8h12, la porte de ma chambre s’ouvre subrepticement : “Maman veut qu’on lui grave un truc, et elle sait pas le faire, et moi non plus je sais pas le faire…” “Gnéééééééééééééééé…”
Je fais semblant de ne pas entendre la complainte de ma jeune sœur de seize ans, visiblement bonne à rien.
8h23, la porte de ma chambre grince Ă nouveau, et mes dents avec : “Rose s’il te plaĂ®t, tu peux venir m’aider Ă graver un truc lĂ , s’il te plaĂ®t, hein ? Tu te lèves ? Tu m’entends ? Je te parle !” “Putain, maman !”
8h30 : je me lève, bon grĂ© mal grĂ©, ces deux va-nu-pieds qui me servent de cellule familiale ont enfin quittĂ© les lieux, je procède Ă l’opĂ©ration tant convoitĂ©e du gravage de DVD. A 8h30 du matin.
9h30 : Je n’aime pas mes chaussettes. Elles ne vont pas du tout avec mon pull. Bon… Tant pis, je pars comme ça. Je vais rater le train de 38 sinon.
10h : Je me suis changĂ©e entièrement. Je suis enfin prĂŞte Ă dĂ©coller. Mais, merde, oĂą est donc passĂ©e ma carte Imagine’R ?
10h30 : J’ai perdu ma carte Imagine’R, et ma carte Ă©tudiant. Merde.
11h30 : J’arrive en marketing, après avoir ratĂ© au moins cinq RER et une heure et demie de cours.
13h : La cafétéria est bondée. Je ne mange pas.
13h30 : Je me rends Ă mon stage, tout le monde est allĂ© manger. J’erre dans le hall froid, en face d’un ascenseur pourri qui fonctionne une fois sur dix.
14h30 : L’Ă©quipe revient. “Ah, mais t’es lĂ , toi, aujourd’hui ?”
15h45 : Merde. J’ai cours Ă 16h.
16h10 : Assise dans l’amphi, j’allume mon ordinateur : plus de batterie. Évidemment, je l’ai oubliĂ©e. Pas de stylo, pas de bloc notes.
16h14 : “Excuse-moi, t’aurais pas une feuille Ă me passer?” “Ouais… Il a dit quoi lĂ le prof? Le nantissement du fonds de commerce ? Mais comment t’Ă©cris nantissement?”
16h18 :Â J’ai une feuille, mais toujours pas de stylo.
16h20 : “Tu veux quoi comme stylo ? Un bic de quelle couleur ? Ah, j’ai pas noir. Bleu non plus. J’ai vert, si tu veux. Et puis c’est un feutre.”
16h23 : Ma copine dĂ©barque, je n’Ă©coute plus rien de ce qui se passe, elle me raconte ses dĂ©boires et je me noie dans ses mĂ©moires.
17h10 : Autour d’un cafĂ©-clope Ă la cafĂ©t’, j’appelle des propriĂ©taires et autres agences puisque je suis Ă la recherche de mon appart’. On me raccroche au nez une première fois. Puis une deuxième. Puis une troisième fois. Je ne devrais peut-ĂŞtre pas commencer par dire que je n’ai pas de garants parentaux…
17h30 : Je dĂ©croche une visite groupĂ©e pour 18h30. GĂ©nial ! J’y cours.
18h20 : Je dĂ©barque en plein quartier de la Goutte d’Or, qui sent bon l’exotisme et… la pisse. Dix personnes attendent dehors. PlutĂ´t que de faire la queue, autant aller jauger le terrain, non ?
19h : Plus personne en face de l’immeuble. Je pĂ©nètre dans l’enceinte de ce dernier, et commence Ă monter les escaliers. Mon ascension est arrĂŞtĂ©e par la foule, au troisième Ă©tage.
19h05 : Déçue, minée, je vais me faire un Starbucks avec ma copine, ayant raté mon TD de droit pour la visite.
20h30 : On dĂ©cide de se faire un McDo, histoire de se remonter le moral avec des nuggets et de la grosse sauce barbecue, parce qu’après tout,”c’est tout ce que j’aime.”
21h40 : Je rejoins la station Péreire, pour y prendre mon RER.
21h42 : L’accès au RER est fermĂ©.
21h44 : J’apprends que la ligne est en travaux Ă partir de 21h30, du lundi au jeudi inclus…
21h46 : La navette mise en place par la RATP passe Ă 23h50.
23h25 : Après avoir changĂ© d’itinĂ©raire, marchĂ© pendant une demi-heure dans le froid, j’arrive enfin en demeure.
23h30 :Â Je n’ai pas Internet chez moi.
23h31 : “Mais je t’avais bien dit que ça allait couper ! Je change de fournisseur d’accès, et puis, de toute façon, t’as Internet sur ton tĂ©lĂ©phone portable, non ?” Mais oui, maman.
23h58 : J’arrive Ă capter le WiFi de mon voisin du quatrième. Je vis au rez-de-chaussĂ©e. Force du signal : très faible Ă connectivitĂ© limitĂ©e.
00h43 : Ça y est, j’ai fini de lire mes messages. Je dois maintenant procĂ©der Ă mon boulot, en fait.
2h25 : Ma journĂ©e semble toucher Ă sa fin. Enfin. Après m’ĂŞtre occupĂ©e de la Cover du Rouge Coco avec Vanessa Paradis et de l’interview accordĂ©e par Tom Ford Ă l’i-D Magazine, je peux enfin rejoindre le pays des rĂŞves. Mais pour combien de temps ?
2h42 : Un bĂ©bĂ© chiale, quelque part, dans l’immeuble. Et ça rĂ©sonne. Longtemps.
3h33 : “Un silence de mort envahit la salle…” A quelle heure je me rĂ©veille, dĂ©jĂ ?
MARDI
7h05 : J’aimerais tellement te dire ce que veut mon cĹ“ur, mais je n’ai plus les mots, oh oh oh… Je vais buter cette connasse de voisine.
Mais je dis oui Ă la vie, je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour :Â c’est reparti pour un tour.
(cc) Darwin Bell
posté le 15/03/2010 | 451 vues | 2 commentaires | tags: Journée reveil fac vie
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