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Les vies privées de Pippa Lee

Article sélectionné par La poupée russe lors de sa semaine de rédaction en chef

Pippa Lee, 50 ans, est mariée à un homme de 20 ans son aîné. Après que ce dernier ait pris sa retraite, ils s’installent dans une maison à la campagne. Entre la table qu’elle dresse pour les invités, des chemisiers satinés et un brushing impeccable, Pippa est l’archétype de l’épouse parfaite. Belle, intelligente, attentionnée et discrète. Mais derrière une image lisse, Pippa Lee a un passé bien chargé que nul ne soupçonne. Des crises de somnambulisme vont la faire s’interroger sur elle-même.

Les vies privées de Pippa LeeRebecca Miller, la réalisatrice, montre ces « vies privées » par flash back. Le passé et le présent se confondent alors. En questionnant le passé, Pippa essaiera de retrouver qui elle était pour comprendre qui elle est devenue. Au final, Pippa n’a cessé d’être une image toute sa vie. Elle s’est construite en n’obéissant jamais à ses propres désirs mais en répondant aux attentes des autres. Une fille consolatrice pour mériter l’amour d’une mère dépressive, un modèle soumis au désir de la photographe pour un peu d’admiration, une jeune femme rebelle pour plaire aux artistes qu’elle envie avant de se ranger dans une vie de famille.

C’est une femme complexe qui est racontée ici. Loin des clichés, pas si conventionnelle, pleine de contradictions. En tailleur élégant, elle écrase négligemment son mégot dans une assiette décorative, elle insulte à voix basse le professeur de son cours de poterie, elle parle avec franchise de sa vision du mariage et a soudainement de vrais élans de spontanéité. Mais les expressions de son visage sont souvent imperceptibles. C’est ce calme apparent qui rend cette femme assez insaisissable.

Rebecca Miller adapte pour la deuxième fois à l’écran un de ses romans et offre des visages célèbres à ses personnages : flippante Maria Bello en mère toxique, étonnante Julianne Moore, Blake Lively en Pippa jeune un peu paumée, mais aussi Alan Arkin, Keenu reeves, Monica Belucci, Winona Ryder et enfin Robin Wright Penn en intrigante Pippa Lee.

The private lives of Pippa lee est une quête d’identité. La voix off de Pippa et ses moments d’introspection donnent un peu dans la fable psychologique mais le  détachement de cette femme dans les situations rend le film plus léger. A aucun moment on ne bascule dans le drame. On sourit, on rit même, on est perplexe. On se laisse agréablement surprendre par Pippa.

One Response to “Les vies privées de Pippa Lee”

  • Oh je me souviens…je suis allée voir ce film pas mal alcoolisé au champ un soir de déprime et jour de pluie…je me suis jamais autant ennuyé à un film…Tu m’en dévoiles certaines idées…seule film de ma vie ou j’ai voulu partir au milieu.

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