je dois mon premier battle Ă  cet hurluberlu ! Sa chambre me fascinait. Aux murs, il y avait des posters oĂą figuraient un Malcom X grandeur nature, un PelĂ© en pleine action ou un Mohamed Ali dans toute sa splendeur. Celui qui m’impressionnait le plus c’était celui de Tommie Smith et John Carlos (les 2 poings levĂ©s aux J.O de Mexico en 1968). Il y avait aussi des Ă©tagères remplies de cassettes audio et vidĂ©os, quelques vinyles et des piles de magazines mais surtout une Ă©trange fresque sur le mur faite de 1000 couleurs reprĂ©sentant la carte d’Afrique. Je ne saurai que plus tard que c’Ă©tait un graff.

Je me rappelle qu’après de rudes nĂ©gociations, il finit par me cĂ©der sa paire de “Stan Smith” toute pourrie beaucoup trop grande d’ailleurs. Mais avec 1 semelle et beaucoup de coton c’était comme si je walkais on the moon. Moi qui croyais qu’il m’aimait assez pour me lâcher ses “Troop Cobra”… et bah mĂŞme pas ! Quand j’y repense il n’Ă©tait pas prĂ©teur surtout quand il s’agissait de son Atari 7800, de son walkman ou de sa NES. Si ce n’est pas mon cousin prĂ©fĂ©rĂ© c’est bien celui qui m’aura le plus fascinĂ©. Il a Ă©tĂ© mon meilleur prof d’histoire et d’hiphopologie car quand j’ai eu l’âge de comprendre, il m’a offert tout ce qu’il savait sur la culture afro-amĂ©ricaine mais aussi sur la dĂ©colonisation. Il faut croire au miracle parce que mon cousin (parti pour 1 annĂ©e Ă  Londres) m’a confiĂ© sa collection de vinyles, qu’il finira par m’offrir plus tard, l’annĂ©e de mon bac pour me fĂ©liciter de ma mention passable.

Mes pieds rĂŞvaient tout Ă©veillĂ©s d’une paire de Nike Huarache mais ma mère n’a jamais compris ma passion. Elle n’avait surtout pas les moyens de lâcher plusieurs centaines de francs dans mon dĂ©lire mĂŞme si je l’ai souvent menacĂ©e en argumentant en dĂ©tails qu’il pouvait m’arriver n’importe quoi, n’importe oĂą et n’importe quand… et que si on me retrouvait morte dans mes chaussures achetĂ©es au supermarket du coin, mes pieds viendraient la hanter. Le père de Hass, a eu pitiĂ© de ma pauvre âme qui risquait de ne jamais reposer en paix. Il revenait de New York et m’a offert ma première vraie paire rien qu’Ă  moi : des LA Gear Light (mais si vous savez les chaussures qui clignotaient au talon). J’ai dormi avec le 1er soir, je n’osais mĂŞme pas les porter : d’une, de peur de les salir ; de deux, de peur de me les faire tirer… Et oui c’Ă©tait dĂ©jĂ  le H.DOUBLE.O.D, la Banlieue Nord de Paname Ă  l’Ă©poque !

Je me souviens aussi avoir claquĂ© toutes mes Ă©conomies et mes 2 premiers salaires dans quelques vinyles, un voyage Ă  New York et bien sĂ»r une paire de Pump… A mon retour de NYC, la NBA Ă©tait rentrĂ©e dans ma vie et j’ai largement commencĂ© Ă  enrichir Nike. Les grands de ma famille n’avaient plus que Micheal Jordan, Shaquille O’Neal et Magic Johnson Ă  la bouche… mais ça c’est une autre histoire. Alors si vous voyez une grosse touffe en l”ow-bike” rose traverser Paname, une paire de Rebook Top Down aux pieds… ça ne pourra ĂŞtre que moi !

 

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C’est une romance, c’est une belle histoire…

Vive les sneakers !


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