Début des années 70, Pennsylvanie. Susie Salmon est une adolescente de 14 ans au regard bleu perçant. Entre ses cours, sa passion naissante pour la photo et la fabrication de voiliers miniatures avec son père, Susie mène une existence tranquille et heureuse.
Un soir, Ray Singh, le garçon de terminale dont elle est amoureuse lui donne enfin un rendez vous. Mais Susie ne le rejoindra pas ce jour là . Comme elle ne rentrera pas non plus chez elle ce soir là . Sur l’immense terrain en friche qu’elle traverse en sortant de cours, elle rencontre son voisin, M. Harvey. Il l’invite alors à découvrir le lieu sous terre qu’il a construit pour les jeunes du quartier… Susie réussit à s’échapper de ce trou mais alors tout lui semble irréel.
Les rues, les maisons, les gens dont elle entend les voix mais ne perçoit pas les corps. Les scènes qui se succèdent sans qu’elle ne comprenne où elle est jusqu’à découvrir M. Harvey dans un univers spécial. Autour de lui, des habits plein de terre. Des chaussures boueuses. Une lame sur un lavabo. Et des tâches de sang. Susie comprend tout à coup. Elle n’est jamais ressortie en courant à en perdre haleine à travers champs. Quelque chose a changé irrémédiablement. Susie a été assassinée par M. Harvey et commence alors l’enquête sur sa disparition.
Le film mélange les genres. Thriller. Le ton est donné dès le début du film. Les images entrecoupées de la fin de journée de Susie et celles de la préparation du lieu de son meurtre distillent l’attente désagréable de ce qui va se produire. L’atmosphère du film est faite d’attente, d’intrigues et de soupçons. L’enquête est laissée par la police puis reprise par des proches de Susie, déterminés à comprendre ce qui s’est passé. Une tension latente s’installe alors et laisse place à un drame familial. Ou comment une famille se reconstruit après un tel évènement ? Certains préfèrent ne plus penser au meurtre de Susie jamais totalement élucidé. D’autres au contraire n’arrivent pas à oublier et décident de mener seuls l’enquête.
Mais dans ce drame familial, il y a aussi de la gaîté et quelques scènes légères, apportées en particulier par l’intervention d’une grand-mère pas banale. A aucun moment on ne plonge dans le mélo drame. Les personnages font des choix de vie pour avancer. Chacun tente de s’en sortir à sa manière. De là haut, Susie veille. Son univers à elle est la touche fantastique du film. Susie se retrouve alors coincée entre deux mondes et n’est pas prête à partir définitivement. Des paysages idylliques, des arbres taillés dans de drôles de formes, des montagnes glacées perchées au loin, des plages qui s’étendent à l’infini et des couleurs lumineuses.
Quelques jolis effets spéciaux. De son monde, Susie voit ses proches et évolue parmi eux. Elle les guide par petites touches pour qu’ils comprennent enfin ce qui est arrivé. Outre son univers, le personnage contribue à l’aspect fantastique du film. Ruth Connors, la fille troublante aux yeux clairs, que les gens du lycée trouvent « bizarre ». La fille qui sent la présence des morts parmi les vivants. Ruth Connors sentira la présence de Susie alors qu’elle meure et devinera peu à peu ce qui est lui arrivé.
Lovely Bones ou la « jolie ossature ». Ce qui se tisse entre les gens après la perte d’un être cher. Les liens, les histoires, la vie qui continue. L’adolescente finit par accepter son sort. Peu à peu le spectateur accepte lui aussi l’idée que la vérité de la mort de Susie n’éclate pas au grand jour. Et c’est là une des originalités de cette histoire. Le plus important pour Susie finalement est que ses proches arrivent à surmonter sa disparition.
Le film risque de froisser ceux qui n’aiment pas le mélange des genres, bien qu’il soit étonnement réussi. Lovely Bones est une intrigue policière qui tourne au drame familial dont la touche fantastique vient ébranler l’aspect réaliste de l’histoire. Ceux qui veulent un pur thriller seront déçus.
Tout de même quelques jolies surprises. Des réflexions intéressantes amenées par le personnage de Susie, interprétée par une convaincante Saoirse Ronan (« Reviens-moi »). Et une fin qui n’est pas tout à fait celle que l’on attendait… Lovely bones offre un bon moment de cinéma.
Adapté du roman américain de Alice Sebold «The Lovely Bones ».
Film de Peter Jackson, avec Marck Wahlberg, Rachel Weisz, Susan Sarandon, Saoirse Ronan
posté le 11/02/2010 | 742 vues | 5 commentaires | tags: lovely bones thriller critique film
oui c’est ça, c’est le titre français du livre. après je ne sais pas si le film est bien adaptĂ© ou pas, je ne connais pas le bouquin.
Je l’ai finalement vu ce week-end, et je n’ai pas Ă©tĂ© déçue. La beautĂ© des images et une profonde mĂ©lancolie encore quelques heures après la fin du film.
Je voulais demander Ă celles qui l’ont lue s’il vaut mieux commencer par le livre et ensuite voir le film ou si on peut faire le contraire.
J’ai vu la bande annonce et ça a l’air pas mal…
@ Miss B : en fait je trouve que le film et le livre ne sont pas traitĂ©s du tout de la mĂŞme manière.Le livre est plus “tragique” Ă mon sens, bourrĂ© de dĂ©tails, je le lirai en second temps. Le film ne peut pas te gâcher quoique ce soit, et est traitĂ© de manière plus romanesque, un peu Ă la manière de Tim Burton.
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Je me demande si ce film n’est pas une adaptation de La Nostalgie de l’Ange, qui Ă©tait sorti il y a de ça quelques annĂ©es ?