Le supposĂ© plus faible niveau des sportives par rapport aux sportifs est un des arguments le plus souvent avancĂ© pour justifier que le sport fĂ©minin est bien peu digne d’intĂ©rĂŞt. J’en avais dĂ©jĂ parlĂ© : elles courent moins vite et frappent mois fort, Ă quoi bon regarder les sportives si c’est pour n’offrir qu’une pâle imitation des hommes ?
Effet “JournĂ©e des femmes”? Le blog MĂ©mosport nous rappelle ainsi ce fameux match qu’on avait appelĂ©, de manière très racoleuse, “La Guerre des Sexes” : En 1973, un tennisman de renom mais nĂ©anmoins macho - Bobby Riggs -, dĂ©fie Billie Jean King sur un court. Elle l’emportera par ses qualitĂ©s techniques. Dans une autre discipline, on avait aussi vu Rusty Kanokogi remporter un tournoi de judo masculin…
Le livre Femmes et Sport (Éditions HĂ©lium), dont m’avait parlĂ© Karine, aborde aussi le sujet et se pose en fait la question de l’attitude Ă adopter par rapport aux hommes, en tant que sportive.
Doit-on, Ă l’instar de Violette Morris, reproduire totalement le modèle masculin en tentant de s’en rapprocher le plus possible ? Violette Morris s’est en effet fait retirer les seins pour pratiquer la conduite automobile.
Doit-on plutĂ´t reconnaĂ®tre que mère Nature nous a quand mĂŞme bien entubĂ©es avec son histoire de masse graisseuse supĂ©rieure* ? Et faire avec, c’est-Ă -dire que l’on adopte une autre conception du sport que celle de la performance “mesurable”. Les exemples de Rusty Kanokogi et de Billie Jean King montrent que la maĂ®trise technique et la tactique, tout comme la gestion du mental, font partie intĂ©grante de la pratique… et n’ont pas de sexe.
Ce n’est Ă©videmment pas le point de vue adoptĂ© par les mĂ©dias, car ce n’est ni celui des sportifs de canapĂ© Ă qui Usain Bolt fait vivre une espèce de toute puissance par procuration, ni celui des acharnĂ©s qui estiment la valeur d’une personne aux chiffres qu’elle produit, que ce soit des chrono ou des dollars.
Mais cette 2e solution aurait le mĂ©rite de rendre le sport fĂ©minin tout aussi intĂ©ressant que son pendant masculin. Un peu comme le pâtĂ© et le saucisson. Ils sont diffĂ©rents mais dĂ©licieux tous les deux. Inutile de chercher qui est le pâtĂ© et qui le saucisson, c’est une comparaison comme ça…
Et cela permettrait également de donner leurs places aux disciplines handisport. Car oui, les Jeux Paralympiques de Vancouver ont commencé hier, et ça ne déchaîne pas vraiment les passions.
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Ce billet est le n°100 de mon tout jeune blog EntrĂ©es en Lice, qui a rĂ©cemment fĂŞtĂ© ses 6 mois d’existence… s’il vous a plu vous pouvez le retrouver ici.
*C’est en raison d’un plus fort taux de masse grasse que le corps d’une femme est gĂ©nĂ©ralement moins puissant et endurant que celui d’un homme Ă entraĂ®nement Ă©gal.
(cc)Â Basil Gloo
posté le 18/03/2010 | 821 vues | 2 commentaires | tags: sportive sport feminisme | une personne a aimé
moi aussi je crois que le sport c’est aussi le dĂ©passement de soi, la cohĂ©sion et le suspense.
et plus ça va, moins c’est ce qui est mis en valeur dans les mĂ©dias donc dans la tĂŞte des gens.
car la performance et le spectaculaire c’est plus facile Ă mesurer et Ă vendre, car plus facile Ă assimiler par les “cerveaux rendus disponibles”…
et les mĂ©dias, contrairement Ă ce qu’on pourrait espĂ©rer, n’ont pas pour but de montrer de nouvelles choses mais pour but d’ĂŞtre regardĂ©s Ă tout prix.
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Sinon, je vois Ă©voquer les jeux paralympiques. Je trouve les performances passionnantes. Mais ce n’est pas avec trente minutes (que je sache) Ă 12h50 jusqu’Ă 13 h 20 - sur une chaĂ®ne que tout le monde n’a pas encore - qu’on dĂ©chaĂ®ne en effet les passions. Et pourtant, c’est spectaculaire.
Dommage. Moi, je croyais que le sport, c’Ă©tait la performance, le spectaculaire, mais surtout le dĂ©passement de soi, de la cohĂ©sion et du suspense.
Il semblerait qu’on prĂ©fère en effet d’autres raisons qui me dĂ©passent, car ces critères prĂ©cĂ©dent on les retrouve quelques soient les Ă©quipes.
Je partage donc totalement le point de vue.
Christelle