“Tout est si merveilleux Ă cinq centimètres du visage d’une personne que l’on veut embrasser. On ne devrait jamais bouger de lĂ . La suite est forcement moins intacte.”
Il y en a toujours un qui souffre moins que l’autre. Un qui aime moins que l’autre. Un qui oublie plus facilement que l’autre. L’autre, c’est moi. Je fais partie de ces gens que le bonheur effraie mais vivant la solitude comme un Ă©chec. Le bonheur me rend malheureuse. Oui. Je suis malheureuse dans mon bonheur.La seule pĂ©riode prospère oĂą je me peux me considĂ©rer comme une personne Ă©panouie est “l’avant”. “L’avant” se rĂ©sume Ă prendre le risque de rencontrer des personnes qui pourraient te plaire, les jeux de sĂ©ductions, l’incertitude planante sur les sentiments de chacun qui se mĂŞle ensuite Ă la conviction que vous ĂŞtes fait l’un pour l’autre. Après avoir embrassĂ© la personne dĂ©sirĂ©e, le compte Ă rebours est lancĂ©.L’envie d’ĂŞtre prise dans les bras, de se sentir serrer et protĂ©ger, puis rĂ©aliser au bout de quelques secondes qu’aucun sentiment n’est autorisĂ© car nous savons très bien oĂą tout cela va nous mener. “L’amour est un combat perdu d’avance”. L’amour est Ă©phĂ©mère, il arrive aussi vite qu’il repart. Sans prĂ©venir, lâche et fuyard . L’auteur ou la victime. Apprendre Ă ne pas tomber dans cette spirale, requiert une vie sentimentale totalement catastrophique. Au commencement de chaque histoire, j’en vois immĂ©diatement la fin. Et les rares fois oĂą je n’ai pas voulu la voir, la concevoir ou mĂŞme la percevoir, la rĂ©alitĂ© m’a rattrapĂ© en me percutant.Quand on est sĂ»r d’avoir mĂ©ritĂ© une fin heureuse ça ne vient pas toujours et dans mon cas elle ne vient jamais. Je ne conçois pas et je n’ai jamais conçu la rĂ©ussite amoureuse de deux ĂŞtres. Pourquoi s’attacher et vouloir construire quelque chose alors que l’on sait que la fin sera dĂ©terminĂ©e, connue, que je souffrirai de bonheur et attendrai seulement la vĂ©ritable fin pour souffrir de ma solitude retrouvĂ©e.Dès que j’expose ce point de vue, il existe deux rĂ©actions :- La riposte fĂ©minine qui me fait remarquer que sans prendre le risque de souffrir je ne trouverai jamais la bonne personne (”la”… vous pensez rĂ©ellement que sur plus de six milliards d’habitants seulement une pourrait me convenir ? L’homme de ma vie n’existe pas. Mais les hommes de ma vie, pourquoi pas).- La “rĂ©plique rĂ©flexe masculine” qui ressemble Ă peu près à ça : “Non mais moi je ne suis pas comme les autres” ??? (Typique : blâmer les mecs qui vous ont prĂ©cĂ©demment fait souffrir, alors que lui aussi vous fera la mĂŞme chose. Voire pire).On diabolise la solitude et les solitaires, Beigbeder rĂ©sume parfaitement cela “ĂŞtre seul est devenu une maladie honteuse”. ĂŠtre seule c’est ne dĂ©pendre ni de rien ni de personne. ĂŠtre seule c’est vous demander pourquoi vous l’ĂŞtes et comment l’assumer aux yeux des autres. ĂŠtre seule c’est rĂ©flĂ©chir, penser Ă longueur de journĂ©e… C’est aussi pour ça que je n’Ă©coute jamais de musique dans la rue. Je prĂ©fère rester rĂ©active Ă tout ce qui se passe, tout ce que j’entends, penser Ă mille et une choses.Encore une preuve que je suis mieux seule. Finalement rester seule c’est arrĂŞter de prendre des risques. Pourtant, j’aime en prendre, mais d’une façon diffĂ©rente. Je trouve qu’il est moins dangereux de traverser le pĂ©riph’ les yeux fermĂ©s ou de prendre de la drogue dure que de tomber amoureuse. Dans le passĂ©, on m’a tellement trahie que ma confiance je ne la donne pas, car je n’en ai plus. L’amour me fuit. Et Ă vrai dire je ne cherche plus Ă le suivre.“On n’a rien Ă perdre quand on aime personne.”(cc) Rayani Melo
posté le 16/12/2009 | 276 vues | 11 commentaires | tags: Beigbeder sentiment déception relation homme amour | 4 ont aimé
@ A. : t’as pas le droit de me faire pleurer Ă une semaine de NoĂ«l.
Un très beau texte, comme d’habitude.
Imaginer la fin dès le départ?
Wouha!!
Aimer peut faire souffrir Ă©normĂ©ment mais je prĂ©fère prendre des risques et crever d’amour plutĂ´t que de ne pas aimer…
Je connais deux femmes, les cousines de mon père. Elles ont vĂ©cu leur vie de femme, ne souhaitant pas s’investir dans des histoires d’amour. L’une d’elles, qui a aujourd’hui 76 ans, a dit un jour Ă ma soeur de 30 ans cĂ©libataire endurcie : “Ne fais jamais l’erreur que nous avons faite”…
Pourquoi serait-ce une erreur? Parce qu’on refuse de se conformer Ă un schĂ©ma social complètement figĂ© et inique?
Personnellement, je prĂ©fère vivre cette “vie de femme” plutĂ´t que de m’enterrer dans une relation amoureuse faite de perpĂ©tuelles concessions.
J’ai bien conscience que ce choix me fera souffrir, il me fait dĂ©jĂ souffrir au jeune âge que j’ai; je n’imagine pas ce qu’il en sera quand j’aurai 30 et quand toutes mes amies commenceront Ă se marier, Ă avoir des enfants, Ă s’Ă©loigner du mode de vie sans attaches auquel j’aspire.
J’espère simplement ne pas cĂ©der pour ressembler aux autres, et rĂ©ussir Ă vivre libre.
Je me demande si tu as vraiment envie d’ĂŞtre avec quelqu’un.On dirait que finalement , par faute de mulltples histoires foireuses , tu as abandonnĂ© le fait que ce soit possible de rencontrer une personne avec laquelle ça puisse marcher.
Je ne veux pas te donner de conseil, au non, juste te dire que l’amour , le VRAI , avec un grand “A”,ça existe..
oups, j’ai oubliĂ© de te dire que tu m’as mis la larmeĂ l’oeil….Très joli texte
@piper : j’imagine quelque fois que certains choix se font par dĂ©pit, au prix d’une grande souffrance. Alors que l’alternative est tout Ă fait possible.
@ A : alors, je ne sais pas trop quoi dire…Ă part que je comprends Ă 200%. Alors merci pour ce très beau texte…il marche bien, j’ai versĂ© ma larme aussi^^
je prends le temps de laisser un com, (pas eu le temps avant mĂŞme si ton article m’a tapĂ© dans l’oeil) je t’ai choisie ce weekend parce que ton texte me parle, comme toutes celles qui l’ont dĂ©jĂ dit. Je ne peux te donner de solutions, Ă part celle que je m’applique, profiter et se protĂ©ger…
je trouve ton texte super bien construit….
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