Mardi dernier arrive Ă la rĂ©daction un joli carton rose nous invitant Ă venir dĂ©couvrir A scent, la dernière fragrance Issey Miyake. C’est ainsi que je me suis vue chargĂ©e de ma première grande mission ; une confĂ©rence de presse. Voici donc l’histoire de ma rencontre avec cet «air qui sent bon» au siège d’Issey Miyake.
Le jour J arrive, Ă peine ai-je posĂ© un pied sur la moquette blanche du hall immense, parĂ© d’inox comme on n’en voit que dans les films, que j’ai l’impression de ne pas ĂŞtre tout-Ă -fait « dans l’esprit ». Avec mes cheveux peroxydĂ©s, ma doudoune blanche, ma minijupe en jean et mes baskets grises, j’étais… comment dire… remarquable.
Malgré cette impression de « cherchez l’intrus », je me présente, tête haute, à l’accueil. Après avoir épelé 3 fois L-A-D-I-E-S R-O-O-M et expliqué que, non je n’ai pas de carte de presse, mais que si je vous assure avoir été conviée à cette conférence, je suis finalement priée de me rendre à l’étage, au berceau même de la création du parfum.
L’entrĂ©e du bâtiment, Ă©tourdissante, c’était du pipi de chat comparĂ©e aux locaux mĂŞmes d’Issey Miyake. Ă€ l’étage tout est raffinement, lĂ©gèretĂ©, transparence : les murs, le comptoir, les tables, les tasses, le parfum… J’ose Ă peine avancer mais une fois de plus, je fais mine d’être dans mon Ă©lĂ©ment et je me lance. Au programme, un Power-Point suivi d’un atelier senteur.
Nous les connaissons toutes ces Power-Point ennuyeux qui peuvent rendre le passage d’une mouche aussi captivant que le rĂ©sultat d’une Ă©lection prĂ©sidentielle, mais celui-ci Ă©tait très intĂ©ressant. Ă€ tel point que je vais vous narrer les grandes lignes de l’histoire du parfum. Non ne partez pas ! Je sais ce que vous vous dites, la barbe ! Mais si je commençais par vous dire que NapolĂ©on buvait de l’eau de Cologne, vous changeriez d’avis n’est-ce pas ? ;)
Alors voilĂ , au dĂ©part le parfum c’est une question de fumĂ©e (per fume) et d’huile. C’est quelque chose de solide principalement destinĂ© Ă un usage religieux pour parfumer les statues des Dieux. Puis arrive un grand bouleversement Ă la fin de la Renaissance avec la dĂ©couverte de l’alcool Ă©thylique et d’une nouvelle technique de distillation. Le premier alcoolat Ă©tant la cĂ©lèbre Eau de la Reine de Hongrie. Ă€ cette Ă©poque, le parfum est encore un élixir, un mĂ©dicament très prĂ©cieux que l’on « boit pour ĂŞtre beau de l’intĂ©rieur ». C’est un produit de santĂ©. NapolĂ©on lui-mĂŞme donc en buvait et un rouleau d’élixir Ă©tait toujours glissĂ© dans les bottes des cavaliers. La prochaine fois que vous partez en rando, noubliez pas votre n°5 ! Un petit coup de faiblesse est si vite arrivĂ©…
Puis l’artisanat se transforme en industrie et on commence à créer des eaux pour la toilette (nous sommes encore à l’époque de la toilette sèche rappelez-vous !). On parfume les vêtements et plus particulièrement les gants. Le rouge à lèvres aussi. La femme joue avec le parfum et Chanel l’a bien compris. La maison crée en 1924 une eau de toilette. Le terme eau de parfum arrive beaucoup plus tard, en 70, avec Anaïs-Anaïs, mais il ne reflète pas une évolution dans la fabrication des parfums, cette nouvelle appellation étant juste un tour de passe passe avec la taxation des produits de luxe.
Vous avez vu, j’ai fait plutôt court non ? Venons-en au parfum lui-même. A scent by Issey Miyake c’est, nous disent les attachées de presse, « une odeur aussi belle et simple que celle que l’on respire ». Issey Miyake a d’ailleurs pour habitude de dire que la nature est le plus grand parfum de la vie. Ça met vite dans l’ambiance n’est-ce pas ?
Alors bien sûr c’est toujours extrêmement difficile de raconter un parfum, de décrire ce qui nous plaît chez lui. C’est tellement personnel, l’odeur fait appel à tellement d’autres sens, d’autres souvenirs que chacun y voit ce qu’il a envie de voir. Mais ce qui est certain c’est qu’il sent bon la nature. En effet, là où certains parfums sont sucrés, poudrés, presque collants, A scent c’est le chic, la finesse, la verdeur et le pétillant.
Lors de notre atelier senteur, on nous explique de quoi est fait le jus (si si, le jus :). On y trouve du galbanum qui apporte une note moderne, de la verveine, du jasmin absolu et de l’ambrox. Au premier abord c’est donc une note verte et fraîche qui se dégage mais une fois sur la peau, le jasmin révèle sa personnalité et alors c’est une sensation florale qui se répand. Puis les notes boisées de patchouli et de mousse créent l’alchimie finale et donnent à la féminité une expression plus chaleureuse.
Le flacon, à la fois pure et brut, est « taillé tel un bloc de lumière » dans un morceau de verre. Avec son graphisme épuré, la marque garde son chic emblématique.
Je ressors de cette confĂ©rence comme rafraĂ®chie, plus gracieuse (en mĂŞme temps c’est pas compliquĂ©) et pleine d’énergie. La magie du parfum aurait-elle agit ? La recette alchimique du parfumeur qui veut « offrir Ă la femme une fĂ©minitĂ© plus affirmĂ©e » m’aurait-elle transformĂ©e ?
Un petit conseil pour terminer, lorsque vous essayez un parfum, ne l’achetez pas tout de suite, patientez une heure, voyez comme il change sur votre peau et faîtes votre choix par la suite. En revanche pour A scent, vous pouvez y aller franco, on approuve !
Parfum disponible à partir du 15 avril 2010 dans les points de ventes agréés.
posté le 26/02/2010 | 1628 vues | 1 commentaire | tags: a scent issey miyake parfum | une personne a aimé
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Belles et Rebelles Retrouvez le dernier édito de Laurie pour sa semaine de rédac' chef, une spéciale rébellion !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus...
Bref, programme court ou shortcom, est diffusée sur l’antenne de Canal + depuis septembre 2011. Ce n’est pas la première série de ce genre. Un gars une fille avait aussi eu un grand succès...
Ce jour-là , j'avais mis trois heures à me préparer pour le concert qui m'attendait et j'ai bien fait. Habituée des petits concerts de ma ville, frêle esquif aimant la bière, j'étais encore une fois parée...
Parfois, je me sens proche des idées de Brigitte Bardot. Je ne parle pas de cette obsession pour la choucroute ou l’aigreur haineuse, mais plutôt de la croyance en un monde animal...
C’est sous la pluie battante que je le regarde partir, la nuit tombe doucement ce soir, timidement. Dois-je le rattraper pour lui dire ce que je ressens ou laisser faire la vie qui peut-être le ramènera à moi ? Je n’ai pas le courage...
Travaillant depuis peu dans le domaine du droit, une collègue m'a conseillé de lire le roman d'Autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère afin de mieux appréhender le monde de la jurisprudence...
Je le porte, il est délicieux.