Ndlr : article choisi par IsabelleJuliette durant sa semaine de rédaction en chef
Je ne suis pas plus forte qu’une autre. Je cumule plutôt les faiblesses comme on cumule les bons-points. Si je deviens masochiste en sus, j’aurai une image. Alors j’y travaille.
Je crois en pleins de choses et surtout en pleins de gens. Je crois qu’au fond je suis une femme qui aime aimer. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas amoureuse de l’amour pour autant. Ce ne sont pas les chimères qui m’attirent, ni les chabadabadas, ni même les papillons dans le ventre, les paumes moites et l’air imbécile. Enfin quoique…
Non mon truc à moi c’est les montagnes russes, c’est de vibrer à en crier, c’est d’avoir mal tellement c’est fort, et le lendemain me laisser bercer par la douceur du quotidien, c’est d’être prise par surprise, collée au mur (parfois au sens propre comme au figuré), émue, trahie aussi. Ah oui par ce que mon autre truc à moi, c’est les histoires qui finissent mal, qui font mal, enfin en amour tout au moins. Alors à chaque fois j’ai l’impression d’exploser sous l’impact, je me disloque, je me répands (parfois au propre comme au figuré - bis) et je me promets de ne plus jamais recommencer.
Et je rempile à chaque fois. Évidemment. Je ne fais pas exprès pourtant, mais je crois que c’est trop bon de violer ses principes. Le tiède a si peu de saveur. La raisonnabilité (si si ça existe) a un gout d’ennui, la prudence un gout de déprime. Moi j’aime manger épicé, avoir des sueurs, me glacer les dents, me bruler la langue ! Alors petit à petit, je recolle les morceaux. Je suis un Terminator. L’amour me jette par la fenêtre. M’en tape. I’ll be back.
Oh évidemment ce n’est pas parce qu’on sait qu’on s’en remettra que ça fait moins mal. Je ne kiffe pas particulièrement me prendre un mur. Je pleure comme tout le monde, je chouine comme tout le monde, je dors avec mon téléphone comme tout le monde. Chaque nuit je regarde clignoter inlassablement mon Blackberry en espérant qu’il passe au rouge, preuve d’un signe, signe de lui.
Je prends mon bain avec mon kit mains libres comme tout le monde, et dois surmonter des crises existentielles quand je dois me laver les cheveux comme tout le monde. Après tout s’il choisissait d’appeler justement là ?
J’arrête de me nourrir au cas où il reviendrait, et fous en l’air 5 ans de régime parce qu’après tout il ne reviendra pas. Alors, je reprends la diète parce que justement c’est mort, et que je ne suis pas toute seule sur le marché. Et je me rejette sur le chocolat parce que le marché moi j’en veux pas. C’est lui qu’il me fallait. La douleur est sœur de la mauvaise foi, c’est la catharsis de mes mauvais penchants.
J’envoie des mails post-rupture-animal-triste, comme tout le monde. Et je cherche à pirater sa boite mail comme tout le monde pour l’effacer. Je le zappe de Facebook, je le zappe plusieurs fois, comme tout le monde. Je le bloque, le débloque pour voir s’il m’a bloquée, j’efface son numéro, retrouve son numéro. Je brule toutes nos photos comme tout le monde…
Je l’aime, je le déteste. Je m’aime, je me déteste. Après tout, il y a de grandes chances pour que ce soit moi qui l’ai quitté. J’ai mal, et je fais le dos rond. Je lèche mes blessures comme tout le monde, puis je replonge plus ou moins rapidement dans le tourbillon de la vie. Je repars avec mes bleus, mes bosses, mes casseroles dignes de la cuisine d’un 5 étoiles. Je finis même par en rigoler. Je finis même par fêter ça, avec les amis, ceux qui ne me quittent jamais, ceux que je ne plaque jamais.
Je suis fin prête pour une autre aventure. Enfin non pas vraiment. Alors comme d’habitude je décide d’y aller tout doucement, j’ai l’impression d’être une rescapée. Enfin j’ai surtout l’impression de ramer ! Et malgré tout ça, les fiascos les échecs, les virages trop abrupts, les salauds (fallait bien que je le dise), les menteurs, les lâches et les autres, je n’ai pas envie de regretter et encore moins d’oublier.
J’aime aimer. C’est peut-être finalement ma force à moi. Je suis Saint-Georges à l’assaut des Garçons, Lancelot du Lac en quête du Saint Mâle, une plume Phénix, un poil coriace, et toujours un tantinet pouffiasse. Quoi qu’il en soit j’ai déjà hâte de foncer, de repartir sur mon manège, mon grand huit, ma grande échelle…
(cc) futurowoman
posté le 24/11/2009 | 1135 vues | 13 commentaires | tags: coup de foudre manège déception garçon Psychologie rupture relation homme amour | 7 ont aimé
Je partage tout ce que dit ma cops juste lĂ au dessus… et puis… Plus long !!!! Plus long !!!! Le livre !!! Le livre !!!! On veut le livre !!!!!
Va passer derrière des commentaires aussi dithyrambiques ! Elles ont tellement pas tort, en même temps.
free hug pour une soeur de coeur! vĂ©cu, dĂ©jĂ vĂ©cu…et tu sais quoi? ….ça passe….j’ai jamais racontĂ© ce qu’on m’a fait ici, parce que ben…je sais pas, j’ai peur de choquer et qu’on me dise, “mais comment t’as pu te laisser faire ça TOI?”…Mais ça passe un jour ou l’autre (dĂ©solĂ©e de dire ce que tout le monde dit mais j’ai Ă©tĂ© obligĂ© d’admettre qu’ils avaient raison, sauf que ça passe pas vite)…bien entendu nous on change pas, on veut des montagnes russes et celui qui nous guĂ©rit n’est pas forcĂ©ment saint reposant…mais bon..
J’adore ton texte parce que je m’y reconnais…j’y reconnais mes amis fidèles aussi :)
J’ai comptĂ© les jours jusqu’Ă ce que ça n’en soit plus une souffrance…peut-ĂŞtre mĂŞme que c’est lui qui souffre en ce moment mĂŞme.
Quand on est une FĂ©e, on est trop gĂ©niale pour que ça reste comme ça. Et t’es une FĂ©e toi ;)
C’est cette capacitĂ© Ă aimer avoir mal que j’arrive pas Ă comprendre…
mely>> stop la drogue…
mag>> j’aime particulièrement la construction du texte.
C’est si bon de souffrir !
Zut! Je voulais dire c’est si bon d’aimer !
Comment ça c’est pareil? ;o)
Bon c’est super bien Ă©crit mais quand je lis ça j’ai envie de flanquer des bons coups de pieds Ă quelques culs. Mais vu qu’il y a pas de culs Ă botter je vais juste vous poser quelques questions :
- quand est ce que vous que vous arrĂŞtez de regarder Sex and the city ? (et vouloir vivre une vie Ă la Carrie ou Ă la Samantha)
- quand est ce que vous arrĂŞtez de croire que des histoires de merde sont des histoires palpitantes ?
- quand est ce que vous arrĂŞtez d’ĂŞtre sĂ©duites par le cĂ´tĂ© obscur ? (plus facile, plus sĂ©duisant, mais pas plus fort)
- pourquoi vous traitez les mecs de connards si c’est exactement ce que vous attendez d’eux ?
- quand est ce que vous quittez l’adolescence pour rentrer dans l’âge adulte ?
Merci pour tous ces mots doux. Je suis pivoine ;-)
@ Bake : tu te trompes, je dĂ©teste souffrir, comme tout le monde je pense ! Je dis juste que tant pis si parfois ça fait mal parce que ça ne finit pas comme on le voudrait, ça vaut quand mĂŞme le coup d’etre vecu. Pour les bons moments qu’il y a eu pendant.
@ Couille Bleue : je crois au contraire qu’aimer en connaissant les risques, recidiver sachant que ça peut foirer, prendre des risques, c’est justement ĂŞtre ça une adulte. Je ne dit pas que je reve du prince charmant. Je dis au contraire que la rĂ©alitĂ© est tout autre et qu’il faut savoir surmonter ses echecs et replonger. Sinon tu finis chez toi, prostrĂ©e avec ton chat devant Sex & the city justement !
et ne me dis pas que quand tu rencontres quelqu’un tu sais d’avance que cette personne sera merrrrrrrrrrrrrrrveilleuse, n’aura pas de cotĂ© obscur comme tu dis.
Et enfin. Ou j’ai traitĂ© un mec de connard ? ;-) Je les aime moi les mecs, j’aime meme mes ex c’est pour dire. (bon pas tous tous mais la majoritĂ©)
Bon Magadit j’ai pas bien compris ton texte, au vu des commentaires, disons que j’ai tiquĂ© sur : “mon truc c’est (…) ĂŞtre trahie (…) les histoires qui finissent mal, qui font mal”. Ca me laissait entendre que tu courrais après les histoires foireuses, m’en veux pas, j’ai dĂ©jĂ vu ça et c’est les mĂŞmes qui se dĂ©solent après que les mecs sont des salauds, alors que si un mec ne l’est pas, elle le zappe parceque mis automatiquement dans la case “ennuyeux”.
Donc toutes mes confuses et encore bravo pour ce texte, j’aimerais avoir ton don pour faire passer les Ă©motions Ă partir des dĂ©tails de la vie quotidienne, comme tu le fais si bien.
En revanche j’aurais des trucs Ă dire sur Sex and the city ! Mais c’est pas l’endroit :p
Quelle belle prose,
Mon coeur, mon corps te rejoignent, ma tĂŞte me dit qu’on est vraiment folle…
Mimis
Beb
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