Aahhh l’impact marketing d’une couverture aux petits oignons. Si j’en connais un qui pourrait vous en parler mieux que moi, je dois avouer que j’aime aussi les livres pour les objets qu’ils sont et donc pour leur esthétique.
Mort de Bunny Munro, le dernier roman de Nick Cave, chanteur américain connu pour son association avec The Bad Seeds, avec son lapin pelucheux sur la couv’, ne pouvait pas ne pas m’attirer…
Bunny Munro, représentant de produits de beauté au porte-à -porte, avale tous les jours des kilomètres de route dans le sud de l’Angleterre, à la recherche d’une cliente pouvant être plumée et baisée.
Bunny Munro est un séducteur, il vend des crèmes hydratantes comme il descend les culottes des femmes chez qui il frappe, ce qui ne l’empêche pas de retrouver ensuite sa femme et son fils, Bunny Junior. A la suite du suicide de sa femme, la vie de Bunny Munro va basculer. En parallèle de la course meurtrière d’un tueur en série qui sévit dans la région et de son esprit de plus en plus malade, Bunny Munro va entraîner Bunny Junior sur les routes avec lui, dans une espèce de fuite en avant dont la fin semble inéluctable.
Épopée un peu fantastique mettant en lumière la relation père-fils (à la fois entre Bunny et Bunny Junior mais également entre Bunny et son propre père), langue fleurie de Nick Cave et style dynamique voire dynamite, « Mort de Bunny Munro » est un ovni littéraire.
Même si le schéma reste toujours le même (adresse de la cliente, Punto garée, encyclopédie lue par Bunny Junior dans la voiture, cliente baisée, pantalon remonté, Punto repartie), Nick Cave nous transporte dans un Brighton et ses environ aux couleurs crues, aux vies exposées sans fards, à travers les yeux d’un homme qui voit réellement sa vie partir en morceaux et qui n’y peut rien.
Le cul devient machinal, l’échappée devient belle et les accointances de notre héros avec son « avatar » cornu qui trucide des femmes dans la région s’accélèrent pour terminer en apothéose dans une fin de roman dont on ne sait plus vraiment si elle est réelle, fantasmée, imaginée…
Un roman poisseux, vivant, palpitant, un peu effrayant, Ă lire.
« Mort de Bunny Munro », Nick Cave
Paru le 6 Janvier 2010 chez Flammarion
posté le 01/03/2010 | 774 vues | aucun commentaire | tags: nick cave fils cul père bouquin
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