Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

19. mai 2013

Mot de passe oublié

LilieM

 [Chaque semaine, découvrez les coulisses de Ladies Room où un membre du magazine nous raconte ses coulisses jour par jour, tout au long de la semaine. Pour cette nouvelle édition, c’est la charmante LilieM qui nous raconte son quotidien…]

liliemlr.jpgVis ma vie ? Franchement, je ne vous le souhaite pas, à moins de vous faire filmer 24h/24 et de gagner 15 000 euros au bout de l’aventure, si vous n’êtes pas démissionnaire avant !

Je plaisante, ma vie je l’aime. Je l’aime tellement que j’ai accepté la proposition de Cilule.

A l’heure qu’il est, je ne sais de quoi sera faite ma semaine. Elles passent toutes sans vraiment se ressembler. Il y a évidemment le rituel «enfant – boulot – maison» (pas de quoi baver donc…).  Puis, tout ce qui gravite autour de ma vie de jeune trentenaire (oui, c’est jeune 30 ans et quelques gros tas de poussières accumulés), qui se passionne pour tout mais qui n’a jamais le temps de rien. Entre mon job, mes blogs, ma fille à temps complet et ma vie de débauche à temps très partiel.

Bienvenue dans ma vie, en modes off et on LR… (ça commence mal, je parle trop).

Vendredi. Bonne fête, Robert. Comment j’ai tendance à procrastiner.
Réveil difficile si j’en juge mes yeux encore gonflés de sommeil et mes cheveux qui n’en finissent pas de concurrencer ceux de Tina Turner (celles qui ont les cheveux bouclés doivent comprendre). Je ne sais pas ce que je fais la nuit mais ça à l’air intense. Je devrais envisager une psychothérapie par hypnose pour lever le voile sur tout ça. A la place, je prends un mini-petit-déjeuner, un grand café et je m’affale devant mon ordinateur dans l’espoir matinal de rédiger une chronique.

Atteinte de procrastination aiguë, je décide plutôt d’aller faire un tour sur Ladies Room pour prendre ma dose de bonne humeur. Premier rire avec Melle C et son Votre cellulite, vous la prenez avec ou sans vergetures ?

Je bataille contre la pub NivĂ©a qui n’arrĂŞte pas de s’ouvrir dès que je veux cliquer sur le vis ma vie sur LR de Johanna qui vit Ă  Ploucland (3 fois que je tombe sur leur site alors que j’essaie de fermer le pop-up, j’ai le clic trop rapide). Pour en revenir Ă  Lady Johanna, je crois que nous sommes voisines puisque je vis Ă  Beaufcity, le monde du web est si petit finalement.

Jusqu’à ce que mon cher et tendre se rĂ©veille en me disant : “tu ne travailles pas aujourd’hui ?” Si, malgrĂ© les apparences, je dois aller travailler. D’ailleurs, merci de me laisser la salle de bain, je suis en retard ! Je termine quand mĂŞme de lire mes mails. Entre deux super promos de la Redoute et trois suggestions pour agrandir mon pĂ©nis et augmenter mes capacitĂ©s au lit, je lis le communiquĂ© n°99 de Ladies Room dont le titre «Les filles Ă  la page, victimes de crampes aiguĂ«s d’index» me donne une idĂ©e : si je tĂ©lĂ©phonais Ă  mon chef pour lui expliquer ce symptĂ´me et lui dire qu’il m’Ă©tait impossible de travailler aujourd’hui ?

Journée banale. Boulot, boulot, boulot, jusqu’à 16h30 et pas une minute de plus. Je ferme les guillemets de cette semaine pour rentrer guillerette chez moi, et refaire un tour sur Ladies Room, où j’ai très envie de lire l’article de Parenthèse aperçu ce matin. Il me donne du baume au cœur, même s’il me fait penser que mon job et moi sommes en phase de rupture. Il ne me libère plus, il m’emprisonne. Pourquoi je me plains, il y a pire après tout.

Revenons sur une note positive ! Ne pas oublier d’Ă©crire jour après jour ma vie et mes relations ultra-intimes avec Ladies Room. Je me prends soudainement pour la nouvelle Bridget Jones qui aurait arrĂŞtĂ© d’arrĂŞter de fumer, de se peser, aurait un gentil mari et un enfant. Bridget Jones façon petite maison dans la prairie (les tartes aux pommes de Marie Ingalls en moins, faut pas exagĂ©rer non plus).

Samedi. Bonne fĂŞte du travail, Ă  ceux qui en ont. Comment, Ă  dĂ©faut d’emballer, j’ai survĂ©cu Ă  une soirĂ©e «mecs».

Alors que je suis en pleine sĂ©ance de vidage de dressing (traduction : les Ă©tagères sont vides, la chambre et le couloir sont inaccessibles car envahis de vĂŞtements), des amis n’ont pas trouvĂ© mieux que de venir s’inviter pour boire un cafĂ©. J’avais projetĂ© d’emballer toute la journĂ©e et de me dĂ©faire de mes affaires en vue de la brocante de dimanche prochain. Les fins de mois sont serrĂ©es… dès le 5 du mois d’ailleurs.

Après des hauts et des bas d’idĂ©es autour d’un cafĂ©,
c’est dĂ©cidĂ©, ce soir on sort, l’un d’eux a besoin de se changer les idĂ©es. VoilĂ  comment je me suis retrouvĂ©e la seule fille Ă  dĂ®ner avec trois hommes (sans couffin, Mini-moi Ă©tant en compagnie de sa mamie) avant que le 4e nous rejoigne boire un «dernier» verre. Ce dernier verre qui se fait vite remplacer par un autre dernier verre. Normal, parler, ça donne soif.

Les hommes, justement, Mely en parle si bien dans son Au royaume des Ex Chapitre 2. J’attends avec impatience le chapitre 3. Ce soir lĂ , ils avaient envie de parler des femmes, ces extra-terrestres qu’ils ont du mal Ă  comprendre au moment oĂą je vous parle, l’un divorçant, l’autre Ă©tant cĂ©libataire endurci.

Je suis face Ă  un homme meurtri et je ne sais que lui rĂ©pondre n’Ă©tant pas Docteur Es Femmes. Comme il existe des sĂ©rial connards, je ne peux m’empĂŞcher de penser qu’il existe les mĂŞmes en version 85B et qu’ils en ont rencontrĂ© une de trop dans leur vie. Le clou de la soirĂ©e, c’est le gĂ©rant du resto qui s’est mis Ă  dragouiller ouvertement mon cher et tendre. De “t’es cĂ©libataire ?” Ă  “t’as vraiment une bonne bouille”, j’ai assistĂ© Ă  cette scène peu commune. Non, il n’est pas cĂ©libataire, la seule femme Ă  la table c’est la sienne, qui plus est mère de sa fille, et pour couronner le tout il est 100 % hĂ©tĂ©ro. Hein, rassure-moi chĂ©ri-chĂ©ri ? T’es bien hĂ©tĂ©ro ?

Toujours est-il que ce fut plus drĂ´le que glauque, et que les plats sont tellement bons qu’on y retourne jeudi prochain pour le dĂ®ner de service annuel de ma boĂ®te. A dĂ©faut d’avoir trouvĂ© un mec ce soir-lĂ , le gĂ©rant affichera complet jeudi prochain, on ne peut pas tout avoir dans la vie !

Dimanche. Si vous connaissez des Boris, embrassez-les pour moi. Comment j’ai su que je n’avais plus 20 ans.

CouchĂ©e Ă  3 heures. Sommeil trop lĂ©ger. RĂ©veillĂ©e Ă  9 heures. C’est une sieste que je viens de faire, pas une nuit ! Je suis tellement bien rĂ©veillĂ©e que je manque de me vautrer dans l’escalier, je glisse et me raccroche in extrĂ©mis Ă  la rambarde. Et si j’osais la journĂ©e pyjama aujourd’hui ? Genre je ne m’habille pas, je prends ma douche Ă  16 heures, je glandouille toute la journĂ©e en lisant des trucs de filles (comment faire un bĹ“uf bourguignon en 3 leçons) et en mangeant du chocolat.

Ce matin j’ai un peu les cheveux qui poussent Ă  l’intĂ©rieur, le cerveau retournĂ© et des yeux de cocker, mais qu’importe. Je me lance le dĂ©fi de tenir toute la journĂ©e Ă©veillĂ©e, sans faillir, sans faire de sieste et en rĂ©sistant Ă  l’appel de la couette. Soudain, l’effondrement. La crise de rire honteuse. Je suis devant mon PC pour prendre des nouvelles du monde, un onglet sur LibĂ©, l’autre sur Ladies Room. Je dĂ©couvre la blogueuse mode vue par Wannagetafly et j’Ă©clate de rire, seule devant mon Ă©cran.

Lorsque Mini-moi revient, je joue avec elle, je range, on va se balader dehors… Poupées, playmobils, puzzle, dînette, vélo, tout y passe, une activité différente toutes les 5 minutes, pendant que mon cher et tendre ronfle à pleines narines (veinard). Fin de journée, pari réussi. Je n’ai pas fléchi. Je suis contente, j’ai relevé le défi. Résultat : à 20h15 je dors déjà comme une marmotte.

Lundi. JournĂ©e Mondiale de la libertĂ© de la presse. Comment j’ai perdu un bras.

J’ai beau ĂŞtre matinale, j’ai vraiment très mal au bras. Impossible de le bouger. Mais qu’est-ce que j’ai encore fait cette nuit ?! Je me lève, et je le bouscule, il ne se rĂ©veille pas, comme d’habitude. En devant Ă©crire ce vis ma vie, je me rends compte Ă  quel point j’ai des habitudes bien ancrĂ©es le matin. Mon rituel grand cafĂ©-clope-Internet. Peut-ĂŞtre suis-je une cyberdĂ©pendante qui s’ignore. Toujours est-il que je prĂ©fère regarder l’Ă©volution de mon blog rank que celui de mon IMC. (les fluctuations de ce blog rank me rendent nerveuse, mais les mots clĂ©s qui font arriver sur mon site me font souvent sourire, exemples : lettre Ă  mon facteur, oubliĂ© d’être femme, mettre dans votre panier de rencontres, les hommes sont des objets pour moi, etc.).

En arrivant au boulot, je me suis demandĂ© si je ne m’étais pas trompĂ©e de jour. Ça m’arrive parfois, le samedi, quand je me rĂ©veille en sursaut de peur d’arriver en retard au boulot, ne sachant plus quel jour on est, ni si je travaille. Foutue horloge biologique. Ce lundi lĂ  donc, j’ai l’impression d’ĂŞtre dimanche : toutes les lumières sont Ă©teintes, les bureaux fermĂ©s (et le cafĂ© mĂŞme pas lancĂ©).

Puisqu’il n’y a personne, avant de lire les mails du lundi qui fâchent (ceux qu’on vous envoie le vendredi soir tard et qui vous annoncent que vous avez 3 rĂ©unions le lundi) je vais surfer un peu. Et, que lis-je, l’édito de Loou pour un «made in chez moi» ! Dois-je prendre ça comme un signe ? Serait-il temps pour moi de quitter ma petite entreprise et de me lancer dans la grande aventure indĂ©pendante ? Si vous saviez comme ça me tente, mais comme je suis frileuse. Je ferme la fenĂŞtre sur le monde virtuel pour ouvrir une nouvelle page, blanche, Ă  remplir, pour mon job.

Sauf que mon bras droit me fait dĂ©faut. Non, pas mon assistante, je n’en ai pas. Mon vrai bras droit. Je me souviens alors de cette foutue presque chute dans l’escalier. Cherche pas ma vieille, il t’a sauvĂ© d’une chute, mais ton bras ce hĂ©ros souffre et il va te le faire payer toute la semaine Ă  coup de dĂ©charges Ă©lectriques Ă  chaque mouvement. La vengeance du bras vient de sonner.

Fin de journée. Coup de fil à ma sœur pour son anniversaire (c’était important de le dire). Regard rapide sur les promos maillots de bain. Fluctuations de poids obligent, je dois en changer tous les ans. Et la semaine prochaine, nous partons à Marseille, j’aimerais pouvoir me les geler la péter un peu dans un nouveau maillot… Ma journée s’arrêtera sur ce dilemme transcendantal, je suis incapable de faire quoi que ce soit de mieux aujourd’hui.

Mardi. A la saint Sylvain, fais ce que tu veux mais fais-le bien. Comment j’ai failli jouer à la fille qui se la joue.

Réveil brutal à 5h26. Après vérification, je suis bien dans mon lit, à côté de mon cher et tendre qui dort à pleines narines, et non pas dans un vieux coucou qui survole la mer avec des amis dedans qui ne portent pas leurs prénoms usuels. Note pour plus tard : acheter un dictionnaire des rêves.

Une rĂ©union d’Ă©quipe dès le matin, 9 heures, ça vous met en forme pour la journĂ©e (Zzzzzzz). Après un tour de table oĂą chacun liste ses projets (et moi, ma liste de courses dans un coin de mon cahier). Normalement, je devais avoir un truc sympa Ă  vous raconter. J’aurais pu me la jouer aujourd’hui en annonçant : ce soir, j’ai une sĂ©ance photos. Ben non, remballez la marchandise, ce sera pour une autre fois. Phab est malade, sa maison est contaminĂ©e, après sa crise de la quarantaine, monsieur se met en quarantaine, grippe intestinale (ou abus du week-end, l’histoire ne le rĂ©vèle pas encore). Et moi je vais raconter quoi alors ?

L’idĂ©e, c’Ă©tait de faire des photos de sa maison façon grand magazine dĂ©co. Quitte Ă  avoir tout le matĂ©riel sous la main, nous en aurions profitĂ© pour faire des shoots, j’aurais posĂ©, jouĂ© la pouf star sous les projos, fait l’amour Ă  l’objectif, fait… Du calme cocotte, t’emballe pas, de toute façon c’est râpĂ©. Et vu ma tĂŞte du jour cela aurait demandĂ© trop de retouches. Pourtant, cela m’aurait peut-ĂŞtre permis de poster un look sur Ladies Room. Parce que c’est assez frustrant au final d’arriver sur sa page et de lire : aucun look. Oui, c’est pas faux, de lĂ  Ă  me le faire remarquer ! 19h46. A dĂ©faut d’avoir un look, je publie un billet culturel.

Mercredi. Journée mondiale de l’hygiène des mains. Euh… et le reste ? Comment je sais que je suis une mère pour toujours.

Aujourd’hui, j’ai une envie compulsive de faire les boutiques. Normal, j’ai vidĂ© mon dressing dimanche, je n’ai plus rien Ă  me mettre. Vous connaissez sans doute le problème, aussi je vous passe les dĂ©tails. J’aime les fringues, mais je suis aux antipodes de la modasse.

Alors que mon cher et tendre me glisse que «ça ne sert Ă  rien de faire les magasins maintenant, attends les soldes», je lui prĂŞte raison et dĂ©cide de rester chez moi. De toutes façons il pleut et ma dernière aventure shoppinesque avec ma fille s’est soldĂ©e en un Ă©chec : un jeu de cache-cache avec une Mini-moi qui s’amuse dans les cabines d’essayages, qui prend tous les colliers qu’elle trouve des prĂ©sentoirs pour les mettre autour du cou, et qui essaie les chaussures de “grandes”. La honte ? Non, pensez-vous. Les vendeuses sont conciliantes, cette petite est “si mignonne”. J’assume entièrement la responsabilitĂ© d’ĂŞtre une mère.

J’Ă©mets mĂŞme l’idĂ©e grotesque que ma fille pourrait m’aider Ă  emballer les objets inutilement conservĂ©s depuis 33 ans, toujours en vue de cette foutue brocante. Non, je prĂ©fère le faire seule et faire le deuil de mon passĂ© tranquillement. Fin de journĂ©e de mère, je n’ai qu’une envie : me vautrer lamentablement devant une Ă©mission du type Nouvelle star (J’ai honte, je ne sais mĂŞme pas qui est Luce).

Non, ne fais pas ça… Résiste (petite pensée au passage à Cilule, fan de la nouvelle star !).

Jeudi. Vous en connaissez, vous, des Prudence ? Comment je bâcle mon « vis ma vie » en trois temps trois mouvements ;).

- Auto-motivation du jour. Allez bouge-toi les fesses Lilie et va te préparer au lieu de lire.

- Premier mail reçu du jour : Le 100e communiqué de presse de Ladies Room. Pour fêter ça, je m’envoie un café-crème.

- Auto-portrait du jour : Moral dans les genoux et genoux dans les talons.

- Pensée du jour : Je suis remplie de pourquoi. Pourquoi tout et pourquoi rien, mais pourquoi quand même.

- Info du jour : Mon cher et tendre, Ă  la lecture de ma semaine, a l’impression d’ĂŞtre seulement, je cite, «une paire de narines» ! Ce qui, je vous assure n’est pas le cas.

- Satisfaction du jour : Avoir réussi, avec une semaine faite de petits riens et un bras en moins, à remplir grassement les cases vides d’une semaine pour Ladies Room.

- Sortie du jour : Repas d’équipe. Chouette… pour fêter ça, je m’en grille une.

En achevant ce «vis ma vie », je me rends compte qu’il est finalement moins drôle que le journal de Bridget Jones et moins tarte aux pommes que Caroline Ingalls. C’est tout simplement un bout de ma vie avec que du moi dedans, c’est déjà bien. J’ai réussi le pari de rendre ma copie à temps et je me sens comme mise en pâture à toutes les ladies (et les quelques Gentlemen qui traînent ici aussi).

Les mains tremblotantes, le front dĂ©goulinant de perles de sueur et l’estomac nouĂ©, je saute le pas : je clique sur «Envoyer». Advienne que pourra !

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Plipli
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