Le XXIe siècle est gĂ©nĂ©rateur de nouvelles addictions, qu’on se le dise. Ce ne sont pas les nombreux magazines traitant du sujet qui nous contrediront. Ainsi voit-on apparaĂ®tre les addictions “comportementales”, aux jeux (en ligne ou Ă gratter), au sexe, au tĂ©lĂ©phone portable, au shopping, et surtout Ă Internet.
Moi qui utilise trop souvent Internet pour mon travail, je me suis demandée à quel point je pouvais devenir cyber-dépendante si je vivais uniquement en mode web 2.0.
Le matin, plutôt que d’être réveillée par mon radio-réveil et de faire une overdose matinale de publicité, je clic sur les radios en ligne et peux choisir ma préférée. Un titre me plaît ? J’ai le nom juste sous les yeux, pas besoin de courir partout à la recherche de la chanson inconnue.
A l’heure du petit-déjeuner. Je n’attends plus que facteur me livre mes journaux. Ce facteur, souvent en retard à cause d’un pneu crevé, de bouchons dans le quartier, d’une pause irish-coffee qui s’est éternisée… quand ce n’est pas un retard de quelques jours dû à une grève. Un clic sur les journaux en ligne et hop, j’ai une masse considérable d’informations à portée de souris. Ou mieux ! Je m’abonne à une newsletter et ça tombe automatiquement dans ma messagerie. Plus besoin de boîte aux lettres. Je ne vais plus vers l’information, c’est elle qui vient à moi.
Au déjeuner. Mon frigo est tellement vide qu’il y a de l’écho quand j’ouvre la porte. Pas d’inquiétude. Je peux faire mes courses en ligne, sélectionner mes produits préférés, et même être livrée rapidement.
L’après-midi. Internet va combler mon ennui. Jeux, concours, livres, musique, photos, coloriage… tout y est pour remplir de manière ludique ma journée. A tel point que je ne vois pas les heures passer.
Fin de journée. Mes voisins arrivent à l’improviste. Buvons un apéritif, c’est si convivial. Zut, je n’ai même plus une cacahuète à leur offrir. Le drame est évité grâce au net, avec lequel on peut aussi se faire livrer des apéritifs à domicile.
A la nuit tombée, je lutte pour ne pas m’endormir : je ne veux pas rater mon émission préférée. La fatigue aura pourtant raison de moi. Rien de grave, je peux dormir tranquille, je sais que le lendemain, mon émission sera rediffusée en ligne !
Voilà comment mon quotidien pourrait être rythmé par le web.
Sans compter les aléas de la vie, qui feront que je devrais changer de canapé, renouveler mon dressing, consulter mon compte en banque…
Et les petits bonheurs aussi, faire un don Ă une association, envoyer une carte virtuelle pour un anniversaire, retrouver des vieux amis d’école, et s’ils ne veulent pas de moi, en rencontrer de nouveaux.
J’irais jusqu’à refaire ma vie avec mon ordinateur !
Pas besoin de m’inscrire sur un site de rencontres, je finirais mes jours avec lui. Lui et moi, bravant les statistiques grimpantes du divorce, dĂ©couvrant le monde, main sur le clavier, yeux dans l’écran. Le bonheur en un “cliquement” de doigts.
Pourtant, j’en viendrai sans doute à consulter le jour où je commencerai à  :
- Crier « ah g-mail » au lieu de « Aïe j’ai mal ».
- Chercher à cliquer sur une souris quand je vais retirer de l’argent à la banque.
- Remplacer les « point barre » ou « point à la ligne » par « point com » ; ou encore les « ouais » par des « ouaib ».
- Apprendre l’alphabet aux enfants en commençant par les 3 lettres : www
- Rire avec LOOOL ou des MDR.
- Utiliser des ^^ lorsque les mots me manquent ou grimacer en (O_o).
- Écrire des hyper textes et nouer des hyper liens.
- Chanter « Don’t worry, be mappy » lorsque que quelqu’un cherche son chemin.
- Scruter les étoiles dans l’espoir de faire « un vœu et puis Voila ».
Alors vite, faites quelque chose ! Les recommandations d’usage en matière d’Internet devraient exister au même titre que la prévention pour le tabac :
- L’abus du web est dangereux pour vos relations sociales, surfez avec modération.
- Surfer provoque le déclin de votre vie sociale, vous isole de la vraie vie. Pour vous aider à arrêter, contactez l’addictologue le plus proche.
- Pour votre santé sociale, consultez maximum 5 sites par jour.
- Surfer provoque des besoins compulsifs graves.
Mais au fond, tout cela n’a aucune importance, puisque désormais, il n’y a plus que le mail qui m’aille…
(cc) M i x y
posté le 21/04/2010 | 1505 vues | 2 commentaires | tags: cyberdépendance réseaux sociaux web 2.0 geekette internet | 3 ont aimé
@Laurelas
Et oui, on a désormais tout à portée de main, ou de clic plutôt, alors la tentation est facile, tout est accessible très facilement.
Tu n’avais sans doute pas besoin de ces baskets liberty, mais une envie soudaine suffit :))
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Haha, surtout d’accord pour “surfer provoque des besoins complusifs graves”. Si je n’Ă©tais pas une geekette, je n’aurais pas Ă me demander en ce moment mĂŞme si j’ai vraiment besoin de ces baskets liberty…