Il la voit.
Il la veut.
C’est assez violent, cette émotion dans son ventre.
Assez terrible.
Savoir que c’est elle, comme ça, au premier regard eu premier coup d’oeil.
Une évidence.
Il l’a trouvé.
Et au lieu de se sentir soulagé de voir cette quête se terminer, cette interminable attente et ces désillusions, il est effrayé.
Maintenant qu’il l’a.
Que va t-il en faire.
Il est inquiet, oscille entre la crainte et la frayeur.
Le sol se dérobe et c’est sur elle qu’il voudrait tomber.
Elle est offerte. Sur ce mur.
Si vraie.
Grandeur nature.
Nature morte.
Qui respire et palpite, là , sous le sein.
Cette chevelure qui capte et les regards et le soleil, il veut la flairer la respirer, sentir ce délicieux filet emprisonner sa main.
Y perdre la tête l’esprit et s’y enfouir pour longtemps.
Lui agripper cette masse rousse et la forcer brutalement à le regarder dans les yeux.
Elle est là , au mur, il la découvre sans ses détails il ne l’a jamais vu ainsi.
Onde dansante qui se laisse caresser par cette façade blessante de ciment.
Des bras en mouvement, des bras qui le cherchent.
Il serait capable de lui faire mal de la blesser.
Contraint de l’érafler, en surface, pour mieux la panser après.
Sa peinture à lui.
Il va ajouter du rouge sur le bout de ses seins, sur ses lèvres, aussi.
Son rêve.
La projeter sans limite.
Sa sculpture.
La remodeler sous la contrainte.
Il se rappelle ces papillons aux ailes piquées et ainsi exposées pour l’éternité.
Enfant, il les croyait juste endormis et encore prêts à s’envoler.
Avant de comprendre.
De voir les épingles, ces petits épingles ordinaires à tête ronde.
D’être heurté par tant de cruauté, de bestialité, car il faut piquer les papillonts encore vivants pour préserver leurs couleurs intactes.
Et puis il a enfin compris.
Qu’il fallait parfois en passer par là pour ensuite accéder à un rêve infini.
Choisir son spécimen.
Tenir le papillon par le corps.
Introduire l’épingle au centre du thorax, et l’enfoncer, loin mais pas trop.
Etaler les ailes sans les froisser.
Exercer une légère pression dessus afin qu’elles restent en place.
Laisser sécher en veillant à ce que l’éphèmere ne flétrisse pas.
Admirer.
Admirer.
Admirer encore, et se sentir satisfait su travail bien fait.
Avec elle il ferait pareil.
Les épingles seraient remplacées par des liens.
De la corde, du chanvre, une matière noble et solide et naturelle pour cette fille de feu.
Du nylon serait l’offenser.
Le fer est tentant, mais trop froid, trop mordant… et pas assez peau à peau.
Il a une sincère envie de voir le grain de la peau rosir sous la corde, se compacter, et devenir à vif.
Faire quelques pas en arrière et la regarder s’engourdir.
Quand, enfin, habituée à cette tension vers le haut, il reviendra pour serrer plus encore.
Une main dans le coin de chaque côté du cadre.
Paumes ouvertes.
Il va l’exposer.
Il va l’exploser.
Inutile de la mettre à nu elle l’est déjà .
Mais il veut plus que cela, infiniment plus.
Il veut tout.
Nue et dénuée de toute pudeur.
Il la veut désirée de tous, mais en rester propriétaire.
Elle est belle, ainsi, avec ce mur derrière.
Mais.
Car oui, il y a souvent il y a toujours un mais.
Fond trop délavé, elle se perd dedans.
Un mur c’est urbain.
Un mur c’est friable.
Elle va avoir droit à un écrin.
Pas de velours, trop riche, et puis le vrai trésor c’est elle.
Du lin, noir.
Tissé à la main.
Irrégulier.
Parce que elle est parfaite.
Que cette blancheur de marbre ressorte et éclaire la pièce entière entière, et fasse que tous les mâles la désirent, terriblement, sans même pouvoir l’approcher.
Lui, juste lui.
Des seins mis en valeur par ce tissu tendu.
Jamais vu des seins pareils.
A prendre à pleine mains à manger à mordre.
Y laisser sa trace son empreinte et celle de ses dents.
Deux pays à découvrir.
Deux terres de peau, parcourues de veines à peine bleuies qui courrent sous la peau, et rien que de savoir que là , juste là juste en dessous il y a un coeur prêt à se laisser aller, à presque toucher du doigt, ça lui tord le ventre.
Ca lui éclate le sexe.
Il va déborder d’elle.
Des petits tétons qui parlent qui disent encore, qui s’éveillent et se réveillent au moindre courant d’air.
Des rondeurs fertiles.
Des seins à ensemencer à laisser sa semence.
Il se sent plein de terribles désirs.
Mais pas coupable.
Du tout.
Capable.
De tout.
Il lit le consentement au creux de ses cuisses entrouvertes au regard de tous, il voit l’accord dans cet abandon du corps.
Les hanches tendues.
Vers eux.
Vers lui.
Lui d’abord.
Parce que dorénavant ce sera ainsi, lui d’abord.
Il y a le OUI dans cette langueur installée.
Sa flamboyante aime être ainsi.
Un don, elle se donne mais ce n’est plus suffisant.
Il va avoir mal, vraiment mal en lui de devoir aussi lui lier les chevilles,aussi, mais certaines choses doivent être ainsi.
Ce ne sera pas confortable pour elle, mais depuis quand le confort d’un tableau importe?
L’éclairage, oui, c’est important.
Essentiel.
Mais pas son confort à elle.
Il passe sa main, du bout des doigts, sur cette peau limpide, juste en effleurant, ne pas la toucher et garder cela pour après, l’inciter à s’ouvrir d’elle-même etse cambrer encore plus encore.
Il veut tout.
Plus tard il la fera jouir ainsi.
Ecartée.
Ecartelée.
Il lui fera ensuite boire de l’eau, par petites gorgées, il ouvrira ses lèvres en faisant tinter le verre contre ses dents porcelaines, elle fera sa farouche sa sauvage et tentera de le mordre, il la calmera immédiatement d’un doigts ou deux brusquement introduits en elle.
Elle têtera, apaisée, elle cherchera plus et plus loin dans son ventre blanc, et se calmera comme une belle enfant au creux de la nuit.
Avant de resserer les cordes pour la nuit.
Pourquoi?
Pourquoi tout ça?
Parce que ce serait un CRIME de ne pas le faire.
posté le 27/03/2010 | 282 vues | aucun commentaire | tags: artémisia tableau crime Elle photo
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