Ndlr : tous les mois, notre Back Room accueillera une personnalité (connue ou pas) ayant un lien avec la sexualité, le sexe, les femmes (ou pas)… et tous les mois, vous pourrez lire leur interview dans les pages de votre magazine préféré.
Ce mois-ci, nous (Pheno, Loou et moi-mĂŞme) sommes allĂ©es poser quelques questions Ă Sophie Bramly… Mais qui est-ce vous demandez-vous ? Et bien Sophie est Ă l’origine du site partenaire de notre Back Room : Second Sexe… elle en est la crĂ©atrice. Pour son parcours professionnel, je vous laisserai faire vos recherches avec Mister Google, pour ma part, je me suis intĂ©ressĂ©e Ă sa vision de la sexualitĂ© et plus prĂ©cisĂ©ment de la sexualitĂ© fĂ©minine.
C’était ma première interview, hormis celle que j’avais faite de mon oncle en seconde pour un exposé sur le métier d’éleveur de volailles labellisées. Sophie a su me faire oublier mon trac et le désordre de mes questions… vivement la prochaine interview ! Mais revenons-en à notre sujet : l’interview de Sophie Bramly.
Comment s’est-elle forgée son point de vue sur le rôle de la sexualité féminine dans l’égalité entre les hommes et les femmes ?
Il faut savoir avant tout, que Sophie pense que l’égalité entre les hommes et les femmes passent non pas par une parité du nombre de sièges au Senat ou à l’Assemblée Nationale mais par la maîtrise de leur sexualité par les femmes. Avec une mère très engagée tant sur le plan politique que féministe, pour Sophie il a toujours coulé de source que les femmes ont leur place dans la société, une place clé.
Mais c’est aussi la relecture du livre Le deuxième Sexe de Simone de Beauvoir et des discussions entre copines qui l’ont amenée à constater que sa génération est restée sur ces acquis féministes donnant une impression de stagnation dans l’égalité femme/homme… A cela s’ajoute le fait que cette génération est la génération Sida ce qui a créé un sentiment de peur engendrant un besoin de moral pour se protéger, bref le Sida a remis des barrières à l’avancée de la « liberté » sexuelle des femmes et donc de l’égalité intersexe.
Toutefois, elle a remarqué que ceci concerne surtout les plus de 30 ans, la génération suivante étant bien plus émancipée sexuellement.
Quel est le rôle de l’éducation parentale dans la maîtrise de sa sexualité par une femme ?
Comment une femme peut-elle maîtriser sa sexualité ?
Le regard que porte une femme sur sa sexualité est grandement lié à son éducation, et notamment au rôle de la mère.
Bien évidemment, le père a aussi sa place dans l’éducation sexuelle de ses enfants mais il est vite confronté à une zone d’intimité à laquelle la mère peut accéder puisqu’elle « connait » le sujet : il est techniquement plus facile pour une mère d’expliquer à sa fille l’évolution du corps féminin (les seins, les règles, la contraception…) que pour un père.
Il est qu’à l’heure d’Internet, les enfants vont à la recherche eux-mêmes de leurs réponses mais cela ne remplace pas le dialogue avec les parents : certains blocages venant du manque de communication entre les mères et les filles.
Et puis une mère épanouie sexuellement, même si elle ne le dit pas de façon explicite, verra ses propres filles s’épanouirent elles aussi dans leur sexualité.
Enfin, l’épanouissement sexuel d’une femme passe aussi par un épanouissement économique : si une femme est sûre de pouvoir s’assumer financièrement, elle ne cherchera pas auprès de son partenaire un protecteur et il ne s’instaurera pas dans leur relation un rapport de soumission dans l’attente des choix et des désirs.
Une femme financièrement indépendante sera plus maîtresse de ses envies, de ses désirs et de ses choix.
Parle t-on suffisamment de sexualité de nos jours et dans le bon sens ?
Pour Sophie, il est important de parler de sexualité : libérer la parole est une bonne chose car interdire c’est pousser au désir et donc à la transgression.
Par contre c’est la manière d’en parler : entre le milieu du XXème siècle et aujourd’hui, on est passé d’un extrême à un autre, d’un sujet tabou on est passé à un sujet ultra banalisé… Ce qui peut mener certaines femmes à se sentir désemparées, exclues car elles ne rentrent pas dans les standards sexuels… Comme un sentiment d’obligation sexuelle. Mais en matière de sexualité, c’est comme avec la nourriture, il ne peut pas y avoir d’obligation.
La façon d’aborder le thème de la sexualité de nos jours est très ambiguë ; d’un côté il y a cette notion de mode sexuelle, alors que l’on ne peut pas dicter les codes du désir de chacun, et d’omniprésence de la sexualité (publicités, vêtements, magazines, internet…) et en même temps il y a une sorte de pruderie autour de la sexualité.
De par le site de Second Sexe et son expérience de productrice de films pour adultes, se voit-elle comme une pionnière, une référence pour les femmes qui ne découvrent la maîtrise de leur sexualité sur le tard ?
Sophie ne se sent pas spécialement pionnière dans le sujet : pour elle les idées sont dans l’air, ce sont les courants de société qui font que ça vient. Dans de nombreux pays du monde, on trouve des femmes réalisatrices ou productrices de films pour adultes destinés à un public féminin.
Par contre, elle est pionnière dans le fait de faire traiter de la sexualité par des femmes qui ne gravitent pas dans l’univers du sexe, ce qui permet de parler de sexe à des femmes qui bloquent sur le sujet.
Comme l’univers du sexe est un peu ghettoïsé : ce sont souvent des gens « hors normes » qui parlent de sexe (les actrices par exemple ne ressemblent pas à Madame Toutlemonde…) ; Sophie aimerait rendre l’univers du sexe, de la sexualité plus accessible à tous.
Et les femmes ont un rôle à jouer pour que le sexe se démocratise dans le bon sens, pour qu’il y ait un équilibre entre homme et femme, un équilibre entre la génération des plus de 30ans qui vivent dans certains carcans, et la génération des moins de 30ans qui est très indépendante sexuellement ce qui effraie les hommes… Ce point d’équilibre est à trouver.
Elle est aussi productrice de films pour adultes destinés à un public féminin, comment a-t-elle ressenti son « entrée » dans ce monde très masculin ?
En tant que productrice de films, elle a aussi mis en place un « cahier des charges » de ces films pour adultes.
En fait, elle a voulu faire des films qui sont à cheval entre les scènes cul-tes parfois censurées des films classiques et le cinéma pornographique. Ainsi, elle a nommé ces films des films X-plicit (ndlr : réf. aux scènes explicites).
En fait elle n’a pas cherché à entrer dans le milieu de la pornographie, les films ont été réalisés avec des gens (acteurs, équipe technique…) qui ne venaient pas du monde du « hard » afin de ne pas rentrer dans les schémas du cinéma porno. Pour les séries de films, elle a fait appel à des acteurs qui n’étaient pas des « hardeurs » de façon à ce qu’il soit possible de s’y identifier, avec parfois des doublures pour les scènes de cul (notamment sur la dernière série).
Comment lui est venue l’idée de créer Second Sexe ?
C’est parti comme une urgence après le constat et l’observation d’Internet mais aussi des conversations avec d’autres femmes qu’il y a beaucoup de choses dédiées au sexe et à la sexualité mais rien réellement dédié à la sexualité des femmes.
posté le 20/10/2009 | 1048 vues | 3 commentaires | tags: désir féminin Sophie Bramly second sexe sexualité femmes
@Xena… moi aussi je trouve que le point de vue de Sophie est tout Ă fait juste: si nous nous connaissons nous mĂŞmes, il est plus facile de demander ce qu’on veut et ce dans TOUS les domaines!
Xena en actrice amatrice, je note.
Merci !!!!!! Ok, je manque parfois de je ne sais quoi : curiositĂ©, temps… bien que partenaire de LR, je n’avais donc acune idĂ©e de ce qu’Ă©tait Second Sexe, donc encore moins de qui est Sophie Bramly… et ???? VoilĂ encore une femme qui me plait !!!!!!
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“Sophie pense que l’égalitĂ© entre les hommes et les femmes passent non pas par une paritĂ© du nombre de sièges au Senat ou Ă l’AssemblĂ©e Nationale mais par la maĂ®trise de leur sexualitĂ© par les femmes”
j’adore cette phrase car je la trouve tout Ă fait juste!!!
Quand au films moi je serais tentĂ©e de jouer dans un film pour adulte, ce serait mon kiffe mais bon je m’Ă©gare!