En regardant des images de reportages sur les dommages collatĂ©raux de la crise, en voyant les mères de famille de banlieue parisienne exprimer leur peur de l’avenir de leurs enfants, des Iraniens mourir dans la rue, des bourrasques ou des tremblements emporter des maisons, des montĂ©es de parties extrĂ©mistes un peu partout, des cancers, des faillites, des otages, des obèses, des bidonvilles, de la malnutrition, des pĂ©dophiles, du chĂ´mage, de la corruption, des serial killers, de la maltraitance, nous tĂ©lĂ©spectateurs, on a du mal Ă se dire que tout va bien.
Ce soir, j’ai eu du mal Ă ne pas me dire que le monde Ă©tait mĂŞme au bord du gouffre. Peut-ĂŞtre un bien grand mot, une bien grande expression. Toujours est-il qu’en passant un minimum de temps quotidien Ă regarder les actualitĂ©s, il semble qu’il soit arrivĂ© un temps oĂą le rewind va devenir compliquĂ©, et seule une bonne grosse explosion de tous les codes et structures actuels pourra rĂ©gler tout ça.
Comme un château de cartes… non pas un château de cartes, comme un dessin, un cygne en papier, un livre, un film, une dissert’, une charlotte aux fraises, une histoire d’amour : quand on se rend compte que ça a une sale gueule, c’est plus facile de tout recommencer que d’essayer d’arranger ce qu’on a dĂ©jĂ fait.
Mes vues sur la gĂ©opolitique et mes talents sur le commentaire de l’actualitĂ© se rĂ©sumant Ă “Bah moi je dis fuck Ă l’UMP, qu’ils disent pas qu’ils ont pas perdu vu que c’est leurs Ă©lecteurs Ă eux qui se sont abstenus de voter, et, euh, moi je suis pour l’IsraĂ«l, Ă priori”, je renonce Ă faire un tour du monde de ma vision des choses et de l’Ă©quilibre branlant worldwide et je me tente Ă un autre type de thĂ©orie, plus Ă©go-centrĂ©e.
C’est vieux comme tout, notre monde est un repère Ă mĂ©taphores vivantes, Ă Ă©chelle rĂ©duite, c’est drĂ´le de retrouver des mĂ©canismes d’attraction, de gravitĂ©, de reproduction, de cellularisation, de rejet, que ça soit dans l’espace, sur le plancher des vaches ou Ă l’intĂ©rieur de nous.
J’ai l’impression, en regardant cette femme, une poĂŞle Ă frire dans la main, et son enfant, futur victime des conneries des connards que nous sommes, j’ai l’impression que je suis la mĂ©taphore de la planète Terre en 2010. Au bord d’un prĂ©cipice, non, toujours pas. Notre monde n’est pas sur le point de disparaĂ®tre et moi non plus. Mais on peut se servir de cette expression comme d’un point de dĂ©part.
J’ai, moi aussi, des zones de tensions, d’affrontements plus ou moins armĂ©s, s’y opposent im- et -maturitĂ©, action et oisivetĂ©, aucun des deux ne veut cĂ©der le terrain, certaines trĂŞves ont lieu parfois. Mes casques bleus font ce qu’ils peuvent mais ce sont des batailles sans issue, pour qu’un des camps obtienne ce qu’il veut, l’autre doit faire des sacrifices, et ça, c’est impossible.
J’ai moi aussi, une forĂŞt amazonienne, qui perd de la surface parce qu’on y balance chaque jour des bulldozers, on y coupe des arbres et on y dĂ©truit des habitats naturels, on supprime un des plus beaux environnements existants.
J’ai moi aussi, des favelas qui s’Ă©tendent Ă perte de vue, s’y cache mon envie d’Ă©crire, de dessiner, de photographier, de voyager, de lire, d’apprendre, de comprendre, elle se cache bien, parce qu’elle pourrait se faire fusiller, tirer dessus au hasard, facilement dans cet environnement si hostile.
Je suis moi aussi, en rĂ©cession, mon krach boursier a eu lieu en 2004, la dette n’est toujours pas remboursĂ©e et les gouvernements ne se sont pas mis d’accord sur une politique commune, mes bourses sont parfois dans le vert, Ă l’ouverture, Ă la fermeture, les fluctuations du chiffre sont impressionnantes, parfois, elles sont dans le rouge.
Je traverse moi aussi, un passage au second millĂ©naire tumultueux, les nouvelles technologies, les nouveaux moyens de communication enrichissent tant qu’elles ankylosent les mĂ©dia et leurs informations, les discours sont nombreux et contradictoires, dans la presse de mon cerveau, les dĂ©bats politiques sont violents et agitĂ©s, dans mon cĹ“ur.
Je vois naĂ®tre, chaque jour, des nouveaux types de crimes et de criminels, les faits divers s’impriment constamment sur du papier recyclĂ© et l’opinion publique s’offusque, s’horrifie de ces comportements tellement humains.
Je suis, moi aussi, consciente que c’est critique, CNN, BBC, Google, Twitter en remettent une couche et me dĂ©règlent mon objectif. Comme notre monde ne peut pas vivre sans mĂ©dia, sans flux d’informations, je ne peux pas vivre sans auto-analyse. C’est Ă moi de me rappeler du Grand Canyon, des Ă®les du Pacifique, des capitales europĂ©ennes, des aurores borĂ©ales, des cerisiers japonais, de l’odeur de la pluie sur un goudron chauffĂ© par une journĂ©e ensoleillĂ©e, de plein d’autres choses qui restent jolies, quand mĂŞme, qui seraient regrettables si elles disparaissaient.
Je suis consciente, comme d’autres Terriens que si tout ça est en train d’arriver dans le monde, c’est Ă la fois notre faute et pas vraiment notre faute non plus. On a pas créé grand chose mais on arrive Ă en dĂ©truire pas mal. On râle, on manifeste et on châtie.
Peut-ĂŞtre que la suppression de tous les gouvernements, de toutes les frontières et de tous les responsables de cette grandiose dĂ©bandade qu’est notre monde du deuxième millĂ©naire, serait une solution. Peut-ĂŞtre qu’un magistral blackout oĂą j’arrĂŞterais tout et j’oublierais tout, histoire de commencer Ă ĂŞtre autrement, autre part, serait une solution.
Mais c’est pas très drĂ´le, d’imaginer que tout pourrait s’arrĂŞter maintenant, on a tous envie de connaĂ®tre la fin de l’histoire, alors tant que le monde continuera de tourner, c’est qu’il supportera tout ce qui s’y passe et que finalement, ça sera jamais aussi grave que ce qu’on pense.
posté le 28/03/2010 | 299 vues | 1 commentaire | tags: instabilité geopolitique situation les ladies pour 2012 Conscience monde politique | une personne a aimé
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Some kind of unreal music #27 Chroniquer quelques albums que la rédaction de Ladies Room m’a laissé le loisir d’écouter...
Some kind of unreal music #26 Voici donc les 5 sensations du printemps à l’essai. Alors oui, il y a beaucoup d’albums de vieux briscards...
Vente privée Fripesketchup Vous connaissez Fripesketchup ? La marque de vêtements, bijoux et accessoires Vintage...
Le couple, tout un concept. Je ne suis pas douée pour la vie à deux, je crois que ce n'est plus un secret pour vous. Je suis maladroite, chiante, un peu brute et j'en passe... Et il y a quelque chose qui me titille...
Nuits Fauves - le titre de Fauve, me trotte dans la tête depuis que je l'ai découvert. Subjuguée à chaque écoute par la violence, l'urgence de vivre et d'aimer qui émane de ces paroles. Ce titre fait écho au roman...
Du temps où Internet n’existait pas, quand il n’était pas possible de prouver dans la seconde la véracité de certains propos, toute rumeur devenait une information capitale. Les invasions vikings...
Le pire parfois, en catéchisme, ce sont ces laïcs dévoués qui s’offrent à former les enfants aux arcanes de la religion. Je me souviens d’une dame, la trentaine, habillée et coiffée...
Bang, bang ! Après les « Two mothers » indignes, voila les « Two Fathers » torturés. 2011 fut une année bénie : en France, Michaël Fassbender (Shame), Ryan Gosling (Drive)...
Manon a été troublée par ce contact physique inattendu. L’électricité transmise est remontée le long de son dos et n’était pas pour lui déplaire. Mais la morale lui interdit d’imaginer autre chose...
On est tous un univers dans l’Univers et c’est vrai qu’il est parfois difficile de gĂ©rer nos propres crises. Parfois, quand on se penche sur l’Ă©tat du monde, on peut se retrouver submergĂ© par le dĂ©sespoir et avoir envie de baisser les bras avant mĂŞme d’avoir entrepris quoi que ce soit. Pourtant, les choses sont en train de changer. Les consciences s’Ă©veillent peu Ă peu, les gens se rendent compte que ça ne peut pas continuer comme ça.
Quand on s’y intĂ©resse un peu, on se rend compte que des tas de choses se mettent en place tous les jours pour instaurer une nouvelle sociĂ©tĂ© et qu’on peut tous, Ă notre Ă©chelle y contribuer.