musique

Deuil sur l’underground français

Ce week-end chez Tiny, avec les balades en forêt et les loups au cinéma, je croyais au bonheur que pouvait livrer l’hiver. Une neige revigorante qui donne le rose aux joues et l’occasion de se blottir l’un contre l’autre. Comble du bonheur, hier soir, c’était Toulouse-Clermont sur Canal +, sans Broke James, ni Aurélien Rougerie,  ni Maxime Médard, ni Thierry Dusautoir mais avec Clément Poitrenaud, Yann David et Bryan Kelleher en lots de consolation pour se réchauffer le cœur.

Deuil sur l’underground françaisMais comme à l’accoutumée, les fins de week-end et les débuts de semaine apportent leur lot de blues. Une nouvelle semaine de travail avec ses affres, ses attentes dans le froid, ses réveils stridents et ces premières pensées du matin : ‘tain, pas envie de tafer aujourd’hui, merde !, une nouvelle séparation pour quelques jours avec Tiny… Bref, pas la joie.

Mais les amateurs de son underground français sont ce lundi 11 janvier doublement en deuil. Dès hier soir, nous apprenions le décès de Mano Solo d’une rupture d’anévrisme à l’âge de 46 ans. Personnellement, j’ai mis du temps avant de comprendre la dimension poétique de ses textes. Adolescente, je ne voyais en lui qu’un écorché vif aux textes dépressifs qu’écoutaient mes potes fumeurs pour accompagner leur descente. Miossec me suffisait déjà pour accompagner mon spleen. Il faut dire aussi que je n’ai été initiée à la poésie de l’underground qu’à la fac.

J’aurais donc ce regret de redécouvrir Mano Solo comme Claude Nougaro ou Serge Reggiani, c’est-à-dire post-mortem. Et Dieu sait que ce genre de choses m’énerve au plus haut point. Il y a certains artistes dont la dimension tragique de leur destin les rendent plus intéressants morts que vivants. C’est à regretter de ma part une certaine intolérance de mon esprit et une compréhension tardive de l’importance des textes dans la chanson composée dans ma langue maternelle.

Le deuxième décès à déplorer ce lundi est le suicide de Kristina Rady, l’ex-épouse de Bertrand Cantat. Même si Noir Désir est un peu moins underground que Mano Solo, je ne peux m’empêcher de voir en Kristina Rady une muse, certes discrète, mais toujours présente aux côtés de Cantat, même si la vie les a séparés. Il faut en effet avoir une certaine force de conviction pour porter à bout de bras toute la détresse de son ex-compagnon. Je retrouverai même une certaine forme de tragédie grecque dans tout l’amour qu’elle lui a porté.

Ce ne sont peut-être pas des nouvelles qui présentent un intérêt sur le plan commercial. Mais ces décès me touchent, comme ils touchent les amateurs d’une certaine chanson française. Paix à l’âme underground.

5 Responses to “Deuil sur l’underground français”

  • je me suis sentie mal quand j’ai lu la nouvelle pour Kristina Rady…je la trouvais exceptionnelle, et le choix qu’elle a fait…bref, j’espère que la presse ne va pas se déchainer….ça m’a vraiment beaucoup touchée.

  • Kristina était surtout une grande intellectuelle dont le nom a plusieurs fois circulé pour devenir ministre de la Culture dans son pays d’origine, la Hongrie.

  • @Brit & Mely : cela rend son destin encore plus tragique…

  • Femme de lettres, de théâtre, traductrice, elle a milité, a lancé un journal clandestin( son grand père était un activiste) et surtout une mère….bref, une femme qui méritait autre chose…je redoute les journaux…même pas envie de les lire….pour voir de la boue…

  • @Mely : et ben au contraire. Je trouve que les journaux ont été particulièrement soft. Ils ont davantage insisté sur la difficulté que rencontrerait Cantat à se reconstruire avec ses gosses.

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