Même si tout n’est pas encore parfait concernant la parité hommes/femmes dans notre pays latin, ce texte issu de Je ne souffrirai plus par amour de Lucia Etxebarria - que je suis en train de lire et dont je vous ferai prochainement la critique) m’a profondément émue et rappelé, car j’ai quelques fois tendance à l’oublier, la chance que j’ai d’être une femme occidentale vivant au 21ème siècle.
“Si tu es une femme… Tu peux voter. Tu reçois un salaire équivalent à celui d’un homme pour le même travail. Tu es allée à l’université. Tu peux postuler pour toute sorte d’emplois, sans interdits. Tu peux recevoir et donner des informations sur le contrôle de la fertilité sans finir en prison pour cela. Tu peux pratiquer un sport professionnel. Tu peux porter un pantalon sans être excommuniée ni clouée au pilori.
Tu peux te marier et conserver ton nom de jeune fille, et tes droits civils ne sont pas assumés par ton époux. Tu as le droit de refuser d’avoir des relations sexuelles avec ton époux. Tu as le droit à ce que ton dossier médical confidentiel ne soit pas divulgué aux hommes de ta famille. Tu as le droit de lire les livres qui te chantent, sans le contrôle de ton frère ou d’un tuteur. Tu peux être entendue sur des crimes ou des dommages causés par ton époux.
Tu peux obtenir un prêt sur ton seul nom et tes revenus propres, sans l’aval de ton mari ou d’un tuteur. Tu es autorisée à témoigner pour te défendre. Tu possèdes des biens qui ne sont qu’à toi. Tu as le droit de disposer de ton salaire librement, même si tu es mariée ou s’il y a un homme dans ta famille. Tu obtiens la garde de tes enfants après un divorce. Tu sais que si ton mari te bat tu pourras porter plainte contre lui au commissariat, et que personne ne viendra te sermonner ou te dire comment être une meilleure épouse ou une meilleure mère.
On te délivre un diplôme à l’université, au lieu d’un certificat de fin d’études. Et tu peux donner discrètement le sein à ton bébé sans être arrêtée pour cela… Remercies-en les féministes qui ont réclamé ces droits pour toi, tu ne pourrais pas jouir de ce que tu considères aujourd’hui comme normal.
Ma propre mère ne pouvait ni travailler ni sortir du pays sans l’autorisation de son mari ou de son tuteur, elle ne pouvait disposer librement de l’argent qu’elle avait sur ses comptes en banque, car son mari avait un droit de regard dessus, et elle n’aurait pas pu se séparer de lui - si elle l’avait voulu ou en avait eu besoin - sans perdre la garde de ses enfants.
Et tout cela, il y a trente ans seulement. Et n’oublie pas que, dans les trois quarts du monde, les femmes ne jouissent pas encore de ces droits.”
(cc) Jay Morrison
posté le 22/10/2009 | 1290 vues | 2 commentaires | tags: souffrirai lucia etxebarria feminisme amour | une personne a aimé
Très beau texte, merci de l’avoir partagé avec nous. Et comme le dit magadit “ne baissons pas les bras, il reste du boulot” !
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Merci de nous rappeler et surtout aux plus jeunes (oui je fais ma MILF) que ce que nous considérons trop souvent comme acquis, voire ce que nous dénigrons, est si jeune sur l’échelle de notre société.
Ne baissons pas les bras, il reste du boulot… beaucoup de boulot entre le papier et la réalité.
Alors en ce jour de la belette moi je dis “Girl Power” !!