Je vous Ă©cris ce papier dans un Ă©tat de descente de crise d’angoisse.
Je suis une fausse calme de nature. Ceux qui me connaissent sont persuadĂ©s que les Ă©vĂ©nements et les critiques me passent dessus. Qu’en gros, je me fous royalement de ce que l’on me dit. Mais mes collègues de travail savent dĂ©sormais ma vraie nature : je suis une perpĂ©tuelle angoissĂ©e. Mon entrĂ©e dans la vie active correspond avec la dĂ©claration de mon caractère insomniaque. Tiny me reproche de ne pas assez dormir, mais lui-mĂŞme grand anxieux dort très mal.
Dans ma vie quotidienne, l’angoisse rĂ©ussit Ă m’handicaper. J’ai deux grosses frayeurs : la claustrophobie et l’agoraphobie. RĂ©sultat, je me retrouve souvent Ă piquer des crises d’angoisse dans les magasins et dans le mĂ©tro, si je n’ai pas de quoi m’occuper l’esprit (livre, Ipod, personne qui m’accompagne…).
Comment se caractérise cette angoisse ?
 J’ai plusieurs symptĂ´mes :
- Je me sens enfermĂ©e. Quand je me sens harcelĂ©e par les gens, ou lorsque j’ai conscience d’ĂŞtre dans un tunnel, un ascenseur… bref, un endroit oĂą je n’ai pas accès Ă l’air libre, j’ai l’impression d’Ă©touffer. Il me faut absolument regarder par une fenĂŞtre ou sortir Ă l’air libre.
- Je me gratte jusqu’Ă la scarification. Lorsqu’un dossier reprĂ©sente pour moi une prison mentale, je ne peux m’empĂŞcher de me gratter, mĂŞme si je viens de me couper les ongles. Lorsque j’ai les ongles longs, cela devient problĂ©matique. En ce moment, mon cuir chevelu porte les stigmates des dossiers chauds des mois de septembre-octobre.
Que faire dans ce cas ?
Bien Ă©videmment se calmer, et le plus vite possible. Pour cela, j’ai plusieurs exutoires :
- Les pleurs. Car mĂŞme si je passe pour la pleurnicheuse de service, cela me permet de me vider la tĂŞte de la manière la plus rapide qu’il soit.
- La musique. Tout dĂ©pend de la nature de l’angoisse. Pour les sentiments d’enfermement, je privilĂ©gie la musique un peu speed pour crier Ă l’aide Ă ma place. Sinon, pour me faire redescendre de manière douce et durable, j’opte pour la musique mĂ©ditative, voire des cantiques.
- La prière. Parce que cela m’occupe l’esprit pendant 5 minutes, le temps de trouver une autre solution. Cela a aussi pour effet de me laver le cerveau, au point de me retrouver limite zombie. Rien de tel pour envisager la situation autrement.
- L’Ă©criture. Cela permet de mettre des mots sur mon angoisse, plus sĂ»rement que la parole. Car en bonne ancienne autiste, l’angoisse paralyse Ă©videmment mon usage de la parole.
- La compagnie et le soutien extĂ©rieur. C’est la mĂ©thode qui marche le moins, Ă©tant donnĂ© que je suis agoraphobe Ă l’origine. Je prĂ©fère en effet m’isoler pour Ă©vacuer ce trop-plein de sentiments. MalgrĂ© tout, le fait, dans certaines situations, de recevoir un hug rĂ©confortant de mes collègues ou de mes amis, de prendre la main de Tiny ou de recevoir de ma responsable l’exhortation Ă prendre la situation Ă la lĂ©gère reste quelque chose d’agrĂ©able.
 Allez, Giovanna, always look on the bright side of life…
(cc) Quinn Ryan Mattingly
posté le 02/12/2009 | 693 vues | 7 commentaires | tags: paranoia agoraphobie angoisse Psychologie
t’as essayĂ© le sport rĂ©gulier ? il parait que ça marche bien sur le moyen terme, ça rĂ©gule…
sinon, je dirais “hauts les coeurs !” (pour changer) et que tu as de nombreuses compatriotes sur cette terre, non, tu n’es pas seule ;)
@thagada : je suis ancienne danseuse et karatĂ©ka… Et j’essaie de passer mes nerfs en jouant des percus… Et habitant Ă Paris, je marche minimum une heure par soir (l’avantage d’ĂŞtre claustrophobe)…
oui le sport, rĂ©gulièrement, le jogging , la piscine, ça peut aider Ă prĂ©venir ça… changer d’activitĂ© aussi quand l’angoisse arrive doucement, quitte Ă sortir subitement du bar ou du mĂ©tro, se mettre en mouvement en fait, tĂ©lĂ©phoner Ă qq aussi, une amie, pas pour lui dire ce qui nous arrive mais pour lui parler d’autre chose… allez bon courage..
les scarifications je connais, j’ai ça depuis mes 14 ans et a l’heure actuelle je continue, moi c’est avec ciseaux et rasoir , je sais que ça fait psychopathe mais parfois ma douleur mentale est tellement forte que seule la souffrance physique l’apaise! j’ai besoin d’avoir mal, et sinon je me shoote au mĂ©docs après je suis une zombie sans encĂ©phale. En ce moment je suis sous valium , ça me dĂ©fonce mais j’en ai besoin, il en ait de ma survie.
@Xena chĂ©rie : Non, moi je me scarifie involontairement. C’est Ă force de me gratter… C’est le stress qui me dĂ©vore. Mais heureusement, j’ai un excellent shampoing anti-pelliculaires…
@Mimi : Comme je l’expliquais, je ne peux pas tĂ©lĂ©phoner, puisque je suis agoraphobe… Et que la moindre prĂ©sence humaine lorsque je pique un crise d’angoisse ne fait que la renforcer.
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