Cette exposition qui se dĂ©roule au musĂ©e d’art et d’histoire du judaĂŻsme retrace l’Ă©popĂ©e de la famille Camondo. Cette famille juive a eu beaucoup d’influence dans des cercles Ă©conomiques, artistiques, culturels et intellectuels. Avant de tomber dans l’oubli par faute d’hĂ©ritier, cette famille a connu ses heures de gloire durant tout le 19e siècle et le dĂ©but du 20e siècle.
La grandeur de cette famille a perdurĂ© pendant près de cinq gĂ©nĂ©rations. Mais comme beaucoup de familles juives, elle a subi les affres de l’histoire qui ne l’a pas Ă©pargnĂ©e. Tout comme les Rotschild , les Camondos sont issus d’une lignĂ©e de marchands et de riches banquiers. Ils ont bâti leur fortune et leur renommĂ©e par la fondation de banques Ă Istanbul.
Mais cette riche famille philanthropique s’est investie aussi dans la construction d’Ă©coles car pour eux l’Ă©ducation Ă©tait la pierre angulaire de leur rĂ©ussite. FascinĂ©e par l’esprit des lumières et le 18e qui Ă©tait pour eux le symbole de la tolĂ©rance, les Camondo ont perpĂ©tué cette tradition qui leur Ă©tait chère, en collectionnant des milliers d’Ĺ“uvres venant des quatre coins du monde. D’ailleurs si cette exposition a rĂ©uni une partie des Ĺ“uvres, de nombreuses autres sont exposĂ©es dans l’hĂ´tel particulier de Nissim de Camondo.
Par leur origine sĂ©faraden ils sont très liĂ©s Ă l’empire ottoman. Ils ont participĂ© activement Ă la vie intellectuelle de Constantinople. Constantinople est un carrefour entre l’Occident et l’Orient. Leur goĂ»t prononcĂ© pour l’Occident fait d’eux des intermĂ©diaires de premier ordre entre orient et Occident. Abraham Salomon fait partie de ces patriarches incontournable de cette Ă©poque, par consĂ©quent il fut dĂ©corĂ© par les sultans.
Les Camando ont luttĂ© pour imposer une Ă©ducation laĂŻque. Ils ont aussi combattu pour instaurer une religion juive progressiste teintĂ©e de beaucoup d’humanisme. Mais cette belle histoire n’est pas sans ombres. En effet, les juifs ont Ă©tĂ© persĂ©cutĂ©s Ă travers les siècles. On leur reprochait d’ĂŞtre des usuriers et de fomenter divers complots. Ils ont donc dĂ» s’exiler. Ils ont choisi Trieste comme terre d’accueil.
Cette prestigieuse famille a Ă©tĂ© protĂ©gĂ©e par l’empereur Austro-hongrois, et ils ont Ă©lu domicile Ă Trieste qui appartenait jusqu’en 1870, Ă l’empereur d’Autriche Hongrie avant que celle-ci ne revienne au Roi Victor Emmanuel II qui est l’instigateur de l’unification italienne. Ce roi leur octroya la nationalitĂ© italienne et tous les hĂ©ritiers mâles reçurent le titre de Comte. D’oĂą la particule.
Puis en 1868, ils Ă©lurent domicile Ă Paris, oĂą ils firent construire plusieurs hĂ´tels particuliers qui rappellent leur fascination pour le 18e. Richement dĂ©corĂ©s, ils renferment des trĂ©sors et des collections inestimables de tableaux, d’estampes, de mobiliers, de dessins qui ont ensuite Ă©tĂ© offerts aux MusĂ©es du Louvre puis plus tard Ă celui d’Orsay. Cette famille de mĂ©cènes a donc conservĂ© de merveilleux trĂ©sors qu’elle a lĂ©guĂ© aux gĂ©nĂ©rations suivantes. Mais les guerres du XXe siècle et l’antisĂ©mitisme exacerbĂ© auront raison d’eux et cette famille s’Ă©teindra comme beaucoup d’autres dans les camps de concentration d’Auschwitz oĂą la barbarie humaine a atteint son paroxysme.
Tout d’abord j’ai aimĂ© cette exposition car nous avons eu la chance d’avoir Ă©té guidĂ©s par la commissaire de l’exposition. Nous avons donc dĂ©couvert cette saga familiale avec beaucoup de plaisir et d’intĂ©rĂŞt. Au-delĂ de l’aspect purement culturel et historique, elle nous a aussi expliquĂ© l’envers du dĂ©cor. La mise en place d’une telle exposition demande un Ă©norme engagement et beaucoup de temps.
Il ne suffit pas d’avoir une bonne idĂ©e pour qu’une exposition soit rĂ©ussie, mais il faut aussi montrer des objets insolites ou prĂ©senter un aspect de la famille qui n’a jamais Ă©tĂ© mis en valeur auparavant. Pour attirer l’Ĺ“il averti, une exposition doit se dĂ©marquer des autres pour qu’ensuite les visiteurs en discutent et participent au bouche Ă oreille.
Surtout quand celle-ci n’est pas très mĂ©diatisĂ©e. Le plus important est de se trouver devant quelqu’un de passionnĂ© car elle saura toujours attirer votre attention et vous intĂ©resser en sortant des sentiers battus. Mettre des anecdotes croustillantes, rigolotes permet aussi de dynamiser le public.
En tout cas si vous ĂŞtes intĂ©ressĂ©s, allez-y et pour ceux qui ne connaissent pas c’est l’occasion de dĂ©couvrir…
posté le 07/01/2010 | 1036 vues | aucun commentaire | tags: expostion la spendeur des Camandos héritier judaïsme richesse histoire famille art
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