Dans ma famille, on est fonctionnaires de père en fils et en filles. Grand-père était directeur d’école, mamie était institutrice, tout comme ma mère, mon oncle, etc. Et ceux qui n’étaient pas instit’ travaillaient dans l’administration. Autant vous dire que l’entrepreneuriat, chez nous, on ne mangeait pas de ce pain-là ! J’ai donc commencé ma carrière de communicante en tant que sage employée en CDI, rémunérée au mois, en toute sécurité, ce qui rassurait ma maman, mon papa et tout et tout, même si, bon, quand-même, le privé… enfin, vous m’avez compris.
Et puis un jour, un évènement inopiné (j’adore ce mot) s’est produit, m’obligeant à remettre en question tout mon équilibre de valeurs et la conception du monde qui allait avec. Un jour, j’ai fait une allergie à mon travail. Une allergie à l’open-space, à l’ambiance neurasthénique et dépressive de mes collègues de travail, à leurs cerveaux branchés en USB, à l’absurdité de ma condition d’employée condamnée à passer toutes ces journées derrière un bureau, boulot ou pas boulot, à mon salaire misérable et non-évolutif, au flicage en règle du matin au soir (Il est 18h30, tu pars déjà ? T’as pris ton RTT ou quoi ?). Ça m’oppressait, j’avais l’impression d’être en prison, ça me provoquait des crises d’angoisse, des crises de larmes, je ne dormais plus, je devenais folle et dépressive, ça ne pouvait donc plus durer.
Et c’est comme ça qu’un jour, je me suis retrouvée dans le bureau de mon PDG, lui expliquant ma situation et le suppliant de me licencier pour que je puisse recouvrer ma liberté. Il a eu pitié et il a accepté. Trois mois plus tard, et après des vacances aussi extraordinaires que méritées, j’étais donc devenue conceptrice-rédactrice auto-entrepreneuse et je savourais enfin les joies de la liberté, cette sacro-sainte liberté que j’avais tant bataillé pour retrouver.
Et parce que je l’avais tant attendue, cette liberté, il était pour moi hors-de-question de la tempérer avec des contraintes, des horaires ou des réveils qui sonnent. J’ai donc laissé libre-court à mon besoin viscéral de LI-BER-TE… et c’est rapidement devenu n’importe quoi. Oui, parce que mesdemoiselles, sachez que la liberté est un piège, pour qui n’a aucune notion d’autodiscipline, comme moi. Surtout quand on est 2 à être libres comme l’air et que personne, jamais, ne vient vous signifier que là , vraiment, il est midi, on est lundi, il est temps de se lever ! Ou que là , à 16h30, un mercredi, il est vraiment temps de s’habiller !
Je me suis donc mise à travailler le soir, à lire ou à regarder des séries jusqu’à 5 heures du mat’ et à dormir le jour. Cette espèce de rupture dans l’espace-temps a bien duré trois mois, avant que je ne réalise que, au nom de cette liberté, je m’aliénais complètement et ne faisais rien de ma vie et de mes journées ; alors que, précisément, quand j’ai décidé de lancer mon entreprise, je m’étais dit que j’aurais plus de temps pour moi, pour faire de la musique, pour écrire, partir en vadrouille en compagnie de mon appareil photo, etc.
Depuis, j’ai donc repris le contrôle de ma vie et de mon emploi du temps, je me lève à 9h30 tous les matins, je passe mes journées à la maison entre travail, guitare, café sur la terrasse, déjeuner entre copines, écriture, lecture, sieste et promenade dans Paris. Je gère mon temps et mes clients, je bosse quand je suis inspirée, tant pis si c’est la nuit puisque maintenant, j’ai le droit d’être insomniaque, ce n’est plus un problème. Je prends bien évidemment du retard dans ma compta, ma facturation et mes déclarations d’impôts, ma banquière s’arrache toujours les cheveux chaque fois qu’elle réalise l’ampleur de mon incurie en matière de gestion, mais tout de même, je suis fière d’avoir réussi à combattre mes démons intérieurs, à vivre de mon travail et de ne devoir tout cela qu’à moi.
Et puis surtout, quand je passe un lundi au soleil, que je m’autorise une petite grasse mat’ un jeudi, un week-end de 4 jours improvisés ou un day-off dans la semaine, juste comme ça, parce que j’en ai envie, je me dis que, vraiment, la liberté, ça n’a pas de prix !
(cc) Myxi
posté le 26/05/2010 | 1475 vues | 5 commentaires | tags: made in chez moi entreprise | 3 ont aimé
Prooofiiite bien donc de cette libertĂ© ;) Pendant que d’autres travailles.. x)
Je te trouve très courageuse d’avoir pris en main ta vie de cette manière ! Tu t’es lancĂ©e un dĂ©fi, et tu t’y tiens. C’est vraiment bien !
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