Le mois dernier, une irrépressible envie me pousse à aller dire au revoir, à Londres, à une amie anglaise qui part au Pérou…
Voyons… (j’Ă©cris toutes mes pensĂ©es en italique. Eh oui, c’est que ça fuse !) Alors… c’est ma très bonne amie, je ne l’ai pas vue depuis de très très longs mois, elle part pour très très très longtemps, elle doit surement ĂŞtre très très très très triste… aura besoin de rĂ©confort… Oui enfin, j’ai envie d’aller Ă Londres quoi. J’ai envie de boutiques vintage, de muffins, de vrai rock…
OK let’s go. Prix du billet last minute : oups… peux pas vous dire. Je le rĂ©serve comme on gobe sans trop grimacer le chocolat liqueur sur lequel on ne voulait pas tomber et hop ! 15 jours plus tard, me voilĂ Gare du Nord. L’Eurostar, ça me connaĂ®t. L’alliance d’une douce odeur de poussière mĂŞlĂ©e au froid humide de l’air conditionnĂ©, j’adore. Tout ce gris, ce jaune, ce gris/jaune, la moquette… il ne m’en faut pas plus pour me sentir supĂ©rieure. Genre cadre supĂ©rieure.
21h29, arrivĂ©e Ă St Pancras. Je connais le chemin, je me la pète, je fends la foule, je dĂ©gaine mon Oyster card, et une demi-heure plus tard me voici me voilĂ au lieu dit de la soirĂ©e, au fin fond de Brixton. Petit resto lounge sympa, bonne ambiance, soirĂ©e comme je les aime c’est-Ă -dire calme, sans fumĂ©e ni techno, plein d’amis et de quoi bien dĂ®ner. Mais minuit arrive et nous sommes rapidement mis Ă la porte.
Il pleut. C’est atroce. Il fait glacial. C’est pas grave, on est Ă Londres. On va vite rentrer boire un thĂ© devant la cheminĂ©e, non ?
Non.
Ah bah oui, enfin… La soirĂ©e ne fait que commencer… Quelle mĂ©mĂ© je fais!…
Direction the Hutanany. Seul bar ouvert de tout le quartier, et forcément il faut faire la queue pour entrer.
HĂ© ! HĂ© ! on ne va pas attendre dehors sous la pluie pour rentrer dans ce vieux truc miteux hein ? Joie, prenons un bus et rentrons !
Que nenni ! Mes amis, plus motivĂ©s que jamais, dĂ©cident que «Oh-My-God, we HAVE to get inside !» Je prends sur moi, et j’essaie de rester cool, fresh, in… Le vigile nous fouille enfin et oh… “il n’est pas responsable en cas de vol”.
De plus en plus sympa cet endroit, entrons vite…
Et lĂ . Mais alors lĂ comme on dit… Une odeur chaude et humide nous prend Ă la gorge. Une odeur de renfermĂ©, de moisi, de sueur. Tenez, prenez une Ă©ponge, faites la vaisselle, ne rincez pas, laissez sur le bord de l’évier et revenez 15 jours plus tard. Puis plaquez contre votre nez et respirez profondĂ©ment. Ça donnait ça. Vous me direz, forcĂ©ment, 300 rouquin(e)s qui hurlent et sautent tout en buvant des litres de bière… Le tableau est affligeant. Le sol colle sous mes pieds, tout le monde se bouscule, j’ai la nausĂ©e.
Friend : « Tu veux boire quoi ? »
Me : « Quoi ? »
Friend : « TU VEUX BOIRE QUOI ?»
Me : « QUOI ??? » Ya du cidre ? … DU CIDRE ! Bon, bière.
L’odeur, le bruit, la saletĂ©, j’ai des vertiges, et… Oh ! Sweet Lord… Je suis sur le point de dĂ©faillir…
Pitié partons !
Mais non. VoilĂ que nous nous retrouvons en route pour la maison d’Alfie… Alfie c’est un ami de lycĂ©e. Il habite en collocation avec 8 autres personnes. Rien que ça, ça fait frĂ©mir. Nous arrivons chez lui, il est 4 heures du matin, la fĂŞte bat son plein. Son appartement est truffĂ© d’ordures. La moquette bleu ocĂ©an est couverte de miettes, chewing-gum, mĂ©gots, capsules. Le canapĂ© a disparu sous les couples en train de se bĂ©coter, enfin je dis ça pour ĂŞtre polie… Je ne sais pas oĂą m’asseoir, d’ailleurs je ne m’assieds pas. Mais la vraie fĂŞte c’est en bas, dans la « rave cave ». Une Ă©troite pièce au sous sol, « amĂ©nagĂ©e » en lounge, c’est-Ă -dire pourvue d’une table, de deux bancs en bois et surtout jonchĂ©e de câbles Ă©lectriques cĂ´toyant des tuyaux… percĂ©s !
Je suis consternĂ©e. Pour preuve, aujourd’hui quand je regarde les photos, j’y vois partout mon visage dĂ©figurĂ© par l’accablement. On peut y lire :
Je viens de traverser mers et ocĂ©ans pour… ça. Pour me retrouver debout contre ce mur qui s’effrite, Ă 5h du mat’, une fuite d’eau sur la tĂŞte, des toiles d’araignĂ©es dans les cheveux, de la fumĂ©e plein la figure, Ă Ă©couter des gens brailler… Emmenez-moi vite chez Topshop ! Donnez-moi un cupcake ! Que je rentabilise mes 200€ ! Oups ! Je l’ai dit… :-/
(cc) Victor Bezrukov
posté le 24/03/2010 | 748 vues | 3 commentaires | tags: enfer londres week-end | 2 ont aimé
Et dire que j’ai hĂ©sitĂ© entre aller Ă Londres ou Paris ce w-e et que je me suis dĂ©cidĂ©e pour Paris … (comme un regret, enfin non, finalement… ;)
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Ouais mais faire sa maline Ă la Gare du Nord dans l’antichambre Eurostar, arriver Ă Saint Pancras en conquĂ©rante, ça n’a pas de prix !
Pour le reste… il y a EuroCard MasterCard, sans nul doute.