[Chaque semaine, dĂ©couvrez les coulisses de Ladies Room oĂą un membre du magazine nous raconte ses coulisses jour par jour, tout au long de la semaine. Pour cette nouvelle Ă©dition, c’est l’espiègle Melle C qui nous raconte son quotidien…]
Bien bien bien. Raconter ma vie ? Euh, bah, euh Ok, mais pour ne rien vous cacher, elle ressemble Ă celle de Bob l’Ă©ponge. Je rĂŞve d’affronter les pirates aux cĂ´tĂ©s de la Team Zissou mais j’habite un ananas. Ce qui fait mon quotidien, ce n’est qu’un truc du genre mĂ©tro-boulot-dodo.
Pourtant la semaine dernière, et ça tombait plutĂ´t bien, j’ai vĂ©cu une aventure extraordinaire : j’ai dĂ©mĂ©nagĂ©.
Jeudi : Comme dernièrement, c’Ă©tait la journĂ©e de la procrastination, je n’ai pas terminĂ© mes cartons. Je m’attèle donc Ă cette tâche ingrate, quand on sonne Ă la porte. “Sarah Connor ? - Non, c’est Ă cĂ´tĂ©.” Un bout de scotch plus tard, on resonne Ă la porte. Qui vient donc encore me dĂ©ranger? “Tiens, la gardienne - Vot’ courrier. - Au fait, je dĂ©mĂ©nage. Et vous non plus vous ne me manquerez pas, tant les portes de prison envient votre amabilitĂ©. Au revoir.” Je ferme la porte. Maudit soit le jour oĂą j’ai refusĂ© de lui donner une Ă©trenne Ă NoĂ«l. La mĂ©crĂ©ante dĂ©chiquetait mes journaux tous les matins. Je file sur la toile me changer les idĂ©es, avec l’ode Ă Avignon de CĂ©cileG. Je ne m’attarde pas, Ă regret. Dans 15 minutes, le camion dĂ©barque et l’alerte rouge est enclenchĂ©e.
Vendredi : Mon appartement est vide. Étrange sensation que celle d’arpenter une pièce remplie de souvenirs maintenant mis en boĂ®tes. Mais trĂŞve de rĂŞveries, place au grand lessivage de dĂ©part. Tout en astiquant certaines zones jusqu’alors inexplorĂ©es de mon appart, je retrouve ma dĂ©licate gardienne Ă la porte. “Oui, alors vos poubelles hein, vous allez les reprendre, un sac par jour et pas deux. J’ai pas que ça Ă faire que de porter vos trucs sur le trottoir.” MĂ©gère de merde me dis-je, tu viens de remonter sept Ă©tages avec ma poubelle. Je rĂ©cupère mon sac de trop, me disant que je te le laisserai devant ta porte en partant. On re-sonne : “Aaaaah bonjour madame ma propriĂ©taire, vous ĂŞtes dĂ©jĂ lĂ pour l’Ă©tat des lieux avec une heure d’avance… haha, non pas de souci, j’avais fini…” Haha. Putain de merde, me dis-je. La demie heure qui suit ne sera pas contĂ©e ici. Tant de connassitĂ©s (si, ça se dit) mĂ©rite un article en bonne et due forme. Un certain Fuck the world today illustre particulièrement ma façon de penser Ă cet instant.
Samedi : Mon corps me fait souffrir mais je me fourvoie en imaginant buller. No glandation Ă l’horizon. DĂ©baller des cartons Ă peine fermĂ©s, c’est comme travailler Ă l’usine. Une histoire sans fin, avec un goĂ»t de frustration dans la bouche. Je peste de tout mon soĂ»l contre ces incompĂ©tents de scientifiques qui n’ont toujours pas inventĂ© la tĂ©lĂ©portation. Je ne suis ni Ma Sorcière Bien AimĂ©e, ni l’autre psychorigide de M6 qui range chez les gens. C’est donc comme tout le monde que je m’y mets : la MORT dans l’âme. Heureusement, on sonne Ă la porte. Tiens tiens, madame “Mr Big“… Contrainte de faire une “pause”, on ouvre les bières et on attaque un fondant au chocolat cuisinĂ© par mes soins. (Dix kilos de beurre, de chocolat, 50 grammes de farine : TAADAAA !) Avant de sombrer, je me rĂ©conforte auprès de Wannagetafly. J’adhère Ă sa virulente critique, mĂŞme si lĂ , maintenant, tout de suite, ça sonne comme le paradis sur terre : sortir habillĂ©e normalement, parler Ă des gens, faire fonctionner mon cerveau pour autre chose que dĂ©couper une planche Ă la scie sauteuse.
Dimanche : J’hĂ©site Ă contacter M6. Peut-ĂŞtre que la brave et charmante dame de l’Ă©mission sur le bordel voudra de moi. Six guronzans plus tard, je n’ai presque pas terminĂ©. J’ai un tic nerveux Ă l’Ĺ“il, je mâche mes joues et ne peux plus aligner trois mots autres que sujet-verbe-complĂ©ment. Il me faut un remontant. Bah ça alors ? Rose H. rĂ©dac’ chef, voilĂ qui est atomique. Je tombe sur le clip d’Erykah Badu, please be my mommy Ă moi aussi ! RemotivĂ©e, je dĂ©balle mes disques (et ouĂ©, chez moi, le tout numĂ©rique, c’est sooo 2009). Ah, la voilĂ ma collec’ de la lady (et pas la GAGA). Chantant comme une saltimbanque sous prozac en cure de xanax, le rangement avance. La suite, on la connait : extinction de voix, lexomil, dodo.
Lundi : Il fait beau. Fantastique ! Ah non, c’est vrai ! Ma vie n’est qu’un enfer bordĂ©lique. Si seulement je savais dans quel carton Ă©tait la corde pour me pendre… Je lis les aventures de Magadit et de son rĂ©gime-qui-cette-fois-c’est-le-bon. Mag’, (tu permets que je t’appelle Mag’ ?), si tu veux perdre des kilos, viens chez moi. Cinq Ă©tages sans ascenseur, la garantie anti-cellulite des cuisses et des mollets. En plus, j’ai pensĂ© Ă la collation/rĂ©compense. Le reste de fondant au chocolat de samedi : une bouchĂ©e suffit Ă l’apport calorique quotidien recommandĂ© par les meilleurs nutritionnistes. Je profite de cet instant culinaire pour donner sa pâtĂ© Ă Steak, mon poisson rouge.
Mardi : Tout en rangeant mes petites culottes par ordre de date d’achat (les vieilles sans Ă©lastiques au fond, les neuves encore colorĂ©es devant), je tombe sur des objets non-identifiĂ©s. Mais ! Qu’est-ce que ? Une Game Boy, des caleçons, des verres Dora l’exploratrice… Je continue de fouiner. Dans la salle de bain, une brosse Ă dents qui touche presque la mienne, une tondeuse et du gel douche “air marin fraicheur musquĂ©e, boisĂ© Ă la virilitĂ© active”. Dans le salon, un pistolet en plastique vert, six consoles et 78 jeux, trois cartons de câbles divers et variĂ©s. Je crois qu’il y a un mec qui habite chez moi. Rose H. a tout prĂ©vu. Qu’est ce que je vais bien pouvoir faire !? Qu’Ă cela ne tienne, allons montrer patte blanche Ă l’ennemi. Mais quel âge a-t-il ? Car si j’en crois emilie_ladiesroom, c’est pas du rigolage, la diffĂ©rence d’âge (ceci Ă©tait une rime sponsorisĂ©e par la fatigue).
Mercredi : Mon appart est beau, il reluit. Chaque chose Ă sa place, une place pour chaque chose. Je me sens super “femme Barbara Gourde”, avec mon petit rideau repassĂ© (et ouais, j’ai mĂŞme repassĂ© mon rideau, deux ans que je n’avais pas touchĂ© un fer Ă repasser les enfants). C’est avec un soupir de nostalgie pour mes quinze ans que je lis le coup de gueule de Nipotine. Fut un temps oĂą moi aussi, j’enfilais du 32 et qu’on me faisait le tour des cuisses avec la main. Ce temps est rĂ©volu, le fondant au chocolat Ă©tant arrivĂ© dans ma vie, et me voilĂ bien rangĂ©e, comme une vieille madame en couple. J’aurais eu la larme Ă l’Ĺ“il si je n’avais pas trouvĂ© ma liste de trucs urgents Ă faire avant il y a deux jours : couper EDF, internet… Fuck the world today AGAIN. Tiens, ça sonne Ă la porte. “Hey, salut ValĂ©rie Damido. Retaper mon appart ? Comment te dire…”
Jeudi : J’ai repris la clope. J’ai tenu le coup quelques mois, mais cette semaine… J’avais besoin d’ajouter une couche de toxine Ă celle qui habite dĂ©sormais mes poumons jolis. Je repense Ă la Nicotine chronique de Geekinside. Une vie de fille Ă la page, c’est triste mais ça pue parfois la clope. J’ai un souvenir Ă©mu de la menthol taxĂ©e Ă Loou lors de mon premier drink… Belle entrĂ©e en matière : “Salut, je suis MelleC. T’as pas une clope ?”. Gentille comme elle est, elle me l’a offerte de bon cĹ“ur. J’avais tenu le petit discours vĂ©hĂ©ment de la nana qui -ne fume qu’en soirĂ©e, -parvient Ă arrĂŞter du jour au lendemain car -je-suis-trop-pas-dĂ©pendante-mon-corps-est-un-temple, -c’est pour ça que, vois-tu, je n’ai pas de clope ce soir… Aujourd’hui, c’est l’heure de vĂ©ritĂ©. Je suis faible, j’aime fumer. Mais la dĂ©pendance, ça a aussi du bon : me voici dĂ©pendante de vous, Ladies… Alors merci pour tout !
VoilĂ voilĂ … Ce sera tout pour cette semaine. Merci Ă tous et Ă toutes d’avoir suivi mes aventures, si vous l’avez fait (c’est que je suis bavarde finalement). Pour tout conseils de faisage de cartons, ou de recettes de fondant au chocolat, n’hĂ©sitez pas un seul instant.
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posté le 09/04/2010 | 978 vues | 8 commentaires | tags: vis ma vie coulisses interview
Wouaouh! Deux rĂ©fĂ©rences rien que pour moi… Je vais rougir… En tout cas, j’adore toujours te lire!
@ Mimi : si tu savais comment s’appellaient les deux copains de Steak… RIP…
@Loou : Merci Ă vous surtout !! :) J’ai pensĂ© Ă toi hier, j’ai vu des broches en forme de nĹ“uds… et je valide fortement l’expression de la porte cochère…
@mimi : Merci il est seul maintenant que son frère et sa sĹ“ur HachĂ© et frite sont au paradis…
@CecileG : mais de rien madame ! au plaisir comme d’hab ‘
merci Mzelle !!! je note l’invit ;-) surtout pour la rĂ©compense choco… parce que mĂŞme si ça marche plutot bien mon truc, y’a des moment ou je mangerais bien ta patĂ© pour Steack histoire de changer un peu …
et puis on a deja 3 addictions en commun si on compte le fondant au chocolat !!! ça se fête !
@Magadit : Effectivement, ça se fĂŞte ! par contre, je dĂ©conseille fortement la pâtĂ© de mon Steakichou, c’est certes diĂ©tĂ©tique, mais peu recommandĂ© par les mĂ©decins anti-poison. M’enfin, c’est une technique de guerre cĂ´tĂ© rĂ©gime cela dit ^^
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Mais dites donc, demoiselle ! Mais j’adore votre photo. je commence Ă comprendre l’histoire de Bob l’Ă©ponge, de la bouĂ©e rouge flamboyante, tout ça.
Non, plus sĂ©rieusement, tout d’abord merci de tant de douceurs et bienvenue dans le clan des filles Ă la page ! (je dis bienvenue alors que bon, soyons honnĂŞte, ça fait dĂ©jĂ un petit moment que tu en fais dĂ©sormais partie).
Pour l’histoire du drink, figure-toi que je m’en souviens encore, comme si c’Ă©tait hier. Un bien bon souvenir oĂą dĂ©jĂ , Ă l’Ă©poque, tu m’avais parlĂ© de cette histoire de dĂ©mĂ©nagement : sois rassurĂ©e, mon tour risque d’arriver et je ne suis pas au bout de mes peines, donc je compatis de manière aussi forte qu’une cuillère d’harissa sur la langue !
A bientôt ma très chère !
PS : une nota bene concernant l’expression “portes de prison”, j’aime Ă©galement Ă dire “aimable comme une porte cochère”. Je trouve cette expression formidable.