ndlr : Cet article a été choisi par Pomme pendant sa semaine de rédaction en chef.
Je n’ai pas envie de faire de l’humour quand je pense à toi. Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas envie d’être sarcastique, pomme acide ni même orange amère. C’est enfin plus facile de dire au revoir, de te saluer, de te mettre dans la jolie case des histoires achevées. Même des jours, des semaines, des mois voire des années après, je n’ai pas envie d’être triste, je n’ai plus envie…
Oui c’est peut-ĂŞtre cela finalement la fin de toutes les histoires : un simple manque d’envie. Ne plus avoir envie de se battre, de faire des compromis, de tirer une histoire vers le haut quand tu l’enfonces vers le bas, enfin je dis toi, vous, qu’importe le nombre, car dans tous les cas l’envie passe. Ne plus avoir envie de pleurer, ne plus avoir envie de maudire, de crier, de briser les assiettes contre les murs, de jeter son cĹ“ur ou son orgueil aux orties. Ne plus se sentir frustrĂ©e, déçue par notre histoire, vaincue par le quotidien. Ne plus avoir de rancune ni de remords, ne plus ĂŞtre tentĂ©e de réécrire l’histoire, de la repasser encore et encore au ralenti ou en accĂ©lĂ©rĂ©…
Ne plus avoir envie avec un grand E, envie de toi, de te toucher. Ne plus ressentir ce besoin de jouer la glu pour te sentir, ne plus lutter pour me retenir de te palper l’air de rien juste comme ça, sentir ta présence sur le canapé. Ne plus chercher ton odeur dans mes souvenirs, ne plus me languir de ton sourire. Ne plus avoir d’envies qui te concernent toi. Ne plus t’imaginer, ne plus te parler dans ma tête, dans mes rêves ou dans ma voiture. Je n’ai plus envie de chérir un fantôme, le fantôme de ce qui aurait du être, juste une ombre de la réalité.
Je n’ai plus envie de chérir des souvenirs, juste de les regarder, les teinter de sépia, de continuer à les aimer sans pour autant les regretter. Je ne te raye pas de ma carte. Bien au contraire je te grave dans les rides de mon passé. Tu fais partie de moi, comme mes premiers bleus, mes premières bosses, et même parfois parmi mes succès, comme toutes ces choses qui me font moi sans pour autant que je me retourne sur leurs pas.
Je suis bien, je suis là , calme, apaisée, détendue à l’extrême comme si mes nerfs avaient lâché. J’ai l’œil rivé sur l’avenir, pleine d’envies, d’autres envies. Une autre histoire ? Pour quoi faire ? Et pourquoi pas ? Il y a si longtemps déjà . Je ne porterai plus le noir de ton absence, mais le rouge agressif d’autres désirs. Oh, je suis toujours à toi n’en doute pas, je ne te reprendrai pas ce que je t’ai donné. La greffe n’a simplement pas pris et le bourgeon a repoussé, un peu bancal, un peu plus fort, un peu plus vert, un peu plus loin.
Je n’ai pas vraiment envie de te dire au revoir juste de te ranger dans un tiroir. Ne fais plus de bruit, ne me dérange plus, fais toi tout petit, reste à ta place, je n’ai plus envie… déjà j’oublie l’élan déjà j’oublie la peine, j’oublie la force, j’oublie de ressentir autre chose qu’une tendre nostalgie…
(cc) Stephan Geyer
posté le 03/06/2010 | 1700 vues | 11 commentaires | tags: nostalgie envie souvenirs rupture amour | 7 ont aimé
Absolument…. vrai, drole, triste et j’en perd mes mots. Je pensais exactement Ă tout ça avant de commencĂ© Ă lire et OMG tout s’Ă©crivait pendant que je lisais.
Mag est dans la place, comme d’hab :)… Je ris : hi, hi, hi… Comme on se retrouve lĂ aussi : je suis Ă©galement, depuis plusieurs jours, en plein dans le sujet : les amours passĂ©s… Et ça m’inspire, ça m’inspire…
Tout comme Rose H, je glisse vite-vite ton article dans mes bookmarks. Il est magnifique, vraiment !
Merci les filles !!! celui-ci est une profession de foi
C’est aussi une mĂ©thode CouĂ© pour ne pas rechuter. Je propose d’ailleurs une fondation de soutien pour les rechutes impromptues !! ;-)
Oui !!!!! MĂŞme constat : mĂ©thode couĂ© !!!! Mais ça marche… si, si ça marche :)
J’adhère grave. Ce sera mon article pour arreter de puer la sentimentalitĂ©. J’aime tes mots, poulette.
Alors c’est à ça que pense une femme qui a le coeur brisĂ©!btw j’aime ta plume.
Ah comme j’aurai aimĂ© l’Ă©crire moi aussi, j’vais me contenter de le lire et le relire pour appliquer la mĂ©thode CouĂ©…
Se dire qu’on est comme le Phenix qui renaĂ®t de ses cendres, que se sont nos expĂ©riences passĂ©es, qui font ce que nous sommes et que c’est pour ça qu’elles sont toujours belles…
A quand cette fondation de soutien?? je crois qu’on y sera nombreuses.. ;-)
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J’aurai aimĂ© Ă©crire cet article. Mais je crois que j’adore le lire, tant et si bien que lĂ , tout de suite, je le bookmarke, le garde prĂ©cieusement, et Ă chaque fois que je ferai une rechute, Magadit, tu seras lĂ .
Merci ma belle.