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Vis mon week-end culturel…

  • J’avais promis sur mon statut FB et dans la playlist de la semaine : ce week-end serait culturel. Et il le fut, parce que Tiny a été frustré de sorties pendant quelques mois (ben oui, plus de bagnole ^^). Donc, en ce début d’année 2010, il a décidé de gâter sa petite Storia en sorties culturelles. Entre théâtre, cinéma et télé, mon intellect a dit merci à l’homme qui partage certaines de mes journées.
  • Vis mon week-end culturel…Vendredi 22 janvier 2010 : Miam Miam d’Édouard Baer au Théâtre Marigny
    J’avais déjà été emballée avec Tiny avec son précédent spectacle, Looking for Mr Castang. Il faut se l’avouer tout net : j’aime l’univers aussi bordélique que ma chambre d’Édouard Baer. Certes, il faut s’accrocher pour tout comprendre du spectacle, mais il a l’art de faire d’une histoire toute bête (en l’occurrence une histoire d’acteurs miteux qui font passer le théâtre où ils jouent pour un restaurant) une histoire ubuesque.
  •  À base de quiproquos, de comique de répétition et de bandes-annonces, Édouard Baer réussit encore à nous emmener dans son univers où une directrice de théâtre peut aussi s’avérer être une vieille fille coincée et où la star des soirées VIP peut aussi être un pilier de bar un peu clochard.
  • J’aurais cependant quelques petites réserves : Il est vrai que la pièce met du temps à démarrer, ne serait-ce qu’à cause de la scène d’ouverture qui est un peu lourde et déroutante. Il faut attendre une bonne vingtaine de minutes avant de retrouver la plume Baer, entre divagations fantaisistes et cabaret.
  • Mention spéciale à Philippe Duquesne, décidément l’acteur en forme en France. L’ex-Deschiens s’impose enfin, après son rôle très crédible dans Bienvenue chez les Ch’tis. Édouard Baer lui offre ici de s’exprimer dans divers styles, parfois quelque peu éloignés de son rôle type de comique de la campagne. Bref, une vraie révélation au théâtre.
  • Vis mon week-end culturel…Samedi 23 janvier 2010 : Gainsbourg [Vie héroïque] de Joann Sfar à Fontainebleau
    Veni, vidi… et je n’ai pas été déçue.  Il faut dire que je m’impatientais concernant ce film. Même si, sur la fin, je commençais à émettre des réserves, je peux dire aujourd’hui qu’il n’en est rien. Joann Sfar a su imposer un véritable univers fantasmagorique à l’image de son univers de BD. D’ailleurs, il a parsemé son récit de nombreux personnages que l’on ne peut retrouver que dans l’imaginaire… Bref, un film qui s’attache davantage à une recherche esthétique qu’à une quelconque réalité.
  • Vis mon week-end culturel…Les acteurs, maintenant. Il faut avouer qu’Éric Elmosnino n’aurait pas mieux joué Gainsbourg. Il faut savoir qu’Édouard Baer, Matthieu Amalric et même Charlotte Gainsbourg ont été contactés pour jouer le rôle-titre (perso, je ne comprends pas pourquoi Sfar n’a pas demandé à Lulu, tant qu’il y était). Laëtitia Casta a incarné une Bardot tout en superficialité (elle représentait plus le mythe que la femme), la regrettée Lucy Gordon était criante de vérité dans le rôle de Jane B. Tour à tour petite demoiselle sautillante, muse et Pygmalion à la fois, et surtout femme blessée, Joann Sfar s’est attachée à faire de Jane LA femme de Gainsbourg. Les autres rôles sont comme des touches au tableau qui se mêlent sans pour autant baver ou déborder.
  • Vis mon week-end culturel…Ceux qui n’apprécient pas Gainsbourg argueront qu’on ne peut éluder l’aspect provocateur et agaçant du personnage. Joann Sfar n’a pas pu éluder la question, bien sûr, mais il apporte un début d’explication : Gainsbourg avait un double, sa Gueule, qui le suit depuis son enfance. Cela l’empêche de dormir, lui donne de l’inspiration et finit par le bouffer en fusionnant avec lui. Une bien belle explication pour expliquer le personnage de Gainsbarre…
  • Et puis on retrouve toutes les références à l’univers des BD de Sfar. Le chat qui parle (Le chat du rabbin), la musique klezmer (dans la série Klezmer)… De plus, dans le choix des acteurs, on retrouve ses canons esthétiques : des personnages avec de grands yeux, des courbes - la manière dont il filme Laetitia Casta est exceptionnelle, je serais elle, je lui dirais merci de m’avoir donné une bonne dose de narcissisme – et des ambiances particulières. C’est même Joann Sfar qui double la main du peintre Gainsbourg (alors que c’est Gonzales qui double ses mains de pianiste).
  • Bien loin d’un biopic bien glauque, on peut voir Gainsbourg [vie héroïque] comme le point de vue d’un fan sur l’œuvre de son idole. Sans aller dans la complaisance…
  • Dimanche 24 janvier 2010, sur Virgin 17
  • Ça tombe bien : Virgin 17 diffusait hier soir le dernier concert de Gainsbourg au Casino de Paris, en 1986. Une occasion de redécouvrir son œuvre à la lumière des canons musicaux des années 1980, ce qui n’est pas sans déplaire à Tiny. Bouh, j’aime pas ce son… Bouh, j’aime pas ces claviers… Bouh, j’aime pas cette version… Il est vrai que Joann Sfar a eu beaucoup plus de goût en faisant enregistrer les chansons par les acteurs (énorme boulot d’Éric Elmosnino, d’ailleurs…).
  • On voit évidemment Gainsbarre au bout du rouleau. Et ça fait toujours du mal de le voir comme ça quand on apprécie son œuvre. Malgré tout, La Javanaise partagée avec le public reste toujours un pic d’émotion, même quand on a comme Gainsbourg à l’époque l’esprit fortement embrumé.
  • Et puis Virgin 17 a aussi eu l’intelligence de diffusé Le Divan où Gainsbourg était invité en 1989. Gainsbourg essaie de se sevrer tant de l’alcool que de la clope, il présente mieux, et Henri Chapier en profite pour lui faire exposer son point de vue sur l’art. Et on se dit parfois que, s’il y a une grande part de fantasmagorie de la part de Joann Sfar sur le Gainsbourg peintre, il subsiste tout de même une part de vérité.
  • Ce qui ressort également du discours de Gainsbourg, c’est toute la complexité de son rapport à lui-même et à son œuvre. Il reconnaît certaines choses : ses complexes, le fait que son œuvre soit malheureusement accessible de manière immédiate, tout ce que sa culture personnelle a apporté à son œuvre, et surtout le tourment que lui offrait sa personnalité duale. En cela, Henri Chapier a fait que Gainsbourg ait pu donner certaines explications sur lui-même et son image, même si cela se fait de manière très pudique. On sent que Gainsbourg va jusqu’au fond de lui-même pour faire ses aveux qui sonnent comme un bilan de sa vie à deux ans de son décès.
  • Bref, un week-end comme je les aime pour bien recommencer une nouvelle semaine.

5 Responses to “Vis mon week-end culturel…”

  • C’est rigolo car je suis moi aussi tombée sur le concert de Gainsbourg Dimanche soir.. Comment un type avec autant de talent a pu sombrer comme ça. Je ne sais pas c’est le genre de choses qui me font peur ça .. J’aurai bien aimé voir le documentaire d’après tiens mais j’ai zappé car j’ai trouvé ça déprimant.

  • Ce n’était pas vraiment un documentaire, mais peut-être es-tu trop jeune pour avoir connu cette émission formidable et dérangeante qu’était le Divan. Henri Chapier, sous ses airs de Lionel Jospin gay, était quand même percutant sur certaines questions. On comprenait vraiment ce qui poussait au show-business, car plus que Mireille Dumas aujourd’hui, HC savait faire sortir des choses très intimes sous couvert de “j’me renseigne juste ce qui vous pousse à faire ce genre de choses”. Et je n’ai jamais vu Gainsbourg dans une telle vérité, même si j’avoue que c’était dérangeant et voyeuriste.

  • Hello, je sors de mon hibernation !
    J’ai adoré le film Gainsbourg, vie héroïque, tout simplement. Et par la même occasion j’ai regardé la rediffusion de “un jour un destin” sur Gainsbourg hier soir et j’y ai vu qu’il n’avait aucun souvenir de l’interview de Chapier le lendemain et quand Bambou lui a montré l’enregistrement cela l’a plongé dans une dépression de six mois (il avait déjà de bonnes bases, il faut l’avouer). C’est déchirant à quel point il a pu se sentir mal dans sa peau et être blessé par les autres, comme disait Juliette Greco il me semble dans le même reportage, il avait tout pour être heureux sauf la capacité d’en jouir…

  • @Gispet : Tu parles de l’ITW de Chapier dans le Soir 3, à la sortie de “Charlotte Forever”… L’ITW dont je parle, au “Divan” se situe trois ans après l’ITW dont tu parles.

  • aaaah ok, je ne savais point qu’il y en avait eu deux !

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