Film iranien de Bahman Ghobadi, avec Negar Shaghaghi, Ashkan Koshanejad, Hamed Behdad.
Téhéran. Deux jeunes personnes tout juste sorties de prison tente de monter un groupe de musique underground. Ils envisagent de quitter l’Iran avec les autres musiciens du groupe pour vivre leur art en toute liberté. Pour ça, il faut des passeports et des visas. Ils essayent alors d’organiser un ultime concert dans la ville pour financer leur fuite. Tout ça au côté de Hamed qui s’y connaît en « affaires ». Commence alors un parcours effréné dans la ville pour rencontrer et choisir les musiciens.
Des caves délabrées. Des studios aménagés sur les toits. Des endroits incongrus pour créer, inventer, faire de l’art. Et des musiciens qui répètent inlassablement, la peur au ventre d’être dénoncé. Mais toujours optimistes. Rock. Hip pop. Rap. Indépendante. Subversive. Une musique bouillonnante d’énergie et des textes chocs. Avec comme image les silhouettes d’artistes qui se découpent dans le ciel, la nuit tombée, au dessus des toits de Téhéran.
Le film est construit sur les rencontres successives du jeune couple avec des groupes de musiciens. Lors de chaque rencontre, une chanson, un thème, un cri à peine audible dans une société où les artistes sont bâillonnés. Pendant chaque morceau joué, la caméra nous emmène à la rencontre des rues de Téhéran et de ses visages. On rencontre des artistes qui ne veulent pas quitter l’Iran et restent par peur ou manque de moyens. Ceux qui restent par attachement à leurs racines et préfèrent se battre au cœur même de leur pays. Et il y a les autres, comme les deux personnages principaux du film. Eux pensent à l’exil et rêvent de noms de villes occidentales qui sonnent comme des promesses de liberté.
Primé au dernier festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard, le film avait fait sensation. « Les chats persans » est largement inspiré de faits réels. Entre documentaire et fiction, il dénonce l’oppression iranienne sur les artistes. Le tournage manque de moyens, de temps -en 17 jours à peine- et se fait dans une totale clandestinité. Les acteurs -iraniens- ne sont pas des professionnels. Qu’importe. Bahman Ghobadi fait passer le message. En Iran, les artistes sont opprimés. Le droit de s’exprimer est écrasé. La culture underground se développe alors de plus en plus. Il semble que plus la répression soit dure, plus les artistes sont déterminés à se faire entendre.
Aujourd’hui, le réalisateur et certains protagonistes du film dont Negar et Ashkan, musiciens dans la vie, sont condamnés à vivre hors d’Iran. Là -bas, le film circule sous le manteau…
posté le 14/01/2010 | 519 vues | aucun commentaire | tags: Bahman Ghobadi iran underground ciné film musique
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