ndlr : Cet article a été choisi par Pomme pendant sa semaine de rédaction en chef.
C’est en lisant J’Ă©tais derrière toi de Nicolas Fargues que je suis tombĂ©e sur ces quelques mots de Jean-Paul Dubois : «Tu sais ce que disait Louise Brooks ? Qu’on ne peut pas tomber amoureuse d’un type bien ou gentil. Parce que les choses sont ainsi faites qu’on n’aime jamais vraiment que les salopards.» Cette citation s’est heurtĂ©e Ă ma gueule et m’a fait rĂ©aliser que je n’Ă©tais pas très diffĂ©rente de cette Louise.
Pour commencer, je ne suis pas une petite fille fragile qui rĂŞve qu’on lui tienne la main dans la rue, qu’on la prĂ©sente Ă sa famille et Ă qui on enverrait des sms mielleux. J’aime qu’on me dise non après m’avoir laissĂ© croire que ça allait dĂ©coller, qu’on me rende jalouse au point d’avoir la nausĂ©e, qu’on ne rĂ©ponde pas Ă mes appels et qu’on me caresse le bas du dos avant de partir comme un voleur. C’est comme ça, je n’y peux rien. Peut-ĂŞtre que les enfoirĂ©s affectifs m’attirent parce que je suis comme eux. Mes sentiments sont enfouis dans une grosse caverne au fin fond de ma cage thoracique et ma seule façon de communiquer se fait en envoyant balader la moitiĂ© de la population. C’est un peu le principe du «qui se rassemble s’assemble». Ouais.
Sauf que bon, il n’est pas rare que j’Ă©coute du jazz qui pue le dĂ©sir et que je ferme les yeux en souriant, imaginant mille-et-un scĂ©narii de ce que pourrait ĂŞtre ma vie si je ne me contentais pas, invariablement, de bousiller toutes les opportunitĂ©s qui se prĂ©sentent. Je trouve toujours 36 raisons pour ne pas rappeler les garçons chouettes, ceux qui ont une vie Ă©quilibrĂ©e et un tant soit peu normale (comprendre : ils ne sont pas ivres 4 jours sur 7 et ne me laissent pas me dĂ©brouiller pour rentrer chez moi alors que je n’ai plus un rond).
Et puis, un jour, j’ai compris. Ce que j’aime chez les handicapĂ©s de la communication, c’est leur potentiel de sauvetage. Je suis un peu comme le Dr. Cameron dans House, je souffre du syndrome du St-Bernard : j’espère secrètement pouvoir changer ces ours mal lĂ©chĂ©s en de doux barbus attentionnĂ©s. Parce qu’au fond, c’est pas des salopards qu’on attend, non. Nous, ce dont on rĂŞve, c’est ce qu’on se refuse et ce qu’on veut, c’est s’autoriser Ă ĂŞtre heureuse avec un mec bien. J’ai pas dit gentil, hein, parce qu’il faut pas dĂ©conner non plus : un peu plus et on se retrouve Ă devoir rester Ă la maison pour leur cuisiner leur gratin dauphinois prĂ©fĂ©rĂ© avec un gigot d’agneau au romarin parce que les hommes, c’est bien connu, ne mangent que de la viande et des patates. Toujours est-il que les gens ne changent pas et sauf si vous ĂŞtes lĂ©gèrement masochistes, il va bien falloir se rĂ©signer un jour ou l’autre et laisser tomber les salopards.
Ensuite, je me suis interrogĂ©e sur ce qu’il fallait faire pour changer et oublier dĂ©finitivement votre Mr. Big, celui qui vous pourrit la vie depuis plusieurs mois. Bien sĂ»r, j’aimerais vous dire qu’il existe un remède magique qui fait passer cette Ă©tape en deux temps trois mouvements et que je l’ai trouvĂ©. Mais non, voyez-vous, je cherche toujours. C’est pas faute d’avoir essayĂ© pourtant : entre la barre de ToblĂ©rone sauvagement entamĂ©e au beau milieu de la nuit et les après-midis ensoleillĂ©es Ă lire Lucia Etxebarria allongĂ©e sur mon transat’, je cherche toujours LA solution, LE truc qui fait que, LE dĂ©clencheur surnaturel. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il ne s’agit peut-ĂŞtre que d’un mĂ©lange d’Ă©lĂ©ments adroitement placĂ©s lĂ par le sort, le destin, le hasard ou que sais-je. D’abord, il y a les copines qui vous assomment avec leurs «il ne te mĂ©rite pas», «il n’a rien compris» et autres «tu crois vraiment qu’il peut changer ?». C’est peut-ĂŞtre la variante sociale d’une guerre d’usure, mais il y aura toujours un moment oĂą le concept fondamental, Ă savoir «oublie-le, ce pauvre con», passera par une oreille sans en ressortir par l’autre.
Deuxièmement, pleurer n’est pas la solution. Surtout si, comme moi, il vous en faut beaucoup pour verser des larmouillettes et encore plus quand il s’agit d’un mâle. Parfois, vous vous dites, vas-y ma grande, pleure un bon coup, ça va forcĂ©ment te soulager et demain tu respireras la joie de vivre. Sauf que, deux options se prĂ©sentent Ă votre portillon : soit ouvrir les vannes revient Ă briser un barrage alpin et vous ne vous arrĂŞtez plus, soit vous y mettez vraiment de l’ardeur mais, rien n’y fait, pas une goutte ne coulera le long de votre visage aujourd’hui. Et puis bon, hein, c’est quand mĂŞme pas si mal parce que les grosses larmes ont tendance Ă rendre vos yeux si gonflĂ©s que vous finissez par ressembler Ă une accro aux corticoĂŻdes. Pas sexy-sexy.
Pour finir, il y a le cĂ´tĂ© intrinsèque de la rĂ©mission. La soudaine prise de conscience et l’Ă©tonnement quand, un matin, vous vous rĂ©veillerez, et, Ă´ joie, vous n’aurez plus envie de rester 30 minutes au lit Ă penser fort fort fort Ă l’Ă©nergumène barbu et testostĂ©ronĂ© qui vous servait il y a encore peu d’objet de dĂ©sir foncièrement malsain. Pouf ! EnvolĂ©s les images, les odeurs, les sons, les sensations.
Et lĂ , il est de mon devoir de vous mettre en garde : le salopard Ă peine oubliĂ©, il y aura dĂ©jĂ un nouvel abruti prĂŞt Ă vous attraper dans ses filets. Soyez prudentes, sortez couvertes et ne parlez pas aux inconnus. Sauf s’ils vous semblent bons sous tous rapports. Mais n’est-ce pas toujours ce qu’on croit d’eux au dĂ©part ?
(cc) Xanetia
posté le 15/05/2010 | 3701 vues | 12 commentaires | tags: testo espoir mec rupture | 7 ont aimé
Je crois qu’en amour, y a pas de miracle. Un jour, ça tombe, c’est comme la loterie, tu gagnes beaucoup trop, ce qu’il te faut, pas assez, ou rien du tout. Mais, il faut jouer pour gagner, c’est la seule chose dont je sois certaine. Mais bien entendu, il faut jouer POUR gagner^^ > mode wineuse ON. Je pense que du coup, le bad guy qui fait craquer, c’est d’abord un problème par rapport Ă soi. Pour moi, c’est que la nana a un truc pas rĂ©glĂ© pour se faire du mal volontairement. Quand on en a marre, qu’on a enfin compris qu’il faut passer Ă autre chose, on rĂ©alise qu’on finit enfin par rencontrer des mecs bien, avec qui on vit des chouettes trucs. Sans forcĂ©ment qu’il soit le “gentil” de base.
je vous conseille d’ailleurs l’excellent article sur le sujet Ă©crit par Elixie : http://ladiesroom.fr/2007/08/16/pourquoi-les-garcons-gentils-vaincront/
CecileG : je connais plusieurs filles qui ont le syndrome St-Bernard, mais on ne s’en rend pas forcĂ©ment tout de suite compte. Pour ma part, je n’pense pas que ça ait un rapport avec mon père, qui est bien sous tout rapport. Ou alors ce serait un moyen de fuir son image ? AllĂ´ Freud, ici la base, nous avons un problème !
Et merci Ă toi !
Melle C. : je suis bien d’accord, pour gagner il faut jouer. Et si jouer consiste Ă tomber sur des enfoirĂ©s, eh bien tant pis. J’estime que le jeu en vaut la chandelle. Sinon, il est clair qu’un jour, on finit forcĂ©ment par passer Ă autre chose, et heureusement. C’est le cĂ´tĂ© intrinsèque de la rĂ©mission mais, pour l’instant, je suis dans la phase “je m’en rends compte mais j’espère encore un peu les changer”.
Merci pour le lien ! Geeks are sexy :)
Je pense que le remède miracle n’est autre que la maturitĂ©, et que ça arrive tout seul, comme un Ă©veil soudain. Pour ce qui est du rapport au père, j’ai entendu dire qu’il y a 2 solutions : soit la fille cherche une rĂ©plique de son père, soit elle cherche une sorte d’exact contraire pour le faire chier. - “J’kiff les racailles hihihi lol”.
Après y a salopard et salopard, lĂ tu dĂ©cris plutĂ´t des dĂ©chets nombrilistes, pas le vrai gros salopard, violent, rabaisseur, destructeur, sur lequel la nana peut tomber en cherchant son “bad boy mais pas trop que je vais changer”. Et lĂ y a danger.
Pour ma part, j’ai tendance Ă penser qu’il y a au moins 2 Ă©lĂ©ments qui jouent dans la quĂŞte du gros con un peu incomprĂ©hensible au commun des good guys. De une, les nanas adorent avoir quelque chose Ă raconter Ă leurs copines, et si ça peut ressembler Ă une Ă©pisode de sex and the city, alors lĂ bonheur. MĂŞme si la vie Ă cĂ´tĂ© c’est pas bonheur du tout.
D’autre part, beaucoup de filles ont un ego assez dĂ©mesurĂ©… Elles veulent toujours se prouver qu’elles peuvent choper un type Ă gros caractère et en faire ce qu’elles veulent. Et elles y arrivent jamais Ă©videmment, mais il leur faut du temps pour le piger, et comprendre la vanitĂ© de l’entreprise peut ĂŞtre. Quoi qu’il en soit, j’ai jamais bien compris cette mystique du “il va changer pour moi”, vu que ma copine, je sors avec elle parceque je l’aime comme elle est, et j’ai surtout pas envie qu’elle change. A noter que vouloir changer l’autre - et en annonçant la couleur - me semble assez caractĂ©ristique des filles. Il me semble que les mecs eux, cherchent en gĂ©nĂ©ral une fille Ă leur goĂ»t, et ne veulent pas la changer.
En mĂŞme temps, avec notre syndrome St Bernard, on voudrait qu’il change.. mais le veut-on vraiment ? Comme le dit Couille Bleue, notre Ă©go se ravale la façade quand il a besoin de nous, le nombriliste en question. Je pense que s’il se transformait en gentil qui “enverrait des sms mielleux”, on ne serait plus confortĂ© dans ce rĂ´le de la fille forte aux sentiments tout cachĂ©s…
Du coup, pas facile-facile de décrocher de ce genre de relation..
couille bleue : la double thĂ©orie de l’image du père, je la connais, mais il y en a une troisième : ni la rĂ©plique ni le contraire, juste le hasard.
dĂ©chet nombriliste ? j’aime, j’adore ! je risque de te citer dans mes prochaines discussions SATC (sex and the city, of course). Ă ce propos, il est clair que c’est beaucoup plus intĂ©ressant de raconter comment notre mec est un con fini et de lister toutes les merdes qu’il peut faire en 48h. si tout va bien, nos copines ne nous Ă©coutent pas. nous sommes de vraies drama queens !
pour l’envie de changer les types qu’on rencontre… mouais. je crois surtout que le syndrome st-bernard est souvent cousin du syndrome de l’autruche : se rappeler des bons moments et oublier les dĂ©sastres Ă©motionnels, c’est juste plus facile. après, j’estime que si on craque pour un mec, c’est pour ce qu’il est et pas ce qu’il pourrait potentiellement devenir. on n’est pas si diffĂ©rent, finalement. ;)
neel : tout Ă fait d’accord. en faisant l’autruche, on croit que les bons cĂ´tĂ©s sont majoritaires et que c’est pas le changer qu’il faut, mais l’encourager Ă rester du bon cĂ´tĂ© de la force. ouais… je me comprends ! :)
Aller, je me lance dans une analyse philopsychomagazine… quelque que chose de pas très scientifique donc.
L’Homme, c’est incontestable, est en quĂŞte constante. A peine a-t-il pu satisfaire un dĂ©sir qu’un autre se fait plus ardent. Un jour n’est pas encore terminĂ© qu’il pense dĂ©jĂ au suivant. Pour ma part, je ne connais personne qui soit capable de penser dans l’ici et le maintenant uniquement (et si tel devait ĂŞtre le cas, il serait certainement atteint d’un trouble assez important).
Ce que je veux dire par lĂ , c’est qu’un mec parfait ne te laisse pas de suspens. Tu ne peux rien attendre parce que tu sais dĂ©jĂ la suite des Ă©vĂ©nements. Tu sais qu’il va assurer en toutes circonstances, que jamais il ne lâchera un bon gros rot et que vendredi ou samedi soir il t’apportera des fleurs. C’est gĂ©nial un mois, sympa pendant 6 mois et après une annĂ©e, tu veux l’Ă©trangler. Tu lui demanderais presque de devenir un homme, merde quoi! Qu’il rentre tard, histoire que tu te fasses un peu de soucis une fois et que tu te demandes s’il traĂ®ne plutĂ´t avec Cindy ou Pamela en ce moment. Ça te permet de dĂ©velopper des stratĂ©gies pour le rĂ©cupĂ©rer et d’ĂŞtre rassurĂ©e deux heures après quand il rentre avec des photos de sa soirĂ©e match de foot avec Richard et Bertrand… Faut dire aussi que c’est sympa aussi de pouvoir l’engueuler un peu, ça permet de te dĂ©fouler après une journĂ©e pĂ©nible.
Alors c’est pour ça que nous les filles, on aime quand parfois nos hommes sont des brutes. On n’a pas a ĂŞtre parfaite (vive les pets sous la couette) et on peut vivre quelque chose d’Ă©motionnellement plus intense. Et surtout … qu’est-ce que c’est bon les retrouvailles après une bonne engueulade!
marthouze : tu me fais bien rigoler (surtout l’histoire des rots et des pets).
en fait, tu dĂ©cris exactement ce que j’entends par mec bien mais pas gentil… un type normal, ni trop plongĂ© dans la mousse de sa bière ni trop dans la mièvrerie, le juste milieu. car c’est clair que le mec parfait a le don de te foutre des complexes : limite tu dors maquillĂ©e pour pas le dĂ©cevoir au rĂ©veil.
Et s’il n’existait en fait que 3 types d’hommes ? Les miellons, les salopards et les charmants (forcément déjà pris…). Bien sûr, il y aurait plusieurs degrés dans chaque catégorie. Par exemple, le salopard force 1 se contenterait de quelques crises irrégulières, histoire de rappeler, que c’est lui le porte-burnes du couple ; et le salopard force 5 détruirait notre vie et notre estime, lentement, mais surement… Du coup, plus besoin d’éviter les salopards, vu qu’il n’y a plus que ça (à moins bien sûr que les miellons vous intéressent…). Il suffirait juste de choisir quel degré de saloperies on est prêtes à supporter… et à vouloir essayer de changer. Si tout était si simple, lol…
si tout était si simple, ce serait certes plus facile mais aussi tellement moins tentant ! le challenge, y a que ça de vrai !
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C’est drĂ´le, je tombe sur cet article ce matin alors qu’hier j’ai passĂ© une bonne partie de la soirĂ©e avec Mlle C. a essayer de comprendre pourquoi j’allais toujours inconsciemment vers le mĂŞme genre de mecs (aka enfoirĂ©s affectifs) et si toutes nos relations avec les hommes n’avaient pas finalement de rapport avec la relation qu’on a avec notre papa chĂ©ri… Aie…
En tout cas, chouette texte ! Merci !