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26. mai 2012

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Skins : bilan de la première génération

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Cet article évoque quelques éléments de la saison 1 et de la saison 2.

 

Diffusée sur E4, la filiale de Channel 4 destinée au public adolescent, depuis janvier 2007, Skins a su prendre la relève d’une série comme My so-called Life (Angela 15 ans) et reléguer aux oubliettes du ridicule les Beverly Hills et autre Dawson. Drôle, irrévérencieuse et sensible, la série britannique a depuis donné naissance à un véritable phénomène de mode, avec l’apparition notamment des “Skins Parties”. Le principe ? Reproduire, via les réseaux sociaux type Facebook ou Twitter, les fêtes mémorables auxquelles participent les personnages de la série : alcool, drogue plus ou moins light, sexe et look déjanté sur fond de musique électro sont les ingrédients indispensables à une bonne Skins Party ; les adultes s’affolent, et oublient dans la précipitation que ces soirées se contentent de donner une appellation nouvelle à un phénomène préexistant : que sont les rave parties devenues ?

On l’aura compris, Skins - de l’argot papier à rouler, désignant plus exactement les deux feuilles que l’on colle ensemble pour rouler un joint - ne fait pas dans le mièvre édulcoré : les personnages boivent, avalent des pilules, fument des pétards et s’envoient en l’air ; rien de bien extraordinaire en somme, mais du jamais vu dans un programme destiné aux adolescents. Si la série frappe juste, c’est parce qu’elle a eu l’intelligence d’associer des ados au processus d’écriture : après avoir lire un premier scénario à son fils Jamie, alors âgé de 21 ans, et récolté une salve de “naze, ennuyeux, ringard”, Bryan Elsley décide de travailler avec lui et de réunir à leurs côtés un groupe de 16 jeunes scénaristes. Leur mission ? Evaluer la justesse des situations et des dialogues. L’effort est immédiatement récompensé : série de fiction britannique la plus exportée en 2008, aujourd’hui diffusée dans une vingtaine de pays, Skins a réuni 1,4 millon de téléspectateurs lors de la diffusion du pilote, soit l’audience la plus haute jamais mesurée pour une série britannique sur la chaîne E4.  Un roman a depuis été tiré de la série, une version américaine va être réalisée par MTV, et une adaptation au cinéma est d’ores et déjà sur les rails.

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La grande spécificité de Skins est de renouveler entièrement son casting toutes les deux saisons : pour continuer à se développer sans perdre en crédibilité, la série a misé sur le renouvellement des générations. C’est ainsi que les Tony, Sid, Michelle, Cassie, Jal, Chris, Maxxie et Anwar de la première génération (saisons 1 et 2) ont cédé la place aux Cook, Thomas, Pandora, Freddie, Naomi, JJ, Emily et Katie de la deuxième génération (saisons 3 et 4) ; une cinquième saison a été commandée par E4, annonçant ainsi la troisième génération de personnages. Tous sont élèves du fictif “Roundview Sixth Form College” à Bristol. Chaque saison suit la même construction : à l’exception du season premiere et du season finale, centrés sur l’ensemble du groupe, chaque épisode est axé sur un personnage, dont il porte le nom. Les deux premières saisons nous font ainsi découvrir la première génération de personnages : Tony, le beau gosse brillant qui contrôle sa vie et manipule celle des autres ; Sid, son meilleur ami, geek binoclard en admiration devant Tony, et secrètement amoureux de sa petite amie Michelle ; Cassie, la jeune fille fantasque, fragile et anorexique, amoureuse de Sid ; Chris, le fêtard sans repères et sans limites, amoureux de sa prof de psychologie Angie; Jal, la bonne copine droite et travailleuse, clarinettiste au sein d’une famille de rappeurs ; Michelle, la copine de Tony, dont elle est éperdument amoureuse ; Maxxie, le danseur homo ; et enfin Anwar, jeune musulman qui cherche sa place dans les contradictions de sa religion. Tous portent leurs propres blessures, un peu largués dans un monde où les représentants de l’autorité (parents, profs) le sont tout autant.

Si la première saison est celle de la découverte, et s’achève sur un season finale beau à pleurer (chacun des personnages, tout en restant inséré dans l’action, chante une partie de la chanson Wild World de Cat Stevens), la deuxième saison est celle du passage à l’âge adulte et des responsabilités : la maladie, la mort, la grossesse, le handicap et le délitement progressif du groupe sonnent le glas d’une adolescence quelque peu désenchantée. Deux saisons justes et sensibles, donc, pour une série poétique, fragile et désabusée.

 

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