Confortablement installée dans un fauteuil de cinéma avec des énormes lunettes spéciales 3D sur les yeux, me voila prête à explorer l’expo planète Pandora, là où vivent les Na’vis, ce peuple de géants de la forêt irrémédiablement liés à leur monde et à son esprit vivant, incarné par l’Arbre des Âmes. Malheureusement pour les Na’vis les hommes ont découvert sur leur planète un minerai rare, qu’ils souhaitent exploiter, au prix de détruire tous ceux qui oseront leur barrer la route.
Mais tous les hommes ne sont pas dominés par la soif de pouvoir (le colonel Quaritch) ou de l’argent (la compagnie chargée d’exploiter le minerai de Pandora), alors quelques uns des humains, comme l’ancien marine Jake Sully, passent du coté des Na’vis dans la lutte pour la défense de leur territoire. Au delà du film qui présente une réalisation magistrale et une prouesse technique, c’est l’histoire qui se cache dans ce film qui m’interpelle.
L’action se passe dans le futur, au XXIIe siècle alors que les humains ont déjà exterminé toute forme de vie sur la planète Terre. Et, pour acquérir le minerai de la planète Pandora ils sont prêts à en faire de même. Et pourtant, est-ce que ce scénario ne s’est pas déjà produit dans le passé, ici même sur notre chère Terre ?
Du temps où les anciens Grecs appelaient l’esprit de notre planète bleue Gaia, celle qui avait insufflé la vie à toute chose, à notre époque moderne dominée par une science sans âme qui essaie de tout rationaliser, il a fallu seulement quelques milliers d’années à l’homme pour consommer son divorce avec la nature mère nourricière. Par notre soif de savoir nous avons systématiquement détruit tout ce qu’il y avait de mystérieux, de poétique dans les légendes anciennes. Nous avons exploré la planète uniquement dans le but de la conquérir et de l’exploiter, de répertorier ses richesses en vue de les consommer, sans aucun respect pour les autres êtres vivants qui ne partageaient pas notre vision du monde.
Des peuples Incas en Amérique du Sud, des Indiens en Amérique du nord aux Aborigènes d’Australie pour ne citer que les exemples les mieux connus, n’avons-nous pas déjà détruit plusieurs tribus Na’vis sur notre propre terre ? Et aujourd’hui même ne sommes-nous pas en train d’épuiser la planète, d’étouffer Gaia, uniquement pour produire des dollars, ces billets verts qui n’ont en réalité aucune valeur intrinsèque ?
Et en plus, si nous continuons à faire référence aux mythes antiques qui nous décrivent notre monde de manière féerique, je remarque que les anciens héros dans ces mythes étaient ceux qui faisaient preuve de courage, qui gardaient un coeur pur et qui combattaient pour défendre des valeurs. Grande différence avec nos mythes contemporains dans lesquels les héros ont troqué le sabre et les valeurs morales contre le costume d’homme d’affaire et la cupidité. Je ne trouve pas que le modèle que notre génération va laisser en héritage à nos prédécesseurs soit digne d’être rappelé comme une référence, de la même manière que le Moyen-Age est vu en Europe comme une période sombre et avilissante pour notre espèce.
Les adeptes du tout scientifique ou du tout financier soulèveront les sourcils avec mĂ©pris et traiteront mes propos d’animistes et de superstitieux. Pourtant, depuis que nous nous sommes placĂ©s au sommet de la pyramide de l’évolution en oubliant que dans un tel type de construction chaque brique Ă son rĂ´le pour soutenir l’ensemble et que de la plus mĂ©prisable limace au gĂ©nome humain il y a un lien qui nous unit tous, les choses n’ont fait que se prĂ©cipiter vers notre perte. Et je ne parle pas forcĂ©ment de l’extinction de toute vie sur Terre mais de notre disparition en tant qu’espèce parce que, nous avons Ă©tĂ© incapables de faire preuve de plus d’humilité !
Alors voilà , je pense que si vous allez regarder Avatar au cinéma ces jours-ci, il faudrait garder en tête que ce film ne représente pas uniquement le futur, mais aussi le passé. Et en même temps, je garde l’espoir que des vrais héros, à la manière d’Héraclès, de Gilgamesh et de Jakesully vont oser défier un système préétabli afin de précipiter l’humanité dans une nouvelle ère.
posté le 16/12/2009 | 1730 vues | 6 commentaires | tags: james cameron avatar futur ecolo critique cinéma | 3 ont aimé
ok c’est pas pour demain… mais tout de mĂŞme dĂ©jĂ bien programmĂ©… J’aurais voulu ĂŞtre un Bonoboo !!!!!!
Nous dĂ©truisons ce que nous avons de plus prĂ©cieux, la planète, la nature, la vie. L’Homme veut possĂ©der Ă tout prix-et je ne parle pas seulement des grands groupes mais aussi Ă l’Ă©chelle individuelle- et ne sait pas “aimer” et comme tu le dis Chiquita, Ă avoir de l’humilitĂ©. certaines personnes savent, elles ont compris l’essentiel…
en tout cas, l’article me donne très envie de voir le film.
mais ce film ne montre qu’un Ă©ternel recommencement…..l’homme ne retient pas ses erreurs……les hommes et l’exploitation de son milieu…!!!!!jamais cela ne finira!!!!
Mais l’espoir fait vivre….!!!!!
J’ai vu le film (et j’ai encore envie de vomir… foutue 3D). Mais c’est vrai que le film est formidable et qu’on a vraiment envie que les Na’vi gagnent Ă la fin, tant l’on est imergĂ©s dans leur univers…
Super article, j’aime beaucoup tes commentaires et ton analyse.
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