On vit tous un jour un moment de honte mĂ©morable. Cet instant T gravĂ© Ă jamais dans les annales de notre amour-propre. Celui qui empourpre nos joues, nous fait trembler la culotte, et nous mouille les mains (et non l’inverse). Je n’ai jamais mangĂ© les croquettes de mon chat par inadvertance, ne suis jamais sortie des toilettes avec la jupe coincĂ©e dans le collant, n’ai jamais Ă©tĂ© surprise par ma mère occupĂ©e avec mon vibro. Je n’ai jamais vomi en boite, et n’ai jamais vu dĂ©barquer les anglais Ă la piscine. Ma petite honte cachĂ©e, c’est Ă cause d’un mec que je l’ai vĂ©cue. Un jour de Saint Valentin.
Alors oui, on peut dire ce qu’on veut : c’est une fĂŞte commerciale, c’est cucul, c’est ringard, rĂ©servĂ© aux dĂ©sespĂ©rĂ©s qui veulent sauver leur couple… A l’Ă©poque, je voyais plutĂ´t cette soirĂ©e comme l’occasion de pimenter le quotidien plan-plan de mon couple. Et par la mĂŞme occasion, me la jouer Greta Garbo le temps d’une nuit. Car “soirĂ©e des amoureux”, rime aussi avec “sexe extra-formidable”. Je suis du genre “verre Ă moitiĂ© plein”.
J’ai donc dĂ©cidĂ© de sortir le Grand Jeu. Moi qui suis d’ordinaire la nana jean-basquet-no-make-up, je me suis transformĂ©e en femme fatale, option bombe atomique. Talons, brushing, bas, portes-jarretelles, rouge Ă lèvres, lingerie coquine… et imper (Niveau de glamour : + 20). Basic instinct’s style. Miaou. Veuillez noter que la Saint Valentin tombe en fĂ©vrier. Il faisait donc froid. J’ai naturellement nouĂ© un foulard de soie autour de mon cou (Niveau Glamour : + 5), et suis allĂ©e prendre le mĂ©tro (Niveau glamour : - 5).
Pendant mon trajet, je me fais un super film dans lequel les mecs que je croise devinent plus ou moins que je ne porte pas grand chose (Niveau Glamour : + 10). C’est hyper stimulant. Je me sens très fĂ©minine et supra sexy, un peu effrayĂ©e certes, mais c’est bon. Je n’ai pas l’habitude des talons, j’avance doucement mais j’ai envie de courir. J’ai un sourire niais collĂ© sur la tronche. Je suis, il faut bien le dire, tout excitĂ©e.
J’arrive (enfin) Ă destination. Je toque Ă la porte. LĂ , j’ai le palpitant d’une pucelle qui enlève sa culotte pour la première fois. Il n’est au courant de rien, oulala, comme je suis coquine… Pas de rĂ©ponse, je retoque. Monsieur doit ĂŞtre au toilettes. (Niveau Glamour - 3). Le palpitant ne dĂ©palpite pas pour autant. DĂ©jĂ mal aux pieds, mais ouf ! l’adrĂ©naline a annihilĂ© mon système nerveux. Exception faite de certaines zones clĂ©s. Oh mon dieu, ma culotte me tient trop chaud, j’ai hâte qu’il ouvre la porte.
Il ouvre la porte. Jogging pourri, odeur de sueur, cheveux crades, regard bovin, cannette de coca à la main, t-shirt dégueu avec un bonus auréoles (Niveau Glamour : - 157).
OK. PassĂ©e la petite dĂ©ception, je me ressaisis. Je suis lĂ pour lui faire oublier son prĂ©nom. J’enchaĂ®ne : l’ouverture de l’imper ! Car oui, Ă ce moment, il ne sait pas encore… Ouh comme je suis coquine ! (Niveau Glamour : + 4 > via ma force mentale hors du commun)
J’ouvre l’imper. TIN TIN ! Sourire coquin, Ĺ“illades de biches, miaulement (mental). La totale de celle qui rĂ©clame son dĂ» sur le champs (Niveau Glamour: + 157).
Pas de rĂ©action. Le regard bovin est toujours en place mais avec un soupçon d’incomprĂ©hension. “Euh, tu vas en soirĂ©e ? T’as pas froid comme ça?” (Niveau Glamour : 6 pieds sous terre).
C’est Ă ce moment que le verdict est tombĂ©. Je sors avec un mec dĂ©bile qui ne m’aime plus ou qui a une façon très spĂ©ciale de le montrer… Je range illico presto l’artillerie et cours me saouler avec mes copines cĂ©libataires. Ce qui au final, m’a permis de passer l’une des meilleures soirĂ©es de ma vie et de me dĂ©barrasser d’un gros naze.
Depuis, chez moi la Saint Valentin, c’est Guitar Hero, pizza, bière et sexe (si j’ai de la chance). La perfection somme toute.
(cc) Rubyran
posté le 12/02/2010 | 767 vues | 10 commentaires | tags: imper loose honte lingerie saint-valentin
Aaaaaah… C’est pour cette raison aussi que je me suis toujours arrangĂ©e pour ĂŞtre cĂ©libataire Ă la Saint-Valentin ^^ Moi, ma plus belle Saint-Valentin, c’Ă©tait en 2009, quand mon petit cousin de 3ans, dont je suis la marraine, qui est beau comme un coeur et que je pourrais Ă©lever comme mon fils, a couru vers moi et m’a fait un gros câlin en criant “NĂ©nèèèèèèèèèèèèèèèèèène !” (diminutif de Marraine dans la famille). Ça vaut toutes les dĂ©clarations d’amour du monde.
@Storia > oui du coup, c’est cĂ©libataire que j’ai terminĂ© ma soirĂ©e… Maintenant, c’est casual je te dis, pas de surprises, je ne vais pas non plus larguĂ© mon mec pour cause de saint valentin mais, on y va gentil quoi. ^^
Qu’ai-je fait cette annĂ©e pour la St-Valentin ? J’ai dansĂ© l’an-dro et la Gavotte d’honneur avec Frère Tuck, moi dĂ©guisĂ©e en Minnie, et le soir, j’ai eu une nuit d’amour toute simple avec un galant…
@ Storia > pas mieux !!
@ Aud > n’est-il pas ?! lĂ , je rĂŞve que le dieu de l’internet lui envoie anonymement le lien vers mon article… Ah ! mais suis-je bĂŞte, du fond du trou malĂ©fique oĂą sombrent les sombres connards, y a pas internet. :)
@bakeneko > oui bien entendu ! J’avais quand mĂŞme besoin d’entendre que je n’Ă©tais pas une pauvre chose hideuse et non dĂ©sirable… hors de question de rentrer chez moi pleurer mais habillĂ©e correctement ! Valait mieux rigoler Ă poil ^^
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Oh oh oh ! Comme c’est beau ! Enfin pardon, sĂ»rement pas le genre de rĂ©action attendue, mais quand mĂŞme :)
“Le regard bovin”. C’est magnifique !
Niveau humour + 200 !