Article sĂ©lectionnĂ© par Laurie lors de sa semaine de rĂ©dac’ chef !
On se lève fatiguĂ©e mais de bonne humeur. Le soleil est au rendez-vous, et les tempĂ©ratures nous permettent de faire honneur Ă une garde-robe bien remplie. On s’attarde sous la douche, - c’est que nos cernes sont coriaces nom d’une pipe ! - et nous prenons notre temps pour nous habiller.Â
Il faudrait vraiment que l’on fasse le tri dans tout ça, se dit-on, avec une petite pensĂ©e pour la dame qui habite sous le pont Ă cĂ´tĂ© de chez nous. Peut-ĂŞtre serait-elle contente de rĂ©cupĂ©rer deux trois bricoles. On verra demain. On a des courses Ă faire.
Sur le chemin du supermarchĂ©, on passe devant le kiosque Ă journaux. On va acheter Le Monde tiens, et peut-ĂŞtre aussi ce fameux magazine dont une copine nous a parlĂ© la semaine dernière. On passe outre le graphisme douteux et on sourit au vendeur qui annonce le prix compĂ©titif de 1€. Quelle bonne affaire ! “Non merci, pas de sac”. Voyons… on essaye de contribuer Ă sauver la planète. S’Ă©loignant, on prĂ©voit dĂ©jĂ le cafĂ© que l’on prendra plus tard sur une terrasse, lunettes de soleil en place, dans un angle stratĂ©gique en rayons solaires. Ragaillardie par ces achats, on se ballade, ne pensant dĂ©jĂ plus au dĂ©but d’ampoule de nos merveilleuses ballerines non soldĂ©es, mais tant rĂŞvĂ©es. ĂŠtre Ă la pointe de la mode, ça n’a pas de prix.
Passant devant une vitrine multicolore, on s’arrĂŞte. Pas de besoin particulier, mais pourquoi se refuser le spectacle de ces objets si appĂ©tissants ? On discute quelques instants avec la charmante vendeuse. Elle vient de VendĂ©e et est ravie de promouvoir des petits crĂ©ateurs de sa rĂ©gion. Chaque chose est faite Ă la main avec des matĂ©riaux issus du commerce Ă©quitable nous explique-t-elle, passionnĂ©e. Mazette ! Quelle beautĂ© cette paire de boucles d’oreilles ! C’est avec joie et un sentiment d’accomplissement que nous craquons. La modique somme de 30€ pour un bijou original, c’est peu cher payĂ© finalement. C’est mĂŞme assez satisfaisant.
On regrette un instant les perles et attaches qu’on a achetĂ© la semaine prĂ©cĂ©dente, pendant notre crise je-vais-tout-faire-moi-mĂŞme. On a essayĂ© mais vite rĂ©alisĂ© que ça demande prĂ©cisĂ©ment ce qui nous fait dĂ©faut en ce moment : de la patience et du temps. Et puis, il ne s’agit que d’une mode de plus, non ? Glissant les prĂ©cieuses dans notre sac H&M fabriquĂ© au ViĂŞt-Nam, nous secouons tendrement la main vers la commerçante, le regard s’attardant une seconde sur des cartons affublĂ©s d’un made in china en rĂ©serve. Mais au diable la Chine ! Les boucles sont si belles. On se souvient du dicton “vite achetĂ©, vite oubliĂ©” qui correspond parfaitement Ă notre vision des choses Ă cet instant.
Ah tiens, cette terrasse est parfaite. Les restaurateurs ont eu la bonne idĂ©e de sĂ©parer la route du trottoir grâce Ă quelques plantes en pots. Confortablement assise sur notre chaise en paille tressĂ©e, on commande un expresso et un verre d’eau. On sort la presse. D’humeur lĂ©gère, on commence par le magazine bon marchĂ©. Le Monde attendra, les potins ne peuvent pas ! Malicieuse, on feuillète les pages vaguement, tout en Ă©coutant les ralentissements et accĂ©lĂ©rations des voitures. Un serveur cernĂ© nous interrompt pour nous demander de rĂ©gler la note car, nous explique-t-il, il va manger. “Vous ne mangez qu’Ă 16h ?“, s’offusque-t-on. “Mieux vaut manger tard que pas du tout“, nous rĂ©torque-t-il, amusĂ©. RassurĂ©e par cet enthousiasme, nous rĂ©glons notre cafĂ© rubis sur l’ongle. Nous ne laissons pas de pourboire, supposant que le prix plutĂ´t excessif de la consommation le comprend. Finissant tranquillement notre lecture, nos lunettes de luxe sur le nez, nous soupirons de plaisir en nous dĂ©saltĂ©rant de cette eau du robinet fort goĂ»teuse.
Il se fait tard, continuons notre route. Direction : les courses. On se dit que, cette fois, au diable l’avarice ! Allons plutĂ´t lĂ que lĂ -bas, il y a plus de choix. On choisit des choses nouvelles au packaging rutilant, on achète des aliments qu’on a dĂ©jĂ . On hĂ©site pour le fromage, on en achète un peu trop, mais on sourit, c’est tellement bon après tout ! On achète beaucoup de bio aussi, c’est rassurant. On se fie au vert qui fleurit sur les emballages. On fait confiance au marketing. En passant en caisse, on reste digne et souriante. On ne s’attendait pas Ă une telle addition, mais tant pis. C’est chose faite, on ne veut pas embĂŞter la caissière Ă rendre des produits ou retarder les clients derrière nous. On se rĂ©jouit des succulents plats que l’on pourra cuisiner ce soir et on prend le chemin du retour.
C’est lourd, on fatigue vite. Comme on n’arrive pas Ă arrĂŞter de fumer, on s’est inscrite Ă une super salle de sport il y a quelques mois. Malheureusement, on n’a jamais le temps d’y mettre les pieds. Trop de travail.
Une fois rentrĂ©e, on rĂ©alise qu’on a oubliĂ© la litière du chat. Mince alors. Dommage pour Le Monde, mais il y a urgence sanitaire. Un brin déçue mais soulagĂ©e, on range nos petits achats. En ouvrant le frigo, on rĂ©alise qu’on a laissĂ© pourrir les lĂ©gumes du marchĂ© de la semaine dernière. Ils Ă©taient bio, on nous en a vendu les mĂ©rites, mais le temps est passĂ© si vite ! Ah, cette manie de tout acheter en trop grande quantitĂ©… On n’arrive pas Ă s’y faire ! C’est dommage, mais trop tard, on ne va pas se faire du mouron pour si peu. On remplit le frigo ainsi que la poubelle. Étourdie, on se trompe. On a trois poubelles et c’est compliquĂ© Ă gĂ©rer. Pour le recyclage du carton, la prochaine sera la bonne se dit-on, pleine d’espoir. On jette sans regrets notre magazine au graphisme douteux, cette fois-ci au bon endroit. MĂŞme si on hĂ©site un peu : plastique ou papier ? Va pour papier, mais sans conviction. On prend un instant Ă bien enlever les bouchons des briques de lait, comme on a appris la semaine dernière. Et on jette le pot de nutella dans la poubelle normale, on a la flemme de le laver.
La faim se fait sentir. Un peu lasse, on se cuisine des pâtes au ketchup, on commencera la bonne cuisine demain. On pensera Ă inviter Marie et Julie pour leur en mettre plein la vue sur nos talents. Les pauvres sont contre le bio, elles disent que ça coĂ»te trop cher. Ravie Ă l’idĂ©e d’une soirĂ©e sympa, on avale notre plat devant une Ă©mission qui vante les mĂ©rites du rĂ©gime basse calorie. Gloups, on n’y pensait plus. L’Ă©tĂ© approche. On a dĂ©jĂ un bikini parfaitement minuscule et ravissant qui patiente dans notre tiroir. Mais faire un rĂ©gime de plus, ça veut dire gagner quelques vergetures en bonus. C’est qu’on a une peau peu Ă©lastique. Cela dit, il paraĂ®t qu’il existe une nouvelle crème fantastique.
Mais, pourquoi s’en faire ? Demain, on fera tout ce qu’il faut pour faire comme il faut.
(cc)Â Alex Dram
posté le 25/04/2010 | 1699 vues | 9 commentaires | tags: vergeture courses Bio magazine régime | 3 ont aimé
:) J’ai surtout voulu parler de ces petites aberrations et incohĂ©rences du quotidien. C’est une constante chez moi de faire un truc et son contraire la mĂŞme journĂ©e… Un travail de longue haleine est en cours pour palier Ă cette folie douce !
Chose qui est tout Ă fait comprĂ©hensible :) On deviendrait un poil irascible sinon… Enfin pour ma part !
@mistermowax : hĂ©hĂ©, ouĂ©… MĂŞme si ce personnage n’est pas tout Ă fait moi non plus, qu’on se le dise hein… Il y a de moi et il y a de beaucoup d’autres aussi :p
@CecileG : je n’ai qu’un mot Ă dire : prout. (pardon pardon, je sais qu’il faut rester digne maintenant…)
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Big up pour le titre ! :) Ahh les après-midi Ă flâner sous le soleil, Ă prendre des cafĂ© en terrasse, Ă avoir du temps pour soi simplement… tellement de temps qu’on peut en lire Le Monde ! C’est bon !