Article sĂ©lectionnĂ© par Laurie lors de sa semaine de rĂ©dac’ chef !
Alors que je marchais dans la rue, un vieux monsieur m’interpelle : “Mademoiselle, voudriez-vous venir chez moi ? - Ah, non merci monsieur, je ne peux pas. - Dommage, j’avais très envie de vous baiser.” Bam ! dans la gueule. C’est chiant ça, quand ça arrive. Moi, pour le vivre mieux, j’imagine toujours la vie que l’impoli a dĂ» avoir pour en arriver lĂ .Â
Voici donc la véritable (ou presque) histoire de Martin.
Martin, alors âgĂ© de cinq ans, est petit. Un poil trop petit pour ĂŞtre dans le groupe des cools et un poil trop grand pour ĂŞtre mignon. Il a une petite sĹ“ur, qu’il n’aime pas trop parce qu’elle est toujours dans les jupes de sa mère, rapport Ă ses terreurs multiples. Martin aussi est un peu peureux, mais il le cache car son père aime les hommes, ceux qui ne pleurent jamais (c’Ă©tait il y a hyper longtemps, quand les mĂ©tro-sexuels n’existaient pas encore).
Martin ne brille pas beaucoup Ă l’Ă©cole, il s’en fout carrĂ©ment des racines de la gĂ©ographie de l’hypotalus. Lui, il veut faire du sport. Il aime courir, ce qu’il fait d’ailleurs plutĂ´t vite considĂ©rant sa taille. Mais ses copains courent toutefois mieux que lui, et aiment bien le lui rappeler en le plongeant dans la boue de temps Ă autre. C’est pas bien mĂ©chant, mais les cinquante lignes de punition des dits vilains ne suffisent pas Ă apaiser notre petit sportif en herbe. Tout sauf courageux, il ne se vengera jamais.
La pubertĂ© sonne l’ère de gloire de Martin, il a enfin grandi. La chance a Ă©galement souri Ă son taux de sĂ©bum, exceptionnellement bas. Toutes les filles sont de ce fait dingues de lui, ce qui lui permet d’arriver rĂ©gulièrement dans le top trois des plus beaux gosses du bahut. Les profs l’apprĂ©cient, encourageant l’adolescent Ă user et abuser de ses atouts principaux : des sourcils sexy et une mue quasi-achevĂ©e. Rien n’est trop beau pour le fils chĂ©ri Ă sa maman, qui fière comme pas deux d’avoir un tel garçon, que dis-je, un tel homme ! - le couvre de cadeaux et d’un perfecto en cuir pour son nouveau style de rebelle.
Car les filles, ces gourdes, aiment les rebelles, c’est bien connu. Les causes obscures de cet engouement n’ont aucun secret pour Martin. C’est donc de façon prĂ©coce qu’il perd sa petite fleur en dĂ©pucelant par la mĂŞme occasion une certaine Agathe, fille de bonne famille. MalgrĂ© l’Ă©poque et sa pauvre contraception, Agathe ne tombe heureusement pas enceinte. Elle lui file la goutte. Car Agathe est une “belle salope”, Ă©lĂ©ment dont notre cher poulain n’avait Ă©videment pas connaissance. Son ami Lucien, mystĂ©rieusement atteint par cette maladie, se fait un plaisir de lui expliquer les histoires suspectes de cette jeune dĂ©vergondĂ©e.
Suite Ă cette malencontreuse aventure, Martin commence Ă se mĂ©fier. Heureusement, il dĂ©couvre très vite les joies du prĂ©servatif. S’en suit une longue sĂ©rie d’aventures d’une nuit, de dĂ©couvertes et de plaisirs. Car personne ne rĂ©siste Ă cet homme tĂ©nĂ©breux et musclĂ©. Il se compare volontiers Ă un Dom Juan des temps modernes, le bouc pointu en moins.
Ironie du sort, il finit par Ă©pouser Agathe quelques annĂ©es plus tard. Les parents de la jeune fille sont parvenus tant bien que mal Ă calmer ses ardeurs. Redevenue une fille de bonne famille, elle est tout Ă fait digne d’ĂŞtre Ă©pousĂ©e. Ils emmĂ©nagent dans un deux pièces meublĂ©, et c’est trop super quoi.
Dans sa dignitĂ©, la jeune mariĂ©e tombe enceinte. De magnifiques jumelles qui laisseront des traces indĂ©lĂ©biles sur le corps de la jeune femme. Martin est comme un fou. Heureux, il regarde l’avenir avec sĂ©rĂ©nitĂ©, fier d’ĂŞtre devenu père. Quelques annĂ©es plus tard, la rĂ©alitĂ© du quotidien a vite raison de son engouement. Agathe s’ennuie et se dĂ©couvre un goĂ»t pour l’hystĂ©rie et la maniaquerie compulsive. BientĂ´t enceinte d’une troisième fille, ses relations avec son mari se dĂ©gradent.
Il est si beau, si bien conservĂ©. Elle, en deux ans, a l’air d’en avoir dix de plus. C’est alors qu’il lui achète une machine-Ă -laver-sèche-linge et tout va beaucoup mieux. Ils sont genre, mais trop heureux quoi.
(la suite au prochain épisode)
(cc) ginnerobot
posté le 02/06/2010 | 1520 vues | 5 commentaires | tags: episode1 martin vie enfant famille A deux | 3 ont aimé
Merci les ladies ! La semaine prochaine, si vous ĂŞtes sages, vous saurez comment Martin a gagnĂ© au Millionnaire…
Ah et big up pour la photo, elle est top canon ! Une bien jolie trouvaille, j’aime beaucoup :)
Et on a jamais eu la fin de l’histoire de Martin… :(
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Belles et Rebelles Retrouvez le dernier édito de Laurie pour sa semaine de rédac' chef, une spéciale rébellion !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
Je veux absolument connaĂ®tre la suite, dĂ©sespĂ©rĂ©ment ! J’adore ce genre de personnages dĂ©testables, j’aime savoir que le pire peut arriver. Et quand il est arrivĂ©, il est pas encore tout Ă fait arrivĂ©, y a toujours pire !
*trĂ©pigne d’impatience sournoise*