Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

28. mai 2012

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Storia Giovanna
  • J’avais promis sur mon statut FB et dans la playlist de la semaine : ce week-end serait culturel. Et il le fut, parce que Tiny a Ă©tĂ© frustrĂ© de sorties pendant quelques mois (ben oui, plus de bagnole ^^). Donc, en ce dĂ©but d’annĂ©e 2010, il a dĂ©cidĂ© de gâter sa petite Storia en sorties culturelles. Entre théâtre, cinĂ©ma et tĂ©lĂ©, mon intellect a dit merci Ă  l’homme qui partage certaines de mes journĂ©es.
  • miam-miam-la-nouvelle-piece-d-edouard-637x0-2.jpgVendredi 22 janvier 2010 : Miam Miam d’Édouard Baer au Théâtre Marigny
    J’avais dĂ©jĂ  Ă©tĂ© emballĂ©e avec Tiny avec son prĂ©cĂ©dent spectacle, Looking for Mr Castang. Il faut se l’avouer tout net : j’aime l’univers aussi bordĂ©lique que ma chambre d’Édouard Baer. Certes, il faut s’accrocher pour tout comprendre du spectacle, mais il a l’art de faire d’une histoire toute bĂŞte (en l’occurrence une histoire d’acteurs miteux qui font passer le théâtre oĂą ils jouent pour un restaurant) une histoire ubuesque.
  •  À base de quiproquos, de comique de rĂ©pĂ©tition et de bandes-annonces, Édouard Baer rĂ©ussit encore Ă  nous emmener dans son univers oĂą une directrice de théâtre peut aussi s’avĂ©rer ĂŞtre une vieille fille coincĂ©e et oĂą la star des soirĂ©es VIP peut aussi ĂŞtre un pilier de bar un peu clochard.
  • J’aurais cependant quelques petites rĂ©serves : Il est vrai que la pièce met du temps Ă  dĂ©marrer, ne serait-ce qu’Ă  cause de la scène d’ouverture qui est un peu lourde et dĂ©routante. Il faut attendre une bonne vingtaine de minutes avant de retrouver la plume Baer, entre divagations fantaisistes et cabaret.
  • Mention spĂ©ciale Ă  Philippe Duquesne, dĂ©cidĂ©ment l’acteur en forme en France. L’ex-Deschiens s’impose enfin, après son rĂ´le très crĂ©dible dans Bienvenue chez les Ch’tis. Édouard Baer lui offre ici de s’exprimer dans divers styles, parfois quelque peu Ă©loignĂ©s de son rĂ´le type de comique de la campagne. Bref, une vraie rĂ©vĂ©lation au théâtre.
  • serge-gainsbourg-vie-heroique-2009-2-g1.jpgSamedi 23 janvier 2010 : Gainsbourg [Vie hĂ©roĂŻque] de Joann Sfar Ă  Fontainebleau
    Veni, vidi… et je n’ai pas Ă©tĂ© déçue.  Il faut dire que je m’impatientais concernant ce film. MĂŞme si, sur la fin, je commençais Ă  Ă©mettre des rĂ©serves, je peux dire aujourd’hui qu’il n’en est rien. Joann Sfar a su imposer un vĂ©ritable univers fantasmagorique Ă  l’image de son univers de BD. D’ailleurs, il a parsemĂ© son rĂ©cit de nombreux personnages que l’on ne peut retrouver que dans l’imaginaire… Bref, un film qui s’attache davantage Ă  une recherche esthĂ©tique qu’Ă  une quelconque rĂ©alitĂ©.
  • birkin.jpgLes acteurs, maintenant. Il faut avouer qu’Éric Elmosnino n’aurait pas mieux jouĂ© Gainsbourg. Il faut savoir qu’Édouard Baer, Matthieu Amalric et mĂŞme Charlotte Gainsbourg ont Ă©tĂ© contactĂ©s pour jouer le rĂ´le-titre (perso, je ne comprends pas pourquoi Sfar n’a pas demandĂ© Ă  Lulu, tant qu’il y Ă©tait). LaĂ«titia Casta a incarnĂ© une Bardot tout en superficialitĂ© (elle reprĂ©sentait plus le mythe que la femme), la regrettĂ©e Lucy Gordon Ă©tait criante de vĂ©ritĂ© dans le rĂ´le de Jane B. Tour Ă  tour petite demoiselle sautillante, muse et Pygmalion Ă  la fois, et surtout femme blessĂ©e, Joann Sfar s’est attachĂ©e Ă  faire de Jane LA femme de Gainsbourg. Les autres rĂ´les sont comme des touches au tableau qui se mĂŞlent sans pour autant baver ou dĂ©border.
  • bardot.jpgCeux qui n’apprĂ©cient pas Gainsbourg argueront qu’on ne peut Ă©luder l’aspect provocateur et agaçant du personnage. Joann Sfar n’a pas pu Ă©luder la question, bien sĂ»r, mais il apporte un dĂ©but d’explication : Gainsbourg avait un double, sa Gueule, qui le suit depuis son enfance. Cela l’empĂŞche de dormir, lui donne de l’inspiration et finit par le bouffer en fusionnant avec lui. Une bien belle explication pour expliquer le personnage de Gainsbarre…
  • Et puis on retrouve toutes les rĂ©fĂ©rences Ă  l’univers des BD de Sfar. Le chat qui parle (Le chat du rabbin), la musique klezmer (dans la sĂ©rie Klezmer)… De plus, dans le choix des acteurs, on retrouve ses canons esthĂ©tiques : des personnages avec de grands yeux, des courbes - la manière dont il filme Laetitia Casta est exceptionnelle, je serais elle, je lui dirais merci de m’avoir donnĂ© une bonne dose de narcissisme - et des ambiances particulières. C’est mĂŞme Joann Sfar qui double la main du peintre Gainsbourg (alors que c’est Gonzales qui double ses mains de pianiste).
  • Bien loin d’un biopic bien glauque, on peut voir Gainsbourg [vie hĂ©roĂŻque] comme le point de vue d’un fan sur l’Ĺ“uvre de son idole. Sans aller dans la complaisance…
  • Dimanche 24 janvier 2010, sur Virgin 17
  • Ça tombe bien : Virgin 17 diffusait hier soir le dernier concert de Gainsbourg au Casino de Paris, en 1986. Une occasion de redĂ©couvrir son Ĺ“uvre Ă  la lumière des canons musicaux des annĂ©es 1980, ce qui n’est pas sans dĂ©plaire Ă  Tiny. Bouh, j’aime pas ce son… Bouh, j’aime pas ces claviers… Bouh, j’aime pas cette version… Il est vrai que Joann Sfar a eu beaucoup plus de goĂ»t en faisant enregistrer les chansons par les acteurs (Ă©norme boulot d’Éric Elmosnino, d’ailleurs…).
  • On voit Ă©videmment Gainsbarre au bout du rouleau. Et ça fait toujours du mal de le voir comme ça quand on apprĂ©cie son Ĺ“uvre. MalgrĂ© tout, La Javanaise partagĂ©e avec le public reste toujours un pic d’Ă©motion, mĂŞme quand on a comme Gainsbourg Ă  l’Ă©poque l’esprit fortement embrumĂ©.
  • Et puis Virgin 17 a aussi eu l’intelligence de diffusĂ© Le Divan oĂą Gainsbourg Ă©tait invitĂ© en 1989. Gainsbourg essaie de se sevrer tant de l’alcool que de la clope, il prĂ©sente mieux, et Henri Chapier en profite pour lui faire exposer son point de vue sur l’art. Et on se dit parfois que, s’il y a une grande part de fantasmagorie de la part de Joann Sfar sur le Gainsbourg peintre, il subsiste tout de mĂŞme une part de vĂ©ritĂ©.
  • Ce qui ressort Ă©galement du discours de Gainsbourg, c’est toute la complexitĂ© de son rapport Ă  lui-mĂŞme et Ă  son Ĺ“uvre. Il reconnaĂ®t certaines choses : ses complexes, le fait que son Ĺ“uvre soit malheureusement accessible de manière immĂ©diate, tout ce que sa culture personnelle a apportĂ© Ă  son Ĺ“uvre, et surtout le tourment que lui offrait sa personnalitĂ© duale. En cela, Henri Chapier a fait que Gainsbourg ait pu donner certaines explications sur lui-mĂŞme et son image, mĂŞme si cela se fait de manière très pudique. On sent que Gainsbourg va jusqu’au fond de lui-mĂŞme pour faire ses aveux qui sonnent comme un bilan de sa vie Ă  deux ans de son dĂ©cès.
  • Bref, un week-end comme je les aime pour bien recommencer une nouvelle semaine.
 

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Derniers commentaires

 

C’est rigolo car je suis moi aussi tombĂ©e sur le concert de Gainsbourg Dimanche soir.. Comment un type avec autant de talent a pu sombrer comme ça. Je ne sais pas c’est le genre de choses qui me font peur ça .. J’aurai bien aimĂ© voir le documentaire d’après tiens mais j’ai zappĂ© car j’ai trouvĂ© ça dĂ©primant.


 

Ce n’Ă©tait pas vraiment un documentaire, mais peut-ĂŞtre es-tu trop jeune pour avoir connu cette Ă©mission formidable et dĂ©rangeante qu’Ă©tait le Divan. Henri Chapier, sous ses airs de Lionel Jospin gay, Ă©tait quand mĂŞme percutant sur certaines questions. On comprenait vraiment ce qui poussait au show-business, car plus que Mireille Dumas aujourd’hui, HC savait faire sortir des choses très intimes sous couvert de “j’me renseigne juste ce qui vous pousse Ă  faire ce genre de choses”. Et je n’ai jamais vu Gainsbourg dans une telle vĂ©ritĂ©, mĂŞme si j’avoue que c’Ă©tait dĂ©rangeant et voyeuriste.


 

Hello, je sors de mon hibernation !

J’ai adorĂ© le film Gainsbourg, vie hĂ©roĂŻque, tout simplement. Et par la mĂŞme occasion j’ai regardĂ© la rediffusion de “un jour un destin” sur Gainsbourg hier soir et j’y ai vu qu’il n’avait aucun souvenir de l’interview de Chapier le lendemain et quand Bambou lui a montrĂ© l’enregistrement cela l’a plongĂ© dans une dĂ©pression de six mois (il avait dĂ©jĂ  de bonnes bases, il faut l’avouer). C’est dĂ©chirant Ă  quel point il a pu se sentir mal dans sa peau et ĂŞtre blessĂ© par les autres, comme disait Juliette Greco il me semble dans le mĂŞme reportage, il avait tout pour ĂŞtre heureux sauf la capacitĂ© d’en jouir…


 

@Gispet : Tu parles de l’ITW de Chapier dans le Soir 3, Ă  la sortie de “Charlotte Forever”… L’ITW dont je parle, au “Divan” se situe trois ans après l’ITW dont tu parles.


 

aaaah ok, je ne savais point qu’il y en avait eu deux !


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