Coeur

Les lutins existent, j’en ai rencontré un dans Paris

Ndlr : Article sélectionné par Rose H pendant sa semaine de rédaction en chef.

En Bretagne, on raconte aux enfants des contes de fées, mais aussi des histoires de lutins, de morganed (petits êtres de la mer) et de korriganed (petits êtres maléfiques de la forêt…). Bref, nous ne vivons pas seuls sur cette terre…

Les lutins existent, j’en ai rencontré un dans ParisEn effet, les légendes qui tournent autour du mythe arthurien parlent de promenades dans les forêts où les errants sont accueillis par de petits êtres peuplant les bois. Certains étaient accueillants (les espèces de fées), d’autres hostiles (les korriganed et autres bugaled an noz dont le but était de faire peur et de lancer des maléfices. Bref, tout pour dissuader les voyageurs de s’aventurer dans la forêt.

Mais moi, je n’ai pas peur des lutins. Car derrière toutes les malédictions et les mises en garde, c’est la peur de ces êtres que leurs secrets soient découverts et que cela mette fin à leur existence. La superstition a en effet la dent dure dans les sociétés christianisées. Il faut faire la chasse au merveilleux, au divin autre que Père, Fils et Esprit… Mais ce n’est pas pour autant que ces êtres sont nocifs pour la société, bien au contraire.

Je considère les lutins de tout acabit comme les gardiens du sanctuaire qu’est la nature. Dans toutes les civilisations primitives, l’imaginaire collectif ne peut concevoir une nature sans âme pour y veiller. Aujourd’hui, alors que la science semble avoir ôté toute notion de superstitieux et de merveilleux dans les sociétés, la nature semble démunie, puisque sans âme. L’avantage que les Anciens tiraient de la croyance aux êtres de la nature était qu’ils se souciaient davantage de leur environnement.

Aujourd’hui donc, chassés de leurs habitats naturels, les lutins se retrouvent dans les environnements urbains. Ils sont malheureux comme les pierres, mais à qui sait s’émouvoir devant leur détresse, ils apportent une certaine dose de magie qui manque cruellement au monde contemporain. Ils ont l’apparence d’enfants, ou de petits êtres sans âge, et leurs yeux pétillent devant la beauté que peut parfois offrir notre monde.

Je viens d’en rencontrer un, malicieux et enfantin. Il a une frimousse à croquer, il paraît tout droit sorti du ventre de sa mère, mais il a la vision sur le monde contemporain d’un homme de son âge supposé. Il me dit avoir 30 ans et vivre dans un F2. Mais je sais que c’est une ruse pour se faire accepter de nous tous.

Ce lutin-là a pourtant un inconvénient, et c’est comme cela que je l’ai repéré : il ne se donne pas à voir, ou de manière épisodique. Il dit avoir des choses à faire – rendez-vous au Pôle Emploi, entretiens d’embauches, championnats de Yu-Gi-Oh… –, mais c’est pour mieux cacher ses vraies activités avec ses semblables.

Il y a plein d’histoires où les mortels tombent amoureux des lutins, des fées et des elfes, et en général, elles se finissent mal. Je suis pourtant prévenue que j’aurai le cœur brisé. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de rêver à la manière dont il me regarde, dont il me tient la main dans la rue… Et puis ses lèvres me donnent bien plus que des baisers : elles m’emmènent dans son monde magique, où les passants dans la rue sourient enfin, où les enfants sont joyeux…

Si vous croisez un lutin dans les rues de Paris, ne vous étonnez pas : imaginez un seul instant qu’il puisse vous emmener là où il vit. Vous regarderez autrement le monde où vous vivez…

(cc) corey olsen

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