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25. mai 2012

Mot de passe oublié

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A genoux, elle regardait ce petit cheval en bois. Il avait été peint à la main, dans des couleurs pastel agréable à l’œil nu. L’équidé mesurait quelques centimètres tout au plus, sa position initiale devait le rapprocher d’un petit cheval à bascule.

Un autre objet brisé attira son attention, un reste de ce vase dont les morceaux rougeâtres s’étaient enfoncés dans ses paumes lorsqu’elle était tombée. Elle pouvait encore se souvenir du numéro de la teinte du tube d’acrylique, c’était elle qui l’avait conseillé au Peintre.
Ce qu’il y avait d’étrange, c’était que même dans cette posture son cerveau fonctionnait toujours. Curieusement tous les détails de cette soirée lui revinrent en mémoire…

« Lorsqu’elle se présenta devant chez lui, son cœur se mit à tambouriner contre sa poitrine. Cela faisait déjà quelques semaines qu’elle entretenait une conversation avec un client de la papeterie dans laquelle elle travaillait. Ce matin même encore, elle lui avait vendu plusieurs tubes d’acrylique de la même teinte et il s’était enfin décidé à passer à l’acte. Il l’avait invité à diner chez lui et après une longue hésitation, elle avait cédé. Des bruits de pas se firent entendre et la porte s’ouvrit.

Brusquement, son corps se mit à suinter du goudron, elle se sentit étouffée par une bouffée de chaleur inopinée. Il lui avait tendu la main en guise de bonjour et s’était penché sur elle pour lui faire la bise avant de s’écarter pour lui laisser le passage. Lorsqu’elle pénétra dans sa demeure, elle cru se solidifier un instant, l’endroit la mettait particulièrement mal à l’aise. Il se mit à lui faire visiter toutes les pièces de l’appartement, elle le suivait quelque peu rigide et il termina par son atelier.

Elle contempla les nombreuses œuvres aux murs et se demanda un instant s’il ne s’agissait pas d’un faussaire. Les toiles de Kandinsky, Picasso, Klee…Elle s’arrêta devant la toile « Carré blanc sur fond blanc » de Malevitch et observa sa jumelle lorsqu’il l’embrassa sans attendre.

Surprise, elle tenta de le repousser puis se laissa doucement aller. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi il s’était intéressé à elle, pourquoi il la désirait ainsi. Il déboutonna sa chemise, caressa son corps squelettique et pustuleux. Elle se sentit rougir comme une adolescente, l’odeur prononcé de décomposition ne semblait pas le rebuter, au contraire, il continuait gentiment son exploration. Elle sentit brusquement ses doigts glisser dans son vagin dont la sécheresse utérine ne semblait pas le gêner. Doucement, il tenta de lui procurer du plaisir, mais son esprit, toujours en activité, ne voulait pas se laisser aller. Il la renversa sur la table de l’atelier et disparu de son champ de vision. Il commença à la lécher avec vigueur comme le chien de tante Jane avec qui ses expériences sexuelles furent des échecs. Il accéléra son doigté, sa langue s’enfonça plus profondément encore mais elle ne pouvait se résoudre à jouir un seul instant. Une poussée d’eczéma la bloqua lorsqu’il dégrafa les boutons de son pantalon. Elle regarda alors son sexe, perplexe, et se demanda si cette chose pouvait procurer un orgasme. Il la repoussa en arrière et enfonça son engin dans son corps. Etrangement, elle sentit comme des frottements à l’intérieur de son utérus en même temps que son gland gonflait en elle. Lorsqu’elle se mit à gémir, il plaqua sa main sur sa bouche, s’empara de ses bras pour mieux la prendre. Il devint alors plus brutal, plus sec dans ses mouvements et elle se rendit compte qu’elle aimait ça. Au bout de quelques secondes, il la jeta brusquement par terre. Dans sa chute elle emporta quelques objets sur la table qui se brisèrent sur le sol. Sous le choc, elle n’eut pas le reflexe de se relever, elle se contenta de le regarder comme un conne, complètement interloquée. D’un pas déterminé, il s’avança vers elle et écrasa son poing de toutes ses forces sur son visage. Il se mit à la rouer de coups violemment comme si il voulait gâter de plus belle son corps déformé par le temps. Une fois le carrelage coloré d’une teinte acceptable, il s’arrêta.
Il reboutonna son pantalon, lui ordonna de se mettre à genoux et empoigna un objet massif à droite de la toile de Malevitch ».

Combien de temps encore Ă  rester lĂ  ?

Il retira la hache de son crâne avec difficulté et son corps s’affaissa mollement sur le sol. Enfin, il avait trouvé cette toile qui pourrait l’espace d’un instant rassasier son appétit de faussaire…

 

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