Hier, j’entendais une femme expliquer à une amie qu’elle, “elle travaillait pour se vider la tête”. “Lorsque je suis chez moi, je rumine, je broie du noir, je ne sais pas comment m’occuper” a-t-elle ajouté. J’ai compris plus tard qu’elle était assistante de vie auprès de personnes âgées.
Ces propos m’ont interpellée.
On entend souvent que le travail est un fardeau, une peine, une contrainte. C’est parfois le cas.
Mais pour cette personne, le travail semblait être en quelque sorte une libération. Libération de chez elle, libération de ses pensées…
Il me semble que cette phrase montre bien que le travail, malgré toutes les critiques que l’on puisse lui faire n’est pas seulement un moyen de gagner sa vie, une contrainte mais peut aussi être un moyen de s’épanouir et joue un rôle important dans la construction de son identité.
Pourtant, son métier ne fait pas partie de ceux que l’on qualifie habituellement de faciles, de gratifiants, de bien rémunérés. Mais à écouter cette personne, ce travail lui semblait précieux, utile pour elle (et pour les autres, même si elle n’a pas mis cet argument en premier). A l’heure où le travail est l’objet de nombreuses critiques, où l’organisation du travail est remise en cause, où les risques psycho-sociaux n’ont jamais été aussi importants, où le stress est devenu une cause nationale, il est bon de rappeler que le travail peut être une béquille, un cadre structurant et pas seulement une activité aliénante…
Le travail peut être source de mal-être mais aussi de bien-être (ou du moins de mieux-être). Il revêt une fonction d’identité et de lien social qui, pour certaines personnes, est très importante, voire vitale, au-delà des considérations économiques et financières.
Le travail peut donner le sentiment d’être un simple rouage inutile ou absurde mais il peut aussi permettre de se sentir utile… Sachant que le travail ne se réduit pas à sa forme marchande (travail associatif, bénévole notamment). Qu’en pensez-vous ?
(cc) hessiebell
posté le 27/04/2010 | 1186 vues | 8 commentaires | tags: accomplissement bien-être travail
Comme dit Mely, c’est une façon de s’oublier un peu et de relativiser ses soucis. Je pense que quand on donne aux autres, on a aussi une sorte de récompense humaine, une gratification que l’on n’a pas forcément quand on a boulot plus centré sur soi. C’est le propre du secteur social, les gens de ce milieu sont pour la plupart des passionnés.
Je suis dans cette problématique-là aussi. Et c’est même nécessaire dans mon travail aussi. Tant pour la veille que pour la création graphique, j’ai besoin d’avoir la tête vide pour travailler. Et puis une certaine fatigue émane du travail intellectuel…
Merci à toutes les 3 pour vos commentaires. Je trouve vos remarques très justes. Travailler au contact des autres permet d’oublier ses propres soucis…et peut être très valorisant vis à vis de soi-même. Le travail peut permettre aussi de se “vider” agréablement…(pas très heureux comme expression mais on se comprend !!)
Mais bizarrement, la personne que j’ai entendue ne mettait pas en avant cet élément (être au service de personnes âgées) mais davantage le fait d’avoir un travail, des horaires, un cadre.
Mais probablement que les 2 choses étaient (intimement) liées même si elle ne l’a pas exprimé ainsi.
Un très bel article ! Ça fait du bien de positiver de temps en temps. C’est vrai que parfois on se lève et on se dit que l’on n’a pas envie d’aller travailler simplement parce que c’est devenu la norme de penser ça. Le travail = la barbe… Mais dans le fond ce n’est pas forcément vrai. C’est parfois à force d’être pessimiste à propos de notre travail que celui-ci devient ennuyeux…
“Le travail peut être source de mal-être mais aussi de bien-être” je dirai UN travail en particulier exercé dans des conditions detestables peut etre source de mal etre mais le travail en general c’est vital pour notre equilibre. On a besoin de produire, d’avoir une activité, de mettre en oeuvre ses competences. meme des gens qui font des metiers pas “glamour” ont dans la majorité besoin de cet equilibre, besoin autant de gagner de l’argent que de trouver un sens à leur fonction.
je comprends ta copine. Je me sens indisociable de mon travail. J’arrive tres peu à débrancher…le travail c’est aussi une facon d’exprimer d’autre parties de sa personnalité.
Le travail peut aussi parfois être une sorte de fuite en avant qui nous permet de ne pas se mettre les yeux en face des trous, et là il me semble que cela peut devenir très dangereux…
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ben elle doit être comme moi cette femme, à partir du moment où tu fais un travail dans lequel il faut s’oublier pour penser aux autres, s’occuper d’eux, les écouter, et leur trouver des solutions, tu te sens vide dès que ça s’arrête. Moi j’adore ça, surtout quand j’ai des problèmes, que je suis triste, perturbée, peine de coeur etc… le fait de bosser me permet de retrouver un équilibre, faire du bien aux autres c’est faire se faire du bien…je suis tellement anarchique dans ma tête et dans mes émotions, bosser auprès des jeunes me maintient sur les rails parce que je suis responsable de quelqu’un d’autre que moi.