Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

28. mai 2012

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Plus connu pour son boulot de scénariste sur des séries policières (Law and Order, New-York Police Blues) ou judiciaires (The Practice), c’est à une série médicale que David Shore décide de s’atteler en 2004 avec Dr House (House, M.D).

dr-house1_picnik1273058522.jpgDébarquer après Urgences (E.R) n’était pourtant pas une mince affaire, tant la grande série médicale des années 90 (et 2000) avait contribué à dynamiter les codes du genre, déjà bien bousculés par une série comme St. Elsewhere dans les années 80. St. Elswhere avait introduit la dimension sociale du soin et bousculé l’image quasi-divine du médecin, le ramenant à sa très faillible condition humaine ; Urgences conserve cet héritage et vient bouleverser les techniques de réalisation, imposant l’usage du steadycam à la télévision et passant maître dans l’art des plans-séquences survoltés. Si St. Elswhere et Urgences avaient popularisé la série médicale Chorale, s’attachant à décrire le quotidien de tout un groupe de soignants, Dr House change radicalement la donne et se construit autour d’un personnage unique (dans tous les sens du terme) : le redoutable et talentueux Gregory House, incarné par Hugh Laurie.

A la tête du «département diagnostic» de l’hôpital universitaire fictif de Princeton-Plainsboro, House est un génie de la médecine interne, spécialisé dans les maladies atypiques et les symptômes inexpliqués. Contraint par Lisa Cuddy (Lisa Edelstein), directrice de l’hôpital, à assurer quotidiennement un certain nombre d’heures de consultation publique, House s’ennuie profondément dans l’ordinaire et le routinier : rien n’attise davantage sa curiosité que les cas étranges, qu’il aborde comme de véritables enquêtes. Car en réalité, Dr House relève autant de certaines séries policières à caractère scientifique que de la tradition médicale : véritable «formula show» (du moins dans ses deux premières saisons) à la Columbo, la série de David Shore conserve la même structure pour chaque épisode. Passée la séquence prégénérique à la Six Feet Under durant laquelle le spectateur découvre le futur patient dans son environnement naturel, l’épisode s’ouvre  généralement – après un générique dont la musique, Teardrop, est extraite de l’album Mezzanine de Massive Attack - sur les ronchonnements de House, contraint comme chaque jour à effectuer son quota de consultations. Débarque alors le cas étrange que tout le monde attend. Entouré des jeunes docteurs Foreman (neurologue), Chase (spécialiste en soins intensifs) et Cameron (immunologue), House se lance alors dans l’enquête, allant de fausse piste en fausse piste avant de trouver la solution, généralement suggérée par un infime détail.

Il y a bien sûr du Sherlock Holmes dans House, paternité reconnue et assumée par le créateur et les scénaristes de la série. Même personnage a priori insensible et sans émotion, caractériel, hautain et misogyne ; même obsession de la vérité et même raisonnement pour y parvenir, tous deux fonctionnant non par déduction mais par induction, partant du détail pour accéder au tout ; même solitude et même dépendance à la drogue (cocaïne pour Holmes et Vicodine pour House) ; même goût pour la musique, l’un violoniste et l’autre pianiste / guitariste. Le grand ennemi de Sherlock Holmes, Moriarty, gardera le même nom dans le dernier épisode de la deuxième saison de Dr House, prenant cette fois-ci les traits du forcené qui le séquestrera. Autre détail amusant : tous deux habitent au même numéro, le 221 B. Le personnage de Sherlock Holmes fut lui-même inspiré à Arthur Conan Doyle par un médecin, Joseph Bell, un professeur de chirurgie doté d’une grande capacité de déduction et d’un grand sens du diagnostic. Difficile dès lors de ne pas voir en James Wilson (Robert Sean Leonard), unique ami de House, le Watson de Sherlock Holmes : plus ordinaire mais aussi plus humain que House, Wilson emménagera chez lui au cours de la deuxième saison, reproduisant ainsi la colocation Watson / Holmes au 221 B Baker Street.

Jamais totalement subversive (network oblige), la première saison n’en est pas moins audacieuse, surprenante et fort bien écrite. C’est d’ailleurs à juste titre que l’avant-dernier épisode, «Cours Magistral», a reçu en 2005 l’Emmy Award du meilleur scénario : entremêlant trois récits narrés par House lui-même, les scénaristes baladent habilement le spectateur entre hypothèse et histoire personnelle, confirmant ainsi que Dr House est un peu plus qu’une série médicale.

 

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C’est bien dit mĂŞme si je ne suis pas une fan de Dr House, tu en vantes bien les mĂ©rites. Faut dire qu’une de mes amies mĂ©decin assassine rĂ©gulièrement le House car je cite “putĂ©, ils disent que des conneries !!”


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