Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

28. mai 2012

Mot de passe oublié

LilieM

Le XXIe siècle est gĂ©nĂ©rateur de nouvelles addictions, qu’on se le dise. Ce ne sont pas les nombreux magazines traitant du sujet qui nous contrediront. Ainsi voit-on apparaĂ®tre les addictions “comportementales”, aux jeux (en ligne ou Ă  gratter), au sexe, au tĂ©lĂ©phone portable, au shopping, et surtout Ă  Internet.

internet.jpgMoi qui utilise trop souvent Internet pour mon travail, je me suis demandée à quel point je pouvais devenir cyber-dépendante si je vivais uniquement en mode web 2.0.

Le matin, plutôt que d’être réveillée par mon radio-réveil et de faire une overdose matinale de publicité, je clic sur les radios en ligne et peux choisir ma préférée. Un titre me plaît ? J’ai le nom juste sous les yeux, pas besoin de courir partout à la recherche de la chanson inconnue.

A l’heure du petit-déjeuner. Je n’attends plus que facteur me livre mes journaux. Ce facteur, souvent en retard à cause d’un pneu crevé, de bouchons dans le quartier, d’une pause irish-coffee qui s’est éternisée… quand ce n’est pas un retard de quelques jours dû à une grève. Un clic sur les journaux en ligne et hop, j’ai une masse considérable d’informations à portée de souris. Ou mieux ! Je m’abonne à une newsletter et ça tombe automatiquement dans ma messagerie. Plus besoin de boîte aux lettres. Je ne vais plus vers l’information, c’est elle qui vient à moi.

Au déjeuner. Mon frigo est tellement vide qu’il y a de l’écho quand j’ouvre la porte. Pas d’inquiétude. Je peux faire mes courses en ligne, sélectionner mes produits préférés, et même être livrée rapidement.

L’après-midi. Internet va combler mon ennui. Jeux, concours, livres, musique, photos, coloriage… tout y est pour remplir de manière ludique ma journée. A tel point que je ne vois pas les heures passer.

Fin de journée. Mes voisins arrivent à l’improviste. Buvons un apéritif, c’est si convivial. Zut, je n’ai même plus une cacahuète à leur offrir. Le drame est évité grâce au net, avec lequel on peut aussi se faire livrer des apéritifs à domicile.

A la nuit tombée, je lutte pour ne pas m’endormir : je ne veux pas rater mon émission préférée. La fatigue aura pourtant raison de moi. Rien de grave, je peux dormir tranquille, je sais que le lendemain, mon émission sera rediffusée en ligne !

Voilà comment mon quotidien pourrait être rythmé par le web.

Sans compter les aléas de la vie, qui feront que je devrais changer de canapé, renouveler mon dressing, consulter mon compte en banque…

Et les petits bonheurs aussi, faire un don Ă  une association, envoyer une carte virtuelle pour un anniversaire, retrouver des vieux amis d’école, et s’ils ne veulent pas de moi, en rencontrer de nouveaux.

J’irais jusqu’à refaire ma vie avec mon ordinateur !

Pas besoin de m’inscrire sur un site de rencontres, je finirais mes jours avec lui. Lui et moi, bravant les statistiques grimpantes du divorce, dĂ©couvrant le monde, main sur le clavier, yeux dans l’écran. Le bonheur en un “cliquement” de doigts.

Pourtant, j’en viendrai sans doute à consulter le jour où je commencerai à :

- Crier « ah g-mail » au lieu de « Aïe j’ai mal ».

- Chercher à cliquer sur une souris quand je vais retirer de l’argent à la banque.

- Remplacer les « point barre » ou « point à la ligne » par « point com » ; ou encore les « ouais » par des « ouaib ».

- Apprendre l’alphabet aux enfants en commençant par les 3 lettres : www

- Rire avec LOOOL ou des MDR.

- Utiliser des ^^ lorsque les mots me manquent ou grimacer en (O_o).

- Écrire des hyper textes et nouer des hyper liens.

- Chanter « Don’t worry, be mappy » lorsque que quelqu’un cherche son chemin.

- Scruter les étoiles dans l’espoir de faire « un vœu et puis Voila ».

Alors vite, faites quelque chose ! Les recommandations d’usage en matière d’Internet devraient exister au même titre que la prévention pour le tabac :

- L’abus du web est dangereux pour vos relations sociales, surfez avec modération.

- Surfer provoque le déclin de votre vie sociale, vous isole de la vraie vie. Pour vous aider à arrêter, contactez l’addictologue le plus proche.

- Pour votre santé sociale, consultez maximum 5 sites par jour.

- Surfer provoque des besoins compulsifs graves.

Mais au fond, tout cela n’a aucune importance, puisque désormais, il n’y a plus que le mail qui m’aille…

(cc) M i x y

 

Signaler un abus

Envoyer Ă  un ami

Derniers commentaires

 

Haha, surtout d’accord pour “surfer provoque des besoins complusifs graves”. Si je n’Ă©tais pas une geekette, je n’aurais pas Ă  me demander en ce moment mĂŞme si j’ai vraiment besoin de ces baskets liberty…


 

@Laurelas

Et oui, on a désormais tout à portée de main, ou de clic plutôt, alors la tentation est facile, tout est accessible très facilement.

Tu n’avais sans doute pas besoin de ces baskets liberty, mais une envie soudaine suffit :))


Je laisse un commentaire

NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires

Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Zapping

Rose H.
Rose H. a posté un article. (18:17)
Maianna
Maianna a posté un article. (16:55)
zazaofmars
zazaofmars a posté un article. (13:47)
thoubbope
thoubbope a mis Ă  jour son avatar. (17:18)
thoubbope
Bienvenue Ă  thoubbope (17:18)
Previously on LR

Paulette, émancipée ?

J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...

Bref : un phénomène de société ?

Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...

Récit de concert où glam et bière peuvent rimer

Ce jour-là, j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...

Paradigme de la vie et des relations par mon chat

Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...

Ne pars pas

C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...

D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère

Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...

Les Partenaires

Les Amies

Paperblog