Parmi mes histoires d’ex à dormir debout, deux d’entre elles méritent tout particulièrement d’être racontées. Le nom des protagonistes de ces 2 histoires ont bien sûr été modifiés pour éviter que l’envie ne leur prennent d’en tirer une quelconque gloire. Oui, parce que les goujats sont généralement très fiers de leur goujaterie. Aucune honte, aucun remord ne viennent jamais s’immiscer dans leurs esprits salaces et détraqués, bien au contraire…
Un jour du mois de mars, 5h du mat, à Rennes, je suis avec mon Boy Friend de l’époque, lascivement allongée dans mon petit lit douillet, nue comme un vers. Nous papotons de tout et de rien, de la vie, des gens, de nos études, etc. Boy Friend donne des cours dans une université voisine à des élèves qui ont 5 ans de plus que lui et j’avoue que cela me chiffonne un peu, d’autant plus que toutes ses élèves sont des filles. Je lui demande donc si cela ne lui paraît jamais étrange comme situation et surtout, si ça lui est déjà arrivé de les voir autrement que comme des élèves… Normal comme question, non ?
Pas pour Boy Friend, apparemment. Il s’est levé d’un bond, est sorti précipitamment du lit et s’est rhabillé en me criant que j’étais « folle de penser à des trucs pareils », « mais pour qui je le prenais », « il était professionnel, Boy Friend, qu’est-ce que je croyais », il était « déçu que je puisse penser une chose pareille », bla bla bla bla. Moi, pantoise, je l’écoutais, assise dans le lit, bouche bée et les yeux écarquillés, persuadée que ça allait lui passer. C’était tellement dingue comme réaction, tellement démesuré, ça ne pouvait que lui passer !
Eh bien pas du tout. Une fois rhabillé, Boy Friend est tout simplement parti en claquant la porte ! Je me suis donc enfin décidée à réagir, j’ai enfilé mon manteau qui trainait sur une chaise, et je l’ai suivi dans l’escalier. Pas de chance, lorsque je suis arrivée dans la rue, Boy Friend était déjà monté dans sa voiture et s’éloignait à vive allure.
C’est à ce moment là que, déjà bien choquée par tous ces évènements, j’ai réalisé que j’avais oublié les clés et le pass de l’immeuble. Bien sûr, je n’avais pas non plus de téléphone et j’étais donc coincée dehors, vêtue d’un simple manteau, pieds nus, dans la rue, à 5h du mat, en plein hiver, à Rennes…
Après réflexion, j’ai calculé que mes seules options étaient 1. De sonner chez les voisins 2. De me rendre chez un ex qui habitait quelques immeubles plus loin, mais je me suis dit que sa nouvelle copine n’apprécierait sûrement pas de me voir débarquer presqu’à poil en pleine nuit 3. D’attendre un miracle en regardant mes doigts de pieds bleuir.
Étrangement, j’ai choisi la 3ème solution et le miracle s’est produit quelques minutes plus tard, sous la forme de mon voisin bourré et de toute sa bande de potes tout aussi amochés qui rentraient se faire un after à la maison. Je vous passe le détail des blagues graveleuses et des propositions indécentes auxquelles j’ai eu droit avant de pouvoir rentrer chez moi…
Après cela, je n’ai plus jamais revu Boy Friend et je n’ai plus jamais regardé mon voisin dans les yeux.
Quelques années plus tard, je vis à Paris et mon Boy Friend de l’époque est une espèce de danseur-chorégraphe anglais, mégalo, narcissique et absolument impossible à vivre, mais que voulez-vous, je suis amoureuse. Boy Friend est toujours par monts et par vaux pour le boulot (que je crois). Londres, New York, Lisbonne et Paris, où il loge chez moi, dans mon petit studio, depuis plus de 6 mois.
Un jour, Boy Friend m’appelle de Londres, apparemment effondré et au bout du rouleau. Je le cajole, je le rassure et lui demande avec amour et tendresse ce qui lui arrive. Boy Friend me répond qu’il ne peut pas m’en parler parce qu’il me perdrait. Aïe. Ça commence mal. Je commence donc à être nettement moins gentille et lui explique qu’à ce stade de la conversation, c’est s’il ne me dit rien qu’il risque de me perdre.
Boy Friend hésite, tourne autour du pot, essaie de changer de sujet, j’insiste, je le recadre, nous nous énervons tous les deux et au bout d’une demi-heure de tergiversation, il finit par me lâcher le morceau : ça fait 6 mois qu’il se tape une autre nana ! Après enquête (merci Facebook et Myspace), j’ai réussi à savoir qu’elle habitait Lisbonne, avait 10 ans de plus que lui (donc 20 de plus que moi) et gagnait sa vie en sculptant des trucs absolument hideux (si si, je vous jure, je suis totalement objective, un épouvantail géant de 12 mètres de haut, armé d’un phallus d’un mètre de long en branchage, c’est hideux, vraiment…).
Là , je tombe des nues, je dégringole de mon petit nuage et je me fais très très mal au cœur en m’écrasant par terre. Sous l’effet de la colère, toutes les insultes y passent, je le déteste, je le hais et je le lui signifie très explicitement. Mais comment a t-il osé me faire un truc pareil ? Me tromper pendant 6 mois, avec une vieille pas belle et sans talent qui plus est, tout en squattant chez moi ! Je me sens humiliée, conne, naïve, etc.
Et c’est à ce moment-là qu’il me sort cette phrase mémorable et ubuesque, tout droit sortie d’un cerveau forcément dérangé : « Mais, Darling, je ne t’en ai pas parlé parce que pour moi, vous n’avez rien à voir l’une avec l’autre ! ». No Comment…
(cc) Niffty..
posté le 20/02/2010 | 821 vues | 10 commentaires | tags: break up tromperie bad romance hommes
Encore une fois, dans les 2 cas, nous assistons à une belle démonstration de lacheté masculine dans touuuute sa splendeur. Un mot, un seul: pathétique.
C’est tellement mĂ©prisable et sordide que ça en devient presque drĂ´le. Il faut pas croire, les hommes sont drĂ´les hein. Souvent malgrĂ© eux !
Big up aux voisins !
Deux bons exemples de “Serial Connard”, selon l’expression en vigueur. Ca donne envie de se transformer en serial biatch. ^^
Eh oui, on a toutes eu notre lot de Serial connard, mais cet article se veut ĂŞtre drĂ´le, hein, parce que bon, ok, sur le coup, j’ai pas trop rigolĂ©, mais avec le recul qu’est-ce que ça me fait rire! Et en plus, ça m’a effectivement donnĂ© le droit d’ĂŞtre (parfois) une serial biatch! C’est pas bien mais ça soulage…
la première sortie est quand même nettement plus rigolote que la seconde!
Aie. Tu m’Ă©tonnes que je lorgne du cĂ´tĂ© des filles.
@Rose H. : Naaaaaaaaaaaaan !!! loool
@Cecile-N : Et si elle avait eu du talent ça aurait été moinssss pire? ;o)
@Rose H : non mais en fait, y’en a des biens… ils sont rares mais ils existent bel et bien!
@misterwomax : en fait, ça aurait probablement Ă©tĂ© pire…
Merci pour cet article ! On se sent moins seule dans le genre “humiliĂ©e, conne, naĂŻve, etc” … En trouvant la force d’en rire, je tire mon chapeau :)
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