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Donne moi ta langue, je te dirai qui tu es !

Le charme du baiser n’est plus à vanter. Ce n’est plus la peine de faire l’apologie du baiser, ni de rendre hommage aux lèvres si douces. Nul besoin de rappeler l’érotisme intense du french kiss, de la pelle de nos contrées profonde, ni de ressasser les risques épidémiologiques à mélanger ainsi nos fluides.

Donne moi ta langue, je te dirai qui tu es !Obsolète également l’ode au plaisir, les alexandrins enfiévrés sur les effets pervers sensuels observés sur une femme bien embrassée… Et oui, femme bien baisée est synonyme de bonheur et félicité, on le sait. Enfin pour « elle » tout du moins, car votre humble servante ici s’excuse, elle n’a point d’expérience en tant que sexe opposé.

Par contre fidèle scripte de nos mœurs libérés, je vous propose une petite expérience, une démarche anthropologique avant tout (what else ?), curiosité naturelle scientifique (of course !), penchant irrépressible pour la condition humaine (really ?), une typologie des baisers les plus… hum… étonnants à défaut d’être excitants, surprenants à défaut d’être envoûtants, amusants à défaut d’être troublants, ceux qui échappent à la règle, une minorité de baisers qui ne nous font pas décoller…

Le baiser Normand
Il est des hommes peu convaincus par l’utilité voire le plaisir d’embrasser, des hommes un peu réfractaires à se mélanger au dessus de la ceinture. Résultat : « ouh l’eau est froide par ici, j’y mets un orteil de langue et je le retire aussitôt. Bon après tout je suis venu pour me baigner autant y aller tout entier. Ah oui mais non car l’eau est froide. Pt’ être ben que oui pt’ être ben que non… » L’hésitation s’éternise monotonement, et l’ennui s’installe inexorablement, car bel ange si t’avances et tu recules, comment veux-tu, comment veux-tu …

Le baiser Hannibal Lecter
Quand goulument rime avec voracement, c’est un rapt de la langue, une tentative d’arrachage en règle, un aspirateur à appendice, point de subtilité dans la domination de la contrée. Veni vidi vici. Le mâle a fait le plein de testostérone à la station Total d’à coté. Il est fort il vous veut, il prend la bouche de sa belle comme son ancêtre prenait plaisir au droit de cuissage : sans considération pour la pucelle. Quand le baiser devient un combat à mort pour récupérer sa bouche, battez vous mesdames, bec et ongles, mais surtout ne criez pas, cela pourrait l’encourager…

Le baiser CNRS
« 2 tours et demi à gauche. 1 demi tour à droite, pause de 10 secondes, et inversement de la chorégraphie. Je compte jusqu’à 10 et je respire. Et hop 2 tours et demi à gauche… » Ah Monsieur est technicien, un énarque peut être ? Pont et Chaussée, chercheur au CRNS ? Certes la technique est irréprochable mais la peur s’installe insidieusement. L’ensemble de la chorégraphie nocturne sera-t-elle minutée, mesurée, chronométrée ? « – Opérateur central à cerveau, opérateur centrale à cerveau ? Check list avant décollage… Main droite sur le sein gauche ? – Checked – Main droite mission tête chercheuse, mais où est ce foutu point G ? – heu… Checked… » Et oui, le baiser CNRS c’est un petit pas pour l’homme… mais une grande claque pour notre féminité.

Le baiser peeling
Trop d’enthousiasme tue l’enthousiasme quand le baiser déborde franchement du cadre pour venir repeindre vos sourcils, jusqu’au nez. Quand le baiser prend des airs de léchouillades de Shar-Peïs, la magie prend le large… Il ne nous reste plus qu’à tenter de canaliser cet enthousiasme vers nos contrées plus aval, ou les traces de peeling seront moins repérables et ou l’énergie du jeune mâle sera tout autant récompensée.

Oh bien sûr la liste des baisers hors normes est ouverte, alors mesdames messieurs à vous de jouer ;-)

(cc) ·Wherethewildthingsare·

3 Responses to “Donne moi ta langue, je te dirai qui tu es !”

  • Mais tu oublies le baiser Edward Cullen dont j’ai été victime il y a de ça un an :
    Tu prends un homme passablement excité par des petits bisous et tendres caresses sur son crâne chauve (mais sexy). Soudain, il se dirige vers ton cou et se met à vouloir trancher ta carotide. Véridique ^^ Outre la douleur sur le moment, tu te demandes le lendemain si tu ne vas pas te traîner une marque violacée très inquiétante et honteuse. Par bonheur, il n’y a aucune trace de morsure, mais tu as mal au cou comme un torticolis pendant une semaine. Quelque galant me fit récemment le coup, je mis mon haro immédiat ^^

  • ah ouaiiiis pas mal ! certains hommes aiment à marquer leurs proies !

    Y’a aussi la pelle du dentiste ou l’homme qui s’acharne joyeusement a compter nos molaires version Oral-B..

  • Très drole et instructif, j’aime bien!

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