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Meu cara Luciamel

Meu cara Luciamel

On m’a dit un jour que le fado était l’âme du Portugal. L’image que j’avais du Portugal, et que je me suis fabriquée lors de mon lointain passage à Lisbonne, est un pays gorgé de soleil et de lumière, où le bleu et le blanc s’entremêlaient pour se rejoindre dans l’océan. Bref, j’avais de ton Portugal une image lumineuse, tendre et joyeuse.

Or j’ai vu de ces femmes du Portugal en noir, comme les vieilles veuves dans les îles bretonnes. Elles ne pleuraient ni ne soupiraient, mais elles chantaient de cette voix qui transperce l’âme et déchire le coeur. J’eus l’impression de méconnaître ce pays qui m’attire autant, sinon plus, que mon Italie rêvée.

Et puis de redécouvrir ta langue dont je ne connaissais la langueur que par la poésie des interprètes ultramarins : Joao Gilberto et toute sa famille, Tom Jobim, Vinicius de Moraes, Jorge Ben… Point de nonchalance dans les paroles de ces femmes, bien au contraire. Plutôt de la mélancolie, des reflets de la rudesse quotidienne et des épanchements de leurs coeurs.

Quelque soupirant m’emmena ce jeudi 18 février 2010 au concert d’Amelia Muge dans le cadre du festival Fados au Théâtre 13. Étant lui-même d’origine portugaise, et étant très timide, il a pensé que la plus belle des présentations serait de me faire partager sa culture musicale. Quelle riche idée, ne trouves-tu pas ?

Nous nous installons au premier rang. La salle est déjà presque pleine. Pour lever nos inhibitions respectives, nous parlons voyages – de quoi un Portugais et une Bretonne peuvent-ils parler d’autre, instinctivement ? – avant le lever de rideau.

Amelia Muge s’avance alors dans la pénombre. Telle une ombre errante, elle déambule sur la scène, sous les regards – celui du pianiste, concentré, celui de la violoncelliste, presque énamouré. Sa voix raconte des histoires dont je ne connais le sens, mais dont je perçois la profondeur. J’ai l’impression de m’envoler.

Entre références à son Mozambique natal et descriptions sensibles de son Portugal, Amelia Muge mélange les genres. Elle est à la fois sur la scène, sur la montagne et au bord de l’océan. Elle est à la fois enfant espiègle et joueuse et vieille dame qui raconte ses souvenirs. Elle est à la fois lyrique et conteuse du quotidien.

Même si je surpris pendant le spectable mon soupirant chanter, il me raconte qu’il est désarçonné. Tant de mélanges l’ont quelque peu décontenancé quand il s’attendait à entendre son fado, son âme, la musique pour laquelle son coeur respire. Mais cela le fait rebondir sur la découverte de ma culture bretonne. Ce en quoi je lui promis de l’inviter à un prochain fest-deiz à la Mission Bretonne.

Luciamel, décidément, que ta culture est belle. Que j’aimerais à découvrir davantage d’où tu viens. Et je remercie grandement ce soupirant de m’avoir fait entrevoir cette richesse… Un bon parti, je crois, non ?

2 Responses to “Meu cara Luciamel”

  • oh, quel joli cadeau que ton article (il faudrait écrire “minha cara Luciamel”, mais c’est très mignon comme ça). Le fado, ah, fais attention, car c’est une vraie drogue ! et ton prétendant me semble un excellent parti. Je ne connais pas Amélia Muge (je ferai un petit tour sur youtube demain, là c’est l’heure du dodo), j’avais vu quelques affiches je crois. J’espère que tu vas bien, et que les Ladies sont toujours aussi radieuses, je vous ai un peu lâchées ces derniers temps, et n’ai pu aller à la soirée pour dire au-revoir à Barb’. En plus mon ordi m’avait lâchée juste à ce moment-là, et je n’ai même pas pu lui écrire un mot… Beijinhos et à bientôt.

  • C’est juste que c’est un loup… Il est un petit peu complexé par son physique… Quel dommage, il a l’air tellement charmant…

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