Il y a les auteurs que je découvre sur une table de librairie ou au détour du Web, il y a ceux dont on me parle, ceux que l’on me présente, ceux que je cherche à rencontrer et ceux qui, de temps en temps, se présentent à moi tous seuls comme des grands au détour d’un petit mail ou d’un commentaire sur mon blog.
C’est le cas d’Anne Révah dont le premier roman, « Manhattan » est sorti en mai 2009 chez Arléa. Il n’est pas du tout question ici de New York ou même des Etats-Unis. Il n’est question ici que d’une femme qui, confrontée à son avenir malgré elle, décide de régler son passé en expliquant son présent.
La narratrice, journaliste politique, a d’apparence tout réussi dans sa vie, son mariage, ses enfants, sa carrière et si elle se retrouve un jour dans le bureau de ce neurologue, c’est pour lui parler de la zone de peau qui s’insensibilise peu à peu sur l’intérieur de son avant-bras gauche et dont la forme a à peu près celle de Manhattan. Une consultation et quelques examens plus tard, la sentence tombe. Dégénérescence des tissus cérébraux, sa vie ne sera désormais plus jamais la même.
Elle décide alors de partir, de tout quitter, tout et tout le monde, sans un mot pour son mari et ses enfants et c’est dans le studio parisien qu’elle louera qu’elle décide d’écrire une lettre, une seule, une dernière, à sa mère.
Cruelle, violente, aux mots implacables et pourtant très sensés, cette lettre aspirera finalement les dernières forces de cette femme, lui permettant de se libérer d’un poids qu’elle aura porté toute sa vie.
Un roman court, brutal, quelques 90 pages où le rythme va crescendo, le début n’augurant absolument pas ce qui va suivre. A l’aide d’une écriture fluide et en même temps très directe, Anne Revah lève ici le voile sur la fuite et les travestissements que nous sommes tous, dans une certaine mesure, amenés à faire dans nos vies, sur tel ou tel sujet.
On fait semblant de, pour rentrer dans un moule, être reconnus par nos pairs comme étant « conformes » et donc fréquentables, on met de la poudre aux yeux des autres pour mieux se voiler la face, c’est toute cette palette d’émotions sur laquelle surfe Anne Révah dans la retranscription de la lettre écrite par la narratrice à sa mère.
La fracture du livre se fait assez tôt, dès la découverte de la maladie et si la partie précédant cet évènement ne rend pas hommage à la qualité globale du roman, la 2e partie, constituée majoritairement de la fameuse lettre donne un ton sans précédent à l’ensemble et en « rattrape » l’introduction.
Un premier roman plutôt réussi donc et une auteure à suivre.
————————————————————
« Manhattan », Anne Révah
Paru chez Arléa le 7 mai 2009
posté le 15/12/2009 | 362 vues | aucun commentaire | tags: anne revah Manhattan bouquin livre Culture | une personne a aimé
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.
Au milieu des hordes des femmes plaquées, bafouées, outrageusement trompées sur la marchandise, je clame haut et fort : mes Ex sont des hommes formidables. Si si...
Ô toi, ma douce et pétillante lectrice de LR, si tu fais partie des 3% de la population féminine qui n’a pas encore été touchée par un Serial-Connard, rassure-toi. Cela ne va pas tarder. Qu’on se le dise...
Été 2009, il y a des histoires que l’on préférerait ne pas avoir vécues. Mais comme une fille avertie en vaut deux... laissez moi vous la raconter. En soirée, si nous sourions au Barman nous avons beaucoup...
Amies célibataires, j'ai testé les sites de rencontre sur internet. J'ai bien pensé répondre aux petites annonces d' A nous Paris, mais je ne vous les conseille pas. Ma rencontre avec...
Je crois que jusqu'à présent, je n'étais jamais tombée amoureuse de la bande-annonce d'un film. Ce fût le cas lorsque j'ai découverte celle de A Single man sur le blog de Géraldine. J'ai été irrémédiablement...
En ce moment, j’ai pas trop le temps de bloguer. Je sais, c’est mal. Une foule en délire menace de se taillader les veines si je publie pas dans la minute (ah, on me fait signe que non, que je délire et que je devrais...