Histoires

Ayé, je l’ai enfin signé, ce putain de CDI ! Ou les premiers pas dans la vie professionnelle d’une secrétaire éditoriale de 26 ans…

J’étais folle de joie, en décembre dernier, lorsque je sus que j’allais bosser dans la boîte où je travaille actuellement. Dans un premier temps, j’étais pleine d’espoir : oui, j’allais tout de suite faire mes preuves, tac tac badaboum, bref, une vraie débutante de 25 ans. Après des études très longues (deux masters : un en histoire, l’autre en sciences des métiers du livre), entrecoupées d’une année de chômage assez douloureuse sur le plan de l’égo, la promesse d’un futur CDI dans une boîte qui me correspondait sur le plan éthique était quasiment miraculeux.

Ayé, je l’ai enfin signé, ce putain de CDI ! Ou les premiers pas dans la vie professionnelle d’une secrétaire éditoriale de 26 ans…Mais le monde professionnel est ce qu’il est, c’est-à-dire impitoyable. J’étais donc limitée à un CDD de neuf mois avec un travail de 17h30/semaine dans un premier temps, le temps que je m’habitue aux tâches qui me paraissaient insurmontables. Bref, je fais moult conneries, je ne suis pas à la hauteur de ce qu’ils me demandent sur le plan graphique… Et je reçois la première sanction : allongement de ma période d’essai.

Ensuite, ça va mieux : à mesure que ma collègue de travail sent le terme de sa grossesse approcher, j’ai de plus en plus de responsabilités. Je passe à 60 %, puis 80 %, pour arriver au temps plein fin avril. Je suis dès lors seule dans mon bureau, avec des dossiers assez lourds à réaliser. Je prends peur, mais j’ai une responsable assez phénoménale, à l’image de ce que fut ma responsable de stage lors des quelques mois qui ont précédé mon embauche.

Cet été, premier gros flip. Ma patronne est en vacances, je suis donc seule dans le service. Cela me vaut d’avoir plusieurs sueurs froides, notamment concernant le suivi de certaines impressions. Mais si ma patronne n’est pas physiquement présente, elle joue du téléphone portable comme personne. Dieu qu’elle m’a encore aidé sur ce coup-là.

Septembre, à mon tour de partir en vacances. Mon entourage s’inquiète. En effet, il voit arriver la fin de mon contrat comme un couperet sur ma gorge : Et est-ce qu’ils te reprennent ? Et à plein temps ? Et t’as commencé à chercher autre chose… ? Je vais donc tous les matins au boulot avec la peur au ventre… J’en discute un soir avec mon DRH et ma responsable. Les propos se veulent plutôt rassurants, mais un gros doute subsiste.

Lundi 12 octobre 2009 : fin de mon contrat. Ce mercredi 14 octobre, le DRH entre dans mon bureau. Il me tend un papier : Voici un avenant à votre contrat. Veuillez signer. Je lis. Mon contrat précédent est redéfini en CDI. Je signe donc de bon cœur. J’annonce la nouvelle à tous mes collègues, c’est la joie au bureau, c’est wiz. Le soir, Tiny me met du champagne au frais… Quelle joie, vraiment !

Dans le contexte économique actuel, je reconnais que mon témoignage détonne un peu. Il est vrai qu’à l’image de cette boîte, ce qui m’arrive en ce moment est une bénédiction. Alors que pas mal de personnes de ma génération sont en train de galérer pour arriver à faire quelque chose de leur vie – et je ne parle pas de quelque chose dans lequel ils puissent véritablement s’épanouir –, j’ai réussi à concilier ce qui m’était le plus cher au monde, à savoir le service à Dieu et un véritable engagement professionnel.

Je ne voudrais pas narguer ceux qui se demandent encore ce qu’ils vont faire de leur vie. Je voudrais simplement leur dire de ne jamais baisser les bras. C’est bateau, j’en suis consciente. Mais il faut savoir qu’après avoir galéré et quémandé dans toutes les boîtes d’édition de Paris, ne serait-ce que pour du bénévolat ou du free-lance, j’ai trouvé mon travail en postulant à une annonce qui ne me correspondait pas (depuis, la fille qui a été embauchée pour le poste promu par ladite annonce s’est avérée fort sympathique pour m’accompagner à Rock en Seine…).

Plus que pour nos parents, le CDI est pour notre génération le contrat qui nous garantit notre indépendance. Il ne s’obtient pas aussi facilement, mais cela reste toujours une joie d’en tenir un, un jour, entre les mains.

(cc) Chaulafanita

10 Responses to “Ayé, je l’ai enfin signé, ce putain de CDI ! Ou les premiers pas dans la vie professionnelle d’une secrétaire éditoriale de 26 ans…”

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