Fendant la bise, je pense Ă ta libertĂ©, Ă la mienne. J’aimerais ne plus avoir peur d’ĂŞtre perdue au milieu d’une immense foule qui ne sait rien de moi.
Je ne peux plus me cacher dans ce que j’avais construit. J’avais mis tellement de cĹ“ur Ă l’ouvrage, j’y avais tellement vibrĂ© que j’en ai fini par trembler.
Ma bulle a Ă©clatĂ©. Elle Ă©tait belle, elle Ă©tait lisse, elle sentait si bon. J’y avais parsemĂ© un peu de coton pour t’accueillir. J’Ă©tais fière de moi. Je me disais que j’avais tout bon. Très bien petite.
Moi je n’avais pas de châteaux en Espagne, mais des donjons dans ma tĂŞte. J’ai tressĂ©, tressĂ© et encore tressĂ© mes cheveux pour pouvoir te hisser jusqu’ici.
Je n’avais pas aperçu la paire de ciseaux dans ton dos. Elle ne faisait pas partie de mon dĂ©cor. MĂŞme les murs de mes donjons m’ont lâchĂ©e les traĂ®tres !
Je me suis retrouvĂ©e dans une forĂŞt pleine de bruits inconnus, j’Ă©tais terrorisĂ©e, pulvĂ©risĂ©e de l’intĂ©rieur et aucun son ne sortait.
Mes yeux ont gonflĂ© ma poitrine en un sanglot quand j’ai compris que j’Ă©tais dans les eaux boueuses et bouseuses d’un vieux relent de rĂŞve.
En mode off, j’ai remis mes chaussures, et j’ai retrouvĂ© mes gargouilles dans cette forĂŞt. Elles m’ont couvĂ©e le temps que je retrouve le chemin vers demain. Elles ne m’ont pas promis d’ĂŞtre lĂ .
Elles sont lĂ . Juste lĂ . J’ai rempli mon sac de mes gargouilles, et j’ai sorti mon son avec mes doigts.
Ils se sont parsemĂ©s de ” je ne sais pas”, et j’ai encore peur mais je n’ai pas oubliĂ© ce qu’on m’a fait. Et j’ai Ă©clatĂ© de rire tandis que se traçaient les mots.
Mes doigts parcourent ma vie et mettent mon cĹ“ur Ă Â l’amende sans honte. Sans honte je me couche et je dors. Sans honte je me lève et je marche, je danse, je cours.
Sans peur je vais m’en aller et balancer mes boulets dans un fossĂ©, ils vont rouler vers ce passĂ© si enfermĂ© dans le TOI, l’AUTRE qui Ă©touffait juste ce que j’Ă©tais.
DĂ©pendante d’une dĂ©pendance. Il fallait que je parte pour retrouver la vĂ©ritĂ©. Ma vĂ©ritĂ©. Faire le papillon pour ne pas penser Ă moi.
Et mes gargouilles gigotent dans mon sac. Je les regarde. Un sourire. Pas un miroir, non, un rendu. MĂŞme pas prĂŞtĂ©. PĂ©daler dans l’air je ne trouve plus ça marrant. J’ai le cĹ“ur lourd mais je suis lĂ©gère. Je suis fissurĂ©e de partout mais pas cassĂ©e.
Abandonner des rĂŞves que je voulais miens pour pouvoir les rater. Abandonner mes pensĂ©es vers toi pour pouvoir les concentrer sur… ? Personne. Dur de ne penser qu’Ă soi.
Sortir les vieux du placard oĂą j’avais remisĂ© les vrais… Le temps passe, les sons se font plus doux. Mes Ă©bauches sont accrochĂ©es Ă un Ă©lastique et je me balance au bout.
J’ai sautĂ©. Je ne veux plus avoir peur. J’ai dĂ©tachĂ© mes cheveux, pliĂ© les genoux et fait le grand saut. J’ai senti le froid, j’ai vu ma robe s’enrouler autour de mes courbes. J’ai eu le souffle coupĂ©, pris le vent dans la tĂŞte pour me saouler.
J’ai respirĂ©.
Ă mes gargouilles… J’ai fait de la magie noire mais j’avais une lumière blanche pas loin…
Ă ceux qui ne sont pas lĂ . Le vide remplit le vide. Et parfois on en tire de jolies choses…
(cc)Â Migraine Chick
posté le 28/01/2010 | 824 vues | aucun commentaire | tags: fées conte histoire Ego trip | une personne a aimé
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