Samedi 13 mars, la salle Pleyel accueillait sur sa prestigieuse scène, le DJ Laurent Garnier. De retour après une tournĂ©e europĂ©enne, le fer de lance de la techno française s’offre une salle comble et un public plutĂ´t euphorique.Â
Ambiance club. Lumières stroboscopiques, flash bleutĂ©s, fumĂ©e douce. L’ombre d’un homme glisse sur scène, derrière sa table de mix. Autour de lui, des cuivres, un piano, un clavier, un set de percussions. Le beat part, le son s’Ă©lève. CrĂ©ation originale au programme et quelques revival.
Deux morceaux plus tard, le public commence Ă avoir chaud. Gigoter dans son siège, c’est pas franchement top, mais on est Ă Pleyel… Bien assis, on se dit que c’est pas extra de balancer ses bras en l’air et d’affoler son bassin. “80% d’entre vous n’ont jamais fait de concert assis, mais ils sont cool Ă Pleyel, vous pouvez vous levez. Les 20% qui restent, qui n’ont jamais fait de concert debout, et bien, c’est le moment…” Les ovations qui suivent prouvent qu’il a raison. “On est Ă Pleyel, les gars, c’est peut-ĂŞtre la dernière fois… C’est bon ça…”.
C’est bon et c’est rare. Si la musique Ă©lectronique se dĂ©mocratise, la salle Pleyel choisit avec soin les artistes qui foulent ses planches. Jouer sur la scène qui a accueilli Miles Davis, Louis Amstrong, Stravinski ou encore Debussy… plutĂ´t pas mal pour un DJ. Mais Laurent Garnier est plus qu’un DJ. Tel un vĂ©ritable chef d’orchestre, il dirige les cuivres. Il parcourt la scène, tel le chef de chantier s’assurant que tout fonctionne. Il observe, remercie sans cesse, sourit. L’homme est heureux, chaleureux. Sa joie dĂ©borde et envahit l’espace.
CĂ´tĂ© salle, c’est assez fou. Il se passe quelque chose. Dans un lieu d’ordinaire si prestigieux, oĂą l’Ă©motion s’installe en position assise, les gens descendent vers la scène. Tout le monde est debout, les genoux contre les strapontins. Les pulls tombent, les hanches bougent, les mains se lèvent. On est presque au Rex Club, QG du compositeur depuis les annĂ©es 90. De vrais “teufeurs” Ă dread cĂ´toient des dames-comme-il-faut du 17ème, qui se dandinent en rythme et tout sourire. Le souvenir est gravĂ©.
Les lumières sont presque agressives, violentes. Mais la douce voix d’Antony Joseph vient apaiser l’ambiance pour un blues Ă©lectronique des plus suaves. Les projections vidĂ©os de la fine Ă©quipe de StĂ©phane Abboud, David Kyung Soo Guionet, Camille Baudelaire et So§Sau attrapent le regard. Des fans hurlent Ă la mort “Flashbaaaaack“, mais après un Crispy Bacon, l’heure est Ă l’innovation. C’est plus ou moins heureux, mais l’euphorie nous a gagnĂ©, on reste debout quand mĂŞme.
Aujourd’hui âgĂ© de 44 ans, Laurent Garnier secoue les tĂŞtes et les corps depuis dĂ©jĂ 20 ans. Issu d’une famille de forains, il tombe rapidement dans le monde de l’Ă©lectro. Après une virĂ©e londonienne, dans les rangs de cĂ©lèbre Hacienda de Manchester, il fonde son label, F Communications en 1994. On lui doit les dĂ©couvertes de Saint Germain ou Mr Ozio… Aujourd’hui artiste reconnu, il peut se targuer d’avoir “fait” Pleyel.
posté le 15/03/2010 | 1241 vues | 2 commentaires | tags: laurent garnier pleyel techno electro concert | une personne a aimé
pareil, j’ai sautĂ© sur l’occasion et c’est vraiment sans regret :) il a fallu se battre un peu pour avoir les places ceci dit, et c’Ă©tait tout sauf pas cher… !! Enfin, ça valait le coup ! Il y a une vidĂ©o sur le site de arte si tu veux http://liveweb.arte.tv/fr/video/Laurent_Garnier_a_la_Salle_Pleyel/
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