30 mars 2008. Je fĂŞte mes 25 ans dans la prĂ©cipitation. En effet, je n’aurai eu qu’un seul week-end de transition entre ma formation brestoise et mon stage parisien. J’arrive donc Ă Paris-Montparnasse, dĂ©sargentĂ©e et en ayant oubliĂ© mon portable. Pas moyen de payer l’hĂ´tel en attendant d’ĂŞtre hĂ©bergĂ©e au foyer derrière LA gare.
8 mai 2010. Les derniers cartons sont bouclĂ©s, je m’en vais dĂ©mĂ©nager dans un autre quartier de la capitale plus Ă©loignĂ© de LA gare. Une nouvelle vie s’offre Ă moi. DĂ©sormais, je sais que ma vie de Bretonne Ă Paris n’est pas temporaire, mĂŞme si j’aimerais dans l’absolu reprendre une activitĂ© dans mon pays.
Durant ces deux ans, j’ai vĂ©cu dans ce supplĂ©ment d’âme qu’ont les Bretons Ă Paris : Montparnasse. Quartier d’artistes branchouilles dans les annĂ©es 1930, c’est la première chose que voyaient les nombreux Bretons qui, fuyant la misère, se dirigeaient vers l’Eldorado. De cette pĂ©riode de mini-diaspora qu’ont Ă©tĂ© les deux premiers tiers du XXe siècle (avant le dĂ©veloppement agricole, puis technologique de la Bretagne Ă partir des annĂ©es 1970), Montparnasse s’est imprĂ©gnĂ©e de cet esprit communautaire et paysan spĂ©cifique Ă mon pays.
Certes, les Bretonnes montant Ă la capitale ne sont plus si misĂ©reuses et naĂŻves que leurs prĂ©dĂ©cesseuses, mais il subsiste encore en elles l’envie d’une vie meilleure loin des champs de patates. Je l’ai observĂ© durant ces deux ans passĂ©s au foyer : Paris fait rĂŞver, mais Montparnasse, c’est comme la maison. On y trouve encore de vĂ©ritables crĂŞperies (rue d’Odessa), des binious et autres sonneurs (au Centre culturel de la Bretagne, rue Delambre), on y supporte l’En Avant Guingamp (rue de l’ArrivĂ©e), les magasins du quartier vendent du beurre salĂ© en masse…
Tout cela paraĂ®t un peu folklorique, mais il faut dire que je suis nĂ©e sur une terre à la culture très marquĂ©e. Par consĂ©quent, oĂą que j’aille, mon identité culturelle sera toujours revendiquĂ©e, glorifiĂ©e… Et trouver en “exil” un quartier d’une grande ville qui te rappelle entièrement le pays, c’est exceptionnel. Cela permet une transition plus lente et moins abrupte vers sa nouvelle vie. C’est comme cela que j’ai vĂ©cu ces deux annĂ©es Ă Montparnasse.
DĂ©sormais, je ne verrai  plus quotidiennement Ty Breiz, la rue de l’Armorique, le cinĂ©ma Bretagne, les drapeaux parfois suspendus aux fenĂŞtres, les Bretons de passage qui se paument dans LA gare…
Bref, j’ai l’impression de quitter le pays une deuxième fois. Mais Gilles Servat me rassure. Non, quitter Montparnasse ne sera jamais oublier la Bretagne…
(cc) boliston
posté le 06/05/2010 | 647 vues | 2 commentaires | tags: quartier bretagne demenagement paris
Je fais le chemin inverse! Je pars de Bretagne pour revenir chez moi, Ă Paris. D’oĂą qu’on vienne, il est toujours bon de rentrer chez soi ^^ Et puis si la Bretagne me manque, maintenant je sais oĂą aller :p.
Joli texte!
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