(ou comment vous allez voir que je suis une critique cinéma naze)
J’ai été déçue par “Max et les Maximonstres”, affligée devant Esther (mais ce n’est pas le cas de toutes ;) ), mitigée devant Invictus. J’espérais quand même avoir un coup de cœur cette année et cette fois je suis tombée amoureuse (peu de critique ciné disent ça hein, mais moi je suis un public facile). De toutes façons je l’étais déjà avant de poser mes fesses sur les sièges hyper étroits de l’UGC. Gainsbourg le film m’a fait rêver.
D’abord je ne connais que très peu l’artiste, à part au travers des documentaires de France 3, trop jeune pour avoir suivi ses frasques je ne garde de Gainsbourg que l’image d’une épave brûlant du fric à la TV. Bien sûr je connais mes classiques et quand je peux chanter “Je t’aime moi non plus” (oui, il n’y pas mieux pour se faire taxer de grosse nympho mais j’assume) je n’hésite pas.
Je ne connais pas non plus le réalisateur Joann Sfar et d’ailleurs je n’y connais rien en BD, et puis son style ne m’excite pas d’un poil. Mais je bavais devant la bande annonce depuis pas mal de temps et puis il y avait Anna Mouglalis (je t’aimmmme) et puis il y avait le personnage de Boris, et puis Gainsbourg c’est quand même un personnage fascinant, un artiste qui a quand même fait pas mal de trucs géniaux.
Ce que j’ai aimé c’est que Gainsbourg, le film n’est pas un biopic comme les autres. D’abord c’est un conte comme ils disent dans la bande annonce, on a donc les clichés du conte un peu sombre pour adulte avec des personnages totalement fantasmés (la gueule, la personnification du juif qui suit l’enfant), les couleurs ocres un peu sombres, les petits délires que l’enfant s’imaginent. Cela donne un film à part entière, plus qu’une biographie filmée. D’ailleurs le réalisateur va plus se concentrer sur certains moments de la vie de l’artiste en passant sous silence d’autres.
C’est un plaisir de voir le film évoluer au travers des époques (la France sous l’occupation, les années 50, la relation avec Bardot) tout en rencontrant des personnalités Françaises bien connues qui parfois en prennent pour leur grade (le portrait de France Gall est à mourir de rire) le tout jalonné de chansons bien connues qu’on se prend parfois à fredonner en essayant de trouver une place confortable pour ses jambes (on est vraiment serré dans ces fauteuils de l’UGC).
Bon, on est quand même à la limite de l’hagiographie et on a un peu de mal à démêler le vraiment vrai de la réalité (mais c’est peut-être voulu) et puis j’ai été déçue, oui car je venais pour Boris moi (ah bon ce n’était pas lui la vedette du film ?) même si Philippe Katerine s’en sort pas mal, IL NE LUI RESSEMBLE PAS DU TOUT. Mais la rencontre avec Boris est quand même assez drôle et puis on nous gratifie d’une de ses chansons alors je suis contente (oui je me préoccupe de petits détails dont tout le monde se fout, je vous l’avais dit hein que je suis mauvaise critique).
On ressort de là avec une envie d’écouter ses chansons ( je sens que les ventes de CD vont augmenter), de vérifier sa bio sur wikipédia, de boire du whisky sans glace, en voulant arrêter de fumer et en ayant mal aux genoux. En conclusion j’ai adoré, j’attends d’avoir la version de Storia (oui c’est fade comme conclusion mais le commentaire sur l’Electre de Sophocle ne va pas se faire tout seul).
C’était Stiletto en “non-partenariat” avec les fauteuils de l’UGC ciné.
posté le 23/01/2010 | 2132 vues | 8 commentaires | tags: joan sfar Gainsbourg sorties ciné film Culture | une personne a aimé
un pote cinéphile à moi a adoré, je vais donc y aller…j’avais peur d’être déçue, car j’adore Gainsbourg…je sens que je vais aimer
Et ben c’est en ligne, chérie. Mais déjà, je vais faire ma présomptueuse qui se la pète :
- T’as jamais entendu parler du “Chat du Rabbin” ? De “Klezmer” ? Et surtout de la superbe illustration qu’il a faite du “Petit prince” (qui m’a émue aux larmes) ? Joann Sfar un véritable conteur de la culture juive qui cultive tout ce que l’être humain peut garder d’enfantin (d’où les personnages avec de grands yeux d’enfants). Personnellement, j’ai découvert “Klezmer” avec Tiny, qui est absolument dingue de ce dessinateur.
- Katerine ne ressemble pas à Vian ? Et Joann Sfar, il ressemble à Brassens, peut-être (oui, parce que c’est lui ^^) ? Et Riad Sattouf à un gigolo ?
- Dernière chose, dommage que tu n’habites pas Paris, ma puce. Je t’aurais emmenée fissa l’an dernier à l’expo à la Cité de la Musique. Personnellement, je comprends davantage le point de vue adopté par Sfar. En effet, en tant que dessinateur, il a vraiment appuyé sur toute la recherche graphique et esthétique dans Gainsbourg et son oeuvre, chose qui paraît éludée de l’hagiographie officielle de Gainsbourg.
- Les personnages fantasmagoriques, c’est ainsi que Sfar décrit la double personnalité Gainsbourg/Gainsbarre. Tu te seras aperçue que c’est au moment où, dans le film, les deux fusionnent (après l’infarctus) que Gainsbarre devient proéminent dans la personnalité de Gainsbourg.
Voilà…
@ Mely, tu ne peux qu’aimer je pense ^^
@ Storia : Alors en BD je suis une pauvre chose qui ne doit pas connaître plus que Tintin. Mais j’ai du lire qq page du feuilleter “Chat du Rabbin” tout en restant sur ma position : ce style ne m’attire pas des masses.
- Biensur que tous les personnages ne ressemblent pas autant aux “vrais” que Eric Elmosnino ou Casta, mais j’y allais quand même pour voir Katerine ( oui je suis totalement obsédée) en Vian, pour voir un grand homme avec un charisme fou.. D’ailleurs en réécoutant la BO je dois dire qu’il en fait un peu trop avec “Je bois”.. ( mais ça tout le monde s’en fout ^^)
- Pour le point de vue de Sfar, je le comprends et même je suis bien contente qu’il en ai un et que l’on ne nous fasse pas la page Wikipédia filmée de Gainsbourg, il est fan, il a fait un choix et c’ est vraiment tout à son honneur. Quant aux personnages fantasmagoriques j’ai trouvé ça super, ça rappelle l’univers de la BD est donne vraiment une allure de conte, de plus comme tu le dis si bien ils ne sont pas là gratuitement et essayent d’amener des explications sur le comment du pourquoi.
ha donc c’est Sfar qui est responsable de cet horrible, HORRIBLE, séquence avec Brassens (en plus d’avoir filmé, j’veux dire). J’en ai poussé un cri de désespoir et les gens devant moi m’en ont beaucoup voulu, mais bon ya des limites au non respect des morts, merde.
Et sinon pour en revenir au film, plein de bonnes idées, mais j’ai trouvé que ça marchait pas du tout (et c’est ballot). Et Casta en Bardot ça donne envie de mourir. La séquence Bambou est drôle mais je sais pas si c’était le but. Jane Birkin s’en sort bien mais c’est looong.
Heureusement, Katerine sauve le film (bon, Elmosnino aussi, ok). Et Mouglalis est bonne, et la scène de Sara Forestier est fun (enfin j’espère que Sfar lui a demandé d’être aussi mauvaise que possible parce que sinon va falloir arrêter de lui donner des rôles là ça commence à se voir).
J’l'ai pas encore vu, mais j’aime beaucoup la bande d’annonce …. Alors peut-être que je vais aller m’enfoncer dans un fauteuil rouge …
C’est beau, élégant, rythmé comme le très beau “L’eau à la bouche”, en déséquilibre permanent, j’ai adoré.
Et quant à “Sfar, “Zep” des bobos,” je te conseille de lire Pasquin, tu comprendras que tu as tord.
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