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La Sorbonne est mon amie.

Ndlr : article choisi par Magadit durant la semaine de rédaction en chef    

A toutes celles et ceux qui sont passés par là, ou pas : j’y compte même les quelques âmes en peine qui sont passées par grandes écoles, classes préparatoires et autres filières distinctes de cette sacro-sainte institution qu’est l’université.

La Sorbonne est mon amie.C’est un portrait de la plus connue d’entre elles que je compte vous dépeindre ici, du moins un portrait de celles et ceux qui la fréquentent : la Sorbonne.

Commençons par définir la notion même de l’étudiant. Dans les faits, est étudiant tout individu masculin ou féminin qui fréquente les bancs de l’université, de 7 à 77 ans ? Plus ou moins. A la Sorbonne, ces mêmes étudiants sont doublés d’une spécificité qui leur est propre : on y étudie les humanités. Rien à voir donc avec les hérétiques d’Assas, de Jussieu, du Panthéon ou encore de Diderot férus qui de médecine, qui de droit, qui d’économie… L’étudiant de la Sorbonne fait partie de l’élite : philosophie, sociologie, histoire de l’art, lettres classiques et modernes… Arrêtez-moi si je me trompe, mais ces matières ne sont-elles pas enseignées dans toute autre université de France et de Navarre ? Mais en réalité, qui s’en soucie ?

Quand on vous évoque la Sorbonne, l’image qui vous  en est renvoyée est celle de cet étudiant stéréotypé, avec son béret, sa pochette sous le bras, les cheveux sales (ou pas), passionné à l’idée de suivre à nouveau cette conférence sur le non-romantisme de Goethe. C’est cette image attractive, même si clichée, qui m’a conduite moi aussi sur les bancs de la fameuse institution parisienne.

Or la réalité est toute autre. Énormément de cheveux sales, c’est une certitude. Mais pas de béret. Plus de béret. L’héritage de mai 1968 aidant, c’est face à une grande bande de glandeurs faussement rebelles qu’il faut composer, bon gré mal gré. Poings levés, prompts à toute contestation, à l’origine d’un grand nombre de révoltes souvent étouffées dans l’œuf, le Sorbonnard a perdu de son flegme d’antan. « Sous les pavés, la plage » ? Chimères. Ça fait longtemps maintenant qu’il ne fait que se manger le bitume.

Et dans le même temps, vient pêle-mêle s’ajouter à cette “élite” destituée un bon nombre d’incultes arrivés là par défaut, du musicologue de compétition à la midinette de bas étage se voulant linguiste (dans un sens davantage charnel qu’intellectuel) ce dû aux déboires des différents ministères chargés de l’éducation supérieure.

De cette énorme mascarade jaillira un nombre très restreint de diplômés. Les autres… Et bien, ma foi. Les autres feront perdurer cette idée erronée que l’on se fait de l’université. Pourquoi croyez-vous qu’on confond toujours les étudiants et leurs professeurs à la fac ?

Parlons peu, parlons bien : si vous n’avez pas de temps à perdre, ne mettez JAMAIS les pieds dans une université. Ce n’est plus là que ça se passe.

En revanche, pour des frimeurs, moqueurs, glandeurs de mon espèce, vous devriez y faire (ou refaire) un tour, ça vaut réellement le détour.

Photo de Patricia Bouyer.

15 Responses to “La Sorbonne est mon amie.”

  • Y perdre son temps… hi, hi, hi, moi ça me donnerait plutôt envie d’y aller ton portrait… et je suis sure que j’y trouverais plein de trucs intéressants à étudier…

  • Tu oublie une chose importante. Pour ma part je suis à la Sorbonne Nouvelle et cette université est archiblindée. Le plus drôle enfin si on peut enrire c’st que parfois on est obligé d’alller chercher des tables et des chaises dans d’autres salles ce qui aà la longue peut-être chiant. Il y a aussi les profs qui vont à de nombreux colloques dans l’année pendant leur temps de cours. Mais bon c’est normal après tout ils sont reconnus. Bien qu’il existe des bons profs il doit y en avoir des mauvais. Mais comme c’est la Sorbonne c’est forcément plus côté. C’est bête mais c’est commme ça. J’ai fait une licence d’histoire dans une autre fac où j’avais des bons profs mais qui n’était pas forcément reconnus à tort et oui c’est une fac en banlieue. La réputration qu’elle soit fondée ou non attire des milliers d’étudiants. Du cours cette annnée je me retrouve à la Sorbonne en première année de master de Médiation culturelle. ce que j’espère c’est que cette année il n’ y aura pas de blocages car malhuereusement la Sorbonne fait partie des premières bloguées. ce qui m’ a surpris l’autre jour c’est que j’ai déjà apperçu des affiches de l’UNEF qui pronait la grève générale. Ca nfait trois semaines qu’on a repris et certains pensent dèjà à faire la grève est-ce normal? Je crois pas.

  • Oh, quelle chance que vous avez, vous, Parisiennes… Ne vous plaignez pas. Vous n’êtes jamais allées dans une université bretonne. J’ai personnellement passé 2 ans 1/2 à St-Brieuc, 3 ans 1/2 à Rennes et 6 mois à Brest, pour me retrouver avec un double master d’histoire et de lettres appliquées à l’édition.
    Les années propices, on avait jusque deux blocages d’université. En 7 ans d’études après le bac, j’ai quand même connu 5 grèves (Le Pen au second tour en 2002, le LMD en 2003, je ne m’en rappelle plus en 2005, le CPE en 2006 et la LRU en 2007 – soft, celle-là).
    Certes, j’ai fait des études longues, quand ma collègue à mon poste a juste fait un BP de graphiste. Mais je ne regrette pas ces 7 années, même avec parfois 3 mois de cours en moins et avec des profs et des équipements pas au top niveau…

  • @IsabelleJuliette : Même si j’en dis des insanités, ça fait encore et toujours rêver, la Sorbonne. Je préviens juste des quelques erreurs de parcours, mais je pourrais dire “j’y étais”, et ça me fait plaisir.

    @Jess : C’est justement ce que j’essaie d’expliquer. Les étudiants de la Sorbonne passent plus de temps à faire la grève qu’à se préoccuper de leurs cours. Et pour ce qui est des profs… ils étaient très bons à l’époque de sa création, évidemment c’était les seuls, mais aujourd’hui d’autres universités de banlieue sont, je dirai, pas cotées, mais ont de très bonnes UFR, comme le droit bilingue à Cergy ou encore le cinéma et la philosophie à Saint-Denis. Et d’excellents profs qui vont avec.

    @Storia : Tu fais partie des rares personnes dont le cursus universitaire correspond à peu près à ce que tu fais aujourd’hui dans la vie, tu te rends compte ! La Sorbonne, c’est cool, mais ça arrive à très peu de monde chez nous.

    Pour ce qui est des grèves… depuis que j’y suis, j’en ai pas tellement eu, mais j’étais dans le privé pour mon secondaire, alors les blocages intempestifs chaque année, et la fermeture de l’université tout le deuxième semestre l’année dernière c’était quand même fort de café.

    Enfin, je n’en démords pas : La Sorbonne, c’est trop ma copine. :)

  • Mais moi c’est tes “insanités” qui me donne envie justement !!!!! Un beau sujet d’étude des comportements humains : j’adore ça !!!!

  • Moi je m’en fous : Colette Beaune, mon idole, enseigne à Paris X-Nanterre…

  • Et puis je me doute que les profs étaient bons lors de sa création : ça a quand même été créée au XIIe siècle ^^

  • Oui par robert de Sorbon en 1253. Au départ ce fut le collège de la Sorbonne ou on étudait principalement la téhéologie. D’ou le fait que les humanités soient mis en avant à la Sorbonne

  • Merci pour la énième leçon d’histoire, Jess. On se couchera toutes moins con comme ça. ;)

    Surtout moi, en réalité.

  • Rose H : heu non moi aussi… tu n’es pas seule !!!!!!

  • argh! La sorbonne! vous lire me fait penser à une révolte que j’ai eue, enfant: à la messe-obligatoire-, je voyais des gens qui faisaient des mines -airs compassés etc-alors qu’ils trompaient leurs conjoints, avaient la main lourde parfois avec leurs enfants etc. Je ne comprenais pas qu’on m’inflige la mascarade collective. Et puis, quelques années plus tard, l’un de mes amis, à la fac, s’est découvert une vocation -qui ne s’est pas démentie depuis-; alors j’en ai profité pour lui dire pourquoi je n’allais plus à la messe depuis que j’avais le pouvoir de décider. Et il m’a répondu que la relation à Dieu est verticale, pas besoin de regarder les autres sous les trous de nez.
    Je me demande si on ne peut pas faire la même chose à la fac: profiter des profs, ignorer les cheveux gras, les étudiants pompeux, les midinettes surexposées, …
    ah! et pour les grèves… à la fac, normalement, on sait travailler seul. Et les idées ont un prix. Celui qu’on paye est infiniment plus bas que celui que d’autres ont à payer, dans d’autres pays, non?

  • Merci pour cet article rassurant….je suis à la fac à Pau…autant dire loin loin de la Sorbonne, et oui, j’ai eu des profs énormissimes, j’en ai toujours….certains ont été appelés sous les drapeaux des grosses facs…et oui, le jeune chercheur rigoureux des petites facs attire. La sorbonne, je la hais parfois…surtout quand au capes d’histoire 2007, le sujet d’écrit a été posé en td, mot pour mot, bizarre vous avez dit? le nombre d’admissible peut-être aussi….bbref, différence marquée et non fair play.
    Actuellement en capes histoire, mais suivant mes cours à la fac et non pas à l’iufm, j’ai adoré mes années fac, les meilleures, celles ou j’avais 2H30 de td sans pause, encadrée par les actuels jeunes profs de sorbonne, jury capes etc mais je me demande si j’aurais pas du partir en prépa…parce que le concours est dur, parce que la fac a été réformée et est au bon vouloir d’étudiants trés fatigués d’avoir eu un td d’1H30….pffiou trop dur. Alors ils décident de bloquer, ben oui, l’administration est obligée de prendre des mesures pour faire donner des cours d’orthographe, de grammaire et de syntaxe, tellement le niveau est épouvantable….Travaillant dans un lycée, ça ne m’étonne pas, et Sorbonne ou pas,je suis certaine que c’est partout pareil. Alors ça bloque, avec des bannières remplies de fautes, 2 ou 3 étudiant en 1ère année pour la troisième fois (syndrôme jean sarkozy je crois) sont là à essayer de t’expliquer pourquoi tu peux passer. Autant vous dire que je ne les regardent pas et que je ne réponds pas, oui je passe, j’ai payé mes frais d’inscription, je bosse pour ça, donc je passe. Ils ne sauront pas expliquer pourquoi ils font ça, à part “la France c’est trop la loose” “on a pas cours”. Oui, y’a pas de job….ben oui mais tu vas pas en cours, tu sais pas écrire.
    Pour les erasmus: voudriez vous aller là où les cours sont bloqués 4mois? ils sont les seuls avec nous dans une fac morte envahie par des soulards qui viennent pisser sur le matériel, dégueuler sur les ordis….
    Finalement, moi la fac je l’aime, ma fac je l’aime parce que j’ai eu une formation du tonnerre, je suis de la dernière année où le deug est valable, mais cette fac qu’ils essaient de démonter au nom d’idéaux qui n’en sont pas, je peux pas,alors syndicat étudiant, et quand on voit où il est le Julliard maintenant!
    Bref, désolée, je sais que le sujet n’est pas que ça, mais j’avais envie de pousser mon coup de gueule, lancée par le tien miss :)
    Quoiqu’il en soit, j’aimerais y aller aussi dans cette institution! ne serait ce que pour voir. Mais il n’en reste pas moins, que dans les petites facs, tu as une relation privilégiée avec les profs dispo, tu n’as pas à prendre rdv pour des colles d’entraînement,etc…
    Voilà j’en finis là avec mon pavé! j’ai adoré ton article!

  • Je suis en master de Lettres à la Sorbonne (j’ai fait ma licence à Versailles St Quentin) et je cherche déjà ou je vais m’inscrire l’année prochaine!! Ras le bol de la fac, la Sorbonne c’est peut être des profs et des formations interessantes mais c’est aussi un gros pourcentage de glandeur, c’est une fac qui a une réputation qui surpasse ses étudiants. Je la déconseille!! (comme le reste es facs en France)

  • @Messaouda : le problème ne se pose que dans les facs de lettres. DAns les facs dites “scientifiques”, le problème ne se pose même pas : tu bosses, un point c’est tout.

  • Avatar de lap
    lap

    Aaaah l’Université… (dis-je d’un soupir alanguis les yeux plein de nostalgie).
    Je n’y suis pas allée… enfin je me suis arrêtée aux portes, juste assez proche pour fréquenter ces beaux jeunes hommes plein d’esprit (le pensaient-ils tout du moins)… pourquoi n’y suis pas entrée, me direz-vous?

    Et bien parce que mon Bac de Lettre et Arts Plastiques,en poche je savais qu’ouvrir un bouquin_et en sortir la substantifique moelle_était à ma porté. Nul besoin de se farcir cette bande d’inculte prêt à faire la révolution pour un oui ou non, à tord ou à raison d’ailleurs. J’habitai à l’époque avec plusieurs amis dont mon plus proche a bien du passé 5 ans à se chercher entre la bio l’histoire la socio et la psycho… au final? Il fait une formation en emploi d’aide soignant!
    Et moi ? Hé bien, j’ai préféré danser (la blague!) Je me suis cognée à une autre réalité de à la vie. J’ai appris sur le terrain, tout ce qu’on oublie trop souvent d’apprendre à la fac…

    Résultat, on me refuse un salaire descend, parce que malgré le fait que j’aligne sans difficulté le premier Sorbonnard en Histoire de l’Art… je n’ai pas de diplôme universitaire…

    Ah la belle hypocrisie… Je n’ai rien contre la fac, ni toute les belles institutions de notre pays qui nous font croire si bien que nous sommes les “best in the world”, et j avoue (non sans rougir) qu’aujourd’hui j’en passerai bien les portes juste pour avoir le luxe d’avoir pour devoir d’apprendre, ni plus ni moins…

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