musique

Vive le jazz et l’amitié

Il était une fois un garçon et une fille amoureux pendant 1 an et demi, mais qui se sont malheureusement séparés.

Vive le jazz et l’amitiéMalgré tout, il leur restait quelques petites choses en commun : des souvenirs, des rancœurs aussi, mais surtout une vraie passion commune pour le jazz. Se souvenant de leur excellente soirée au concert d’André Manoukian + Nick Cowley trio l’an dernier, ils se dirent que ça valait le coup de déterrer la hache de guerre à Saint-Germain-des-Prés. En toute amitié.

C’est ainsi que mon cher Tiny Boy me proposa hier soir d’aller dans un Starbucks écouter Electric Diva, dans le cadre du festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés. Je lui avais déjà fait part de ma petite sélection pour le festival. Il écarta de suite Diane Tell (c’est normal) et Michel Legrand (dont il ne connaissait pas l’œuvre, l’inculte ! N’a-t-il jamais écouté Les demoiselles de Rochefort ? Ou bien Un homme et une femme ? Les moulins de mon cœur ? Un été 42 ? Bref, après écoute, ceci parut trop classique pour ce grand amateur de Brad Meldhau).

Vendredi 21 mai 2010, à 18h30, je me présente donc au Starbucks Saint-Michel-Seine. Je me commande un Frappuccino Café Caramel grande. Sur mon portable, un texto de Tiny : Je suis à l’intérieur. Ma commande effectuée, je m’installe à l’étage où le DJ Arthur Borgnis aka Docteur Donuts commençait son set assez péchu de jazz-swing. Après 5-10 minutes à chercher mon ex-compagnon du regard, je décide de lui téléphoner. En vérité, je m’étais trompée de Starbucks. Il s’agissait de Saint-Michel-Cluny. Ou comment apparaître comme une blondasse aux yeux de son ex…

J’entre donc dans le deuxième Starbucks du Boulevard Saint-Michel et je grimpe à l’étage. C’est lorsque je vis quelqu’un refuser la place à sa table que je reconnus Tiny. Toujours cette même british class, surtout agrémentée de coups de soleil sur sa peau de roux dus à son exposition un peu prolongée dans les gradins lors de son après-midi à Roland-Garros. Par chance, le concert n’avait pas commencé. C’est donc avec décontraction et comme si on s’était quittés la veille que nous discutons de choses et d’autres.

Pendant qu’il se commande un café viennois et un muffin, Electric Diva en mode réduit fait sa balance. Je dis en mode réduit, car sur les cinq musiciens du combo, il ne reste que Deborah Benasouli, la chanteuse, Alexandre Saada au clavier et Jean-Daniel Botta à la contrebasse. Mélange de jazz très new-yorkais et de bossa nova, leur répertoire est à la fois assez pointu et très en adéquation avec les klaxons du boulevard au dehors. Dans le public, entre la clientèle habituelle du Starbucks – des ados et des étudiants – et des vieux couples très germanopratins, l’éclectisme est de mise.

Entre les petits couacs, les private jokes des musiciens et le sourire de Déborah Benasouli, ce concert était sous le signe de la bonne humeur. De jolies compositions, des morceaux de bossa nova très ensoleillées (je n’ai pas manqué de faire la percu sur la table – car oui, il manquait quand même une petite section percu pour soutenir un peu tout ça…)… Même la version anglaise du grand Chega de saudade de Joao Gilberto était belle, même si là aussi, je préfère nettement la version lusophone, tout comme une autre demoiselle dans l’assemblée.

Electric Diva : une chanteuse à la voix envoûtante, un joueur de clavier qu’on aurait pu qualifier de au radar (mais il suivait juste la partoche qui était placée un peu en décalé) et un contrebassiste assez inspiré. Il a eu un pouvoir magique : celui de transformer deux ex-amants en deux amis. Vive le jazz et l’amitié…

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